Le comité Verdir Saint-Sauveur veut augmenter le verdissement du quartier pour entre autres combattre les îlots de chaleur.

Appel aux arbres dans Saint-Sauveur

Dans le quartier Saint-Sauveur, les mauvaises herbes qui poussent dans les craques de trottoirs ont parfois l’air des seuls représentants de la nature.

Les rues typiques n’offrent pas de terrain avant, entre les maisons et les trottoirs.

«L’espace pour verdir est assez restreint», dit Guillaume Béliveau-Côté, du comité Verdir Saint-Sauveur. 

La Ville de Québec a beau planter des arbres dans les espaces publics (voir encadré), le quartier «manque cruellement de verdure», estime le comité, qui veut pousser le verdissement du quartier plus loin.

Mais comment?

La semaine dernière, les 12 citoyens réunis au sein de Verdir Saint-Sauveur ont lancé un appel aux particuliers, aux commerces et aux institutions pour qu’ils accueillent eux-mêmes un ou plusieurs arbres sur leurs terrains.

Avec la Ville, «ce n’est pas nous qui avons le dernier mot. Alors qu’avec des propriétaires privés, on a peut-être plus de marge de manœuvre», souligne Pauline Bissardon, animatrice et coordonnatrice au Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), qui soutient le comité Verdir dans ses démarches.

Institutions sollicitées

Depuis que le comité Verdir Saint-Sauveur a lancé son appel sur les réseaux sociaux, plus d’une trentaine de particuliers en une semaine se sont montrés intéressés à adopter un ou des arbres.

Le comité a aussi commencé à solliciter les institutions, notamment l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ), qui a plusieurs bâtiments dans le quartier, et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

Le comité pense aussi à des commerces comme l’épicerie l’Intermarché et le magasin Latullipe, qui pourraient réserver une place aux arbres dans leurs stationnements. 

Le quartier Saint-Sauveur est un des plus arides à Québec. Vu du ciel, les arbres occupent à peine 13 % de l’espace au sol. Seuls Saint-Roch (12 %) et Saint-Jean-Baptiste (10 %) ont une plus faible canopée. La moyenne est de 32 % à Québec.

En cette période propice aux canicules, le manque de verdure a des conséquences concrètes dans le quartier.

Il contribue notamment aux îlots de chaleur, ces endroits où la température est plus élevée à cause de la concentration de béton et d’asphalte. 

Le 5 juillet, par exemple, Nature Québec a mesuré la différence de température entre L’Oasis Sauvageau, un espace de verdure au bout de la rue des Oblats, et la rue Mazenod tout près. Les mesures ont été prises à des moments et à des distances très rapprochés, à l’ombre dans les deux cas. 

Résultat? L’Oasis enregistrait 26 °C et la rue, 41 °C, une différence de 15 °C. «Ça montre l’importance de végétaliser le secteur», dit Kristel Lucas, de Nature Québec, dont le programme Milieux de vie en santé a permis la mise en place de l’Oasis Sauvageau, un «îlot de fraîcheur».

Enjeu de santé publique

Les îlots de chaleur représentent aussi un enjeu de santé publique. Une étude menée à la suite de la canicule qui a fait 66 morts, à Montréal, l’été dernier, a révélé que les personnes vivant dans des îlots de chaleur étaient deux fois plus à risque de mourir de chaleur extrême que les autres résidants. 

Verdir Saint-Sauveur estime aussi que l’ajout d’arbres dans le quartier permettrait d’améliorer la qualité de l’air, d’enjoliver les rues, d’encourager les citoyens à marcher et à faire du vélo dans le quartier et de contribuer à la lutte aux changements climatiques.

Les arbres accueillis par les propriétaires privés ne seront pas fournis par Verdir Saint-Sauveur et ne seront pas disponibles maintenant. Le comité soumettra la liste des citoyens intéressés au programme Demain la forêt, déployé depuis l’an dernier à la Ville de Québec. Ce programme permet de financer et de réaliser des projets de plantation en ville. 

De concert avec le conseil de quartier Saint-Sauveur et le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur, Verdir Saint-Sauveur compte aussi soumettre à la Ville un projet-pilote sur la rue Victoria, où plusieurs options de verdissement seraient testées.

Avec la Ville, «ce n’est pas nous qui avons le dernier mot. Alors qu’avec des propriétaires privés, on a peut-être plus de marge de manœuvre», souligne Pauline Bissardon, animatrice et coordonnatrice au Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), qui soutient le comité Verdir dans ses démarches.

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PLUS DE 230 ARBRES PLANTÉS EN QUATRE ANS

Depuis quatre ans, la Ville de Québec a planté plus de 230 arbres dans Saint-Sauveur, profitant notamment de réaménagements de rues pour verdir le quartier. Entre 2015 et 2018, les réaménagements du boulevard Langelier, de la rue Anna et de la rue Saint-Ambroise ont entraîné à eux seuls la plantation de 103 arbres, sans compter les centaines d’arbustes et de plantes. Des dizaines d’arbres ont aussi été plantés en bordure des rues, des pistes cyclables, dans les parcs et dans le projet d’habitation communautaire Domaine Scott. Porte-parole de la Ville, Cindy Demontigny souligne aussi que la Ville distribue gratuitement environ 300 arbres chaque année dans le secteur de Saint-Sauveur, dans le cadre de la Journée de distribution d’arbres. Marc Allard