L'autoroute 40 pourrait avoir droit à son premier prolongement en 50 ans?

Appel d'offres pour le prolongement de l'autoroute 40

Le gouvernement du Québec a annoncé, jeudi, le lancement d’un appel d’offres pour une étude sur l’éventuel prolongement de l’autoroute Félix-Leclerc (40). Une étude qui a déjà été menée en 2003 et qui préconisait de ne pas réaliser ce prolongement sur le corridor acquis par le ministère des Transports (MTQ), il y a 50 ans.

Cette étude concernera plus précisément l’évaluation du bien-fondé et des impacts de l’aménagement du corridor entre la route de Fossambault à Saint-Augustin-de-Desmaures et l’autoroute Henri-IV (73) à Québec. L’enquête des besoins devra considérer l’ensemble des composantes du territoire à l’étude (mobilité régionale, infrastructures routières, milieu bâti, milieu naturel, etc.) et leurs interrelations. L’entreprise retenue devra établir le portrait de la problématique actuelle et future en vue de juger de la nécessité d’intervenir pour l’aménagement de ce corridor. 

Cette décision d’explorer à nouveau un éventuel prolongement de l’A40 est une perte de temps et d’argent pour les groupes environnementaux. «On sait que ça ferait qu’empirer les problèmes de circulation sur la Capitale [l’autoroute Félix-Leclerc]. Actuellement, ça congestionne entre Robert Bourrassa et Beauport, presque en continu durant la journée. Le détour par Henri-IV de l’A40 jusqu’à la Capitale, ce n’est pas là qu’est le problème, c’est une fois qu’on est rendu sur la Capitale», explique le directeur général de Centre régional de l’environnement, Alexandre Turgeon.

Un boulevard urbain?

Interrogé par Le Soleil en avril 2018, le ministre responsable de la Capitale-Nationale Sébastien Proulx avait mentionné qu’il «réfléchissait à voix haute» à la possibilité de transformer le corridor en boulevard urbain et son intention de reprendre à zéro l’étude de 2003. M. Proulx avait affirmé que l’engagement pris par son gouvernement lors de la campagne électorale partielle dans Louis-Hébert était bien réel. «Ce n’est pas un leurre, ce n’est pas un canular», avait-il assuré. Une hérésie pour Alexandre Turgeon, qui estime qu’un boulevard urbain ne réglera pas non plus les problèmes de circulation. 

De plus, le corridor est dans le bassin de la rivière Lorette, rappelle M. Turgeon. «Il y a un an, le BAPE a fait un rapport sur les mesures qui visent à contrôler les inondations dans le secteur. Le rapport du BAPE a entre autres rappelé une étude de 1973 qui disait qu’il fallait arrêter d’imperméabiliser le bassin versant de la Lorette. Et une étude menée en 2013 par l’Organisme des Bassins Versants de la Capitale [OBV] démontre que même si le MTQ redonnait les terrains à L’Ancienne-Lorette, il ne faudrait pas les développer. Selon l’OBV, on a besoin de maintenir les milieux humides et naturels comme éponge de la rivière Lorette sinon on va aggraver les problèmes d’inondation dans le secteur.» 

Un projet qui date de 1968

En 1968, le MTQ avait planifié un tronçon d’un peu moins de 11 km entre Saint-Augustin et Québec. Le gouvernement avait procédé à des expropriations pour faire l’acquisition d’une bande de terre pour réaliser le projet.  

En 2016, le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger ne voulait rien savoir du prolongement de l’autoroute 40. Il demandait au MTQ d’abandonner ce projet et de lui céder les terrains pour d’éventuels projets immobiliers.

En 2017, des citoyens ont formé un comité citoyen contre le prolongement de l’autoroute Félix-Leclerc en réaction à une annonce du ministre responsable de la Capitale-Nationale, François Blais. Il avait expliqué que les travaux d’élargissement de l’autoroute Henri-IV permettraient toujours le prolongement éventuel de l’autoroute Félix-Leclerc jusqu’à l’autoroute 40. Plusieurs citoyens refusaient de voir leur ville coupée en deux par une nouvelle voie majeure de circulation, faisant disparaître au passage les boisés lorettains. 

Les résultats de la nouvelle étude seront connus en 2019.