Régis Labeaume a pris mercredi la défense des écoles ayant annulé la présentation de la pièce Djihad en leurs murs.

Annulation de la pièce Djihad: Labeaume indulgent envers les écoles

Régis Labeaume a pris mercredi la défense des écoles ayant annulé la présentation de la pièce Djihad en leurs murs. «Il ne faut pas blâmer personne. Tout le monde est de bonne foi là-dedans, mais c'est pas évident», affirme le maire de Québec.
«Les écoles sont confuses par rapport à tout ça, et on les comprend. Il ne faut pas les condamner», a laissé entendre M. Labeaume en marge d'une annonce sur la modernisation de l'aréna des Deux Glaces, à Val-Bélair. «Les gens sont bouleversés encore, il faut prendre le temps. C'est sûr que dans les milieux d'enseignement, les enseignants, les directions d'école sont extrêmement prudents. Il faut les comprendre, parce qu'avant la fusillade, ils étaient enthousiastes.»
Ces propos font suite à la sortie de l'auteur de la pièce, Ismaël Saidi, qui s'est dit lundi perplexe devant les raisons ayant mené à l'annulation des représentations. «C'est la première fois que j'ai ce genre de réaction», a indiqué M. Saidi, dont la pièce Djihad a notamment été présentée à Paris, devant des victimes du Bataclan. «Des gens qui se sont fait tirer dessus, des gens qui ont perdu des proches dans la salle. Si ces gens-là n'ont pas été froissés, je pense que ça va», a-t-il ajouté, faisant référence à la justification évoquée pour annuler sa pièce, soit celle de ne pas vouloir «froisser les musulmans de la ville de Québec».
Auteur en colère
«Je comprends Ismaël [Saidi], je l'aime beaucoup. Mais Ismaël en veut à tout le monde actuellement. C'est inutile», a lancé Régis Labeaume en guise de réponse. «Les écoles ont le droit d'être confuses actuellement. [...] Ça ne change rien à la valeur du produit.»
Selon lui, l'auteur belge d'origine marocaine ne peut pas «comprendre» l'atmosphère qui règne actuellement à Québec. «Dans une ville aussi sécuritaire que Québec, de connaître un drame comme ça, on ne réagit pas comme ont réagi les gens de Bruxelles, on ne réagit pas comme ont réagi les gens de Paris.»  Avec Geneviève Bouchard