Les cinq cloches de l’église Saint-Roch ont sonné toutes ensemble officiellement pour l’une des premières fois en près de 50 ans.  
Les cinq cloches de l’église Saint-Roch ont sonné toutes ensemble officiellement pour l’une des premières fois en près de 50 ans.  

Après des décennies, les cloches de l’église Saint-Roch vibrent en choeur [PHOTOS]

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Sur le coup de midi, dimanche, les yeux des passants sur la rue Saint-Joseph se sont rivés vers le clocher de l’église Saint-Roch. Véritable spectacle musical, les cinq cloches de l’église ont sonné toutes ensemble officiellement pour l’une des premières fois en près de 50 ans.  

Pendant tout près de dix minutes, du parvis de l’église et des rues adjacentes, les gens appréciaient la musique. Toutes les cloches de l’église Saint-Roch ont résonné dans une symphonie de quatorze tonnes de bronze. 

Après les douze coups de midi, les cloches sont parties en chœur à la volée. Une musique d’une telle puissance n’avait pas été entendue depuis longtemps. Bien qu’elles continuaient de se faire entendre ponctuellement, au moins trois d’entre elles dormaient depuis au moins une quarantaine d’années. 

«Elles sont reconnues pour leur sonorité, on dit souvent que ce sont les Stradivarius des cloches», illustre Nicolas Marcil, marguillier pour la paroisse Sainte-Marie-de-l’Incarnation. 

Les cinq cloches de l’église Saint-Roch ont sonné toutes ensemble officiellement pour l’une des premières fois en près de 50 ans.  

Don «généreux»  

Mais grâce au don d’un mécène de l’Abitibi, Michel Rowan, toutes les cinq ont été remises en fonction récemment. Aux dires de M. Marcil, Michel Rowan a visité plusieurs églises dans le monde. Sa visite à l’église de Saint-Roch, dans sa jeunesse, l’avait toutefois marqué particulièrement. 

«Il la connaissait déjà et il se souvenait de l’ampleur des cloches. C’était important pour lui de les remettre en fonction pour leur redonner leur gloire qui était depuis plusieurs décennies délaissée à cause de bris.» 

Les yeux des passants sur la rue Saint-Joseph se sont rivés vers le clocher de l’église Saint-Roch.

Le spécialiste en campanologie, l’expertise des cloches et des carillons d’église, s’est donné pour mission de restaurer les plus beaux clochers de la province, ajoute-t-il.  

Et selon lui, ce n’est pas un hasard s’il a choisi l’église Saint-Roch. Elle possèderait le plus gros clocher de la ville de Québec qui soit encore opérationnel. Le «généreux donateur» a donc contribué à la hauteur des deux tiers du projet d’une valeur d’environ 90 000 $.

Église centenaire

Les travaux se sont échelonnés sur quelques mois. Les cloches, qui sont d’ailleurs celles d’origine qui avaient été installées pour l’inauguration de l’église de style néogothique en octobre 1920, ont été entièrement préservées.

Même si elles sont arrivées à Québec en 1907, elles étaient encore en bon état, indique Nicolas Marcil de la paroisse Sainte-Marie-de-l’Incarnation. Les mécanismes nécessaires pour les activer, quant à eux, ont subi une cure de rajeunissement. Si les cloches se mettaient autrefois en marche à l’aide d’un système «archaïque» datant des tous débuts de l’église, le fonctionnement se fait maintenant de façon électronique.

«Pour la communauté»

Pour Étienne Gagnon, la remise en fonction des cloches est une belle façon de souligner le centenaire de l’église. L’étudiant de 26 ans s’intéresse principalement au cas de l’église Saint-Roch dans le cadre de ses études à la maîtrise en ethnologie et patrimoine de l’Université Laval.

«Les cloches permettent de redonner l’église à la communauté, comme un lieu central et de rassemblement», pointe-t-il devant un parvis bien achalandé.


« Les cloches permettent de redonner l’église à la communauté, comme un lieu central et de rassemblement »
Étienne Gagnon, étudiant à la maîtrise en ethnologie et patrimoine à l'Université Laval

En plus, estime Nicolas Marcil de la paroisse Sainte-Marie-de-l’Incarnation, les cloches deviennent une façon d’animer le quartier de la ville, en réponse à l’appel du maire de Québec, Régis Labeaume, en ces temps de pandémie.

«L’église Saint-Roch a de belles années devant elle, assure Étienne Gagnon. Comme ailleurs, l’église on la trouve parfois vieillotte, mais en mettant l’accent sur quelque chose de beau comme les cloches, ça redevient un poumon pour le quartier».

Le «généreux donateur» a contribué à la hauteur des deux tiers du projet d’une valeur d’environ 90 000 $.

Le rôle de l’église a bien changé dans les dernières décennies, reconnaît-il. «Mais elle a encore son importance, il faut simplement lui reconnaître.»

À partir de maintenant, les cloches se feront entendre trois fois par jour, soit à midi, 15h et 18h. L’harmonie des cinq cloches sera toutefois réservé au dimanche midi, pour le moment. Leur programmation sera réévaluée dans les prochaines semaines.