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Anneau de glace couvert: le fédéral inquiète les patineurs

En confirmant que les équipements de loisir ne sont pas inclus dans le prochain programme d'infrastructures du gouvernement fédéral, le ministre Denis Lebel a semé une nouvelle inquiétude quant à la réalisation du projet d'anneau de glace couvert à Québec.
Après le «high» provoqué par le budget Marceau présenté jeudi, qui inclut un investissement de 32,5 millions $ du provincial pour le projet d'anneau de glace, la communauté de patinage de vitesse de Québec a quelque peu déchanté en lisant Le Soleil de samedi.
«Je suis un peu surpris», a admis Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec, qui réclame le nouvel équipement depuis 2002. «Pourtant, il y a deux ans, on nous ramenait au programme [d'infrastructures fédéral] de 2014», a-t-il rappelé en entrevue après avoir pris connaissance des propos du ministre Lebel.
Maintenant que cette option semble compromise, celui-ci espère que des discussions entre le provincial, le fédéral et le municipal mèneront enfin à une première pelletée de terre. «Le projet est public depuis de nombreuses années. Si les gouvernements veulent discuter entre eux, qu'ils discutent. De notre côté, on va avoir de la difficulté à comprendre que le projet s'éternise.»
Ce qui est d'autant plus frustrant selon M. Dubreuil, c'est que, tour à tour, les différents paliers de gouvernement ont donné leur appui au projet. «Chacun au fil du temps, on oublie ce qu'on a déjà dit. Chacun à tour de rôle a appuyé le projet. Il faut tout simplement aboutir», a-t-il tranché, sans montrer du doigt l'un ou l'autre des paliers de gouvernement. «La Ville nous appuie clairement depuis 2008, plus officiellement depuis 2009», a-t-il cependant pris soin de souligner.
Pas plus tard qu'en novembre 2013, Denis Lebel confirmait l'intention du fédéral de participer au projet d'anneau de glace. «Depuis le début, je dis que c'est un projet qui nous intéresse. Mais on doit respecter le fonctionnement. Et si le Québec le priorise, et la Ville, nous, ça va nous faire plaisir d'être des partenaires de ça», disait-il en marge de la Coupe Vanier.
Le gouvernement provincial a clairement démontré son appui jeudi. Mais voilà que le ministre Lebel affirmait vendredi qu'il est trop tard et que le gouvernement du Québec aurait dû se décider avant, rappelant que des fonds étaient disponibles depuis 2007 en vertu du précédent programme d'infrastructures.
Quoi qu'il en soit, la Fédération de patinage de vitesse n'a pas l'intention d'entrer dans une querelle politique. «Faire de la politique, c'est pas notre spécialité. Nous, on patine.» Mais en attendant, dit M. Dubreuil, «il vente à 45 km/h» pendant les entraînements des athlètes à l'anneau de glace extérieur Gaétan-Boucher.
La surprise était la même pour Benoît Lamarche, président du Centre national d'entraînement Gaétan-Boucher. «On a connu un high cette semaine quand on a vu le provincial l'appuyer pour la première fois de façon officielle», a lancé M. Lamarche.
L'ex-patineur de vitesse - qui a participé aux Jeux olympiques de Sarajevo et de Calgary - s'est toutefois dit confiant pour la suite. «On ne connaît pas encore toutes les nuances du programme d'infrastructures, a-t-il souligné. Je pense que tout le monde s'entend pour dire que c'est un projet porteur pour la région, je reste assez confiant qu'on va trouver une solution. Présentement, ça se passe un peu dans l'arène politique et on ne connaît pas toutes les stratégies», a-t-il philosophé.
Selon M. Lamarche, la Ville de Québec, qui agit comme «porte-drapeau» du projet depuis quelques années, pourrait convaincre les parties de s'asseoir et discuter d'une façon d'intégrer l'anneau de glace au programme d'infrastructures fédéral.
Il a été impossible de joindre le ministre Lebel, toujours à Rome, pour obtenir plus de détails sur le programme.
La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, n'a pas souhaité commenter le dossier, a fait savoir son attaché de presse.