Anne Guérette croit que les citoyens de Québec ne sont pas plus réfractaires au changement qu'ailleurs dans le monde.

Anne Guérette au Soleil: deux voies de perdues, deux de retrouvées

Il y a suffisamment de voies de circulation sur la Grande Allée, le boulevard René-Lévesque et le chemin Sainte-Foy pour en réserver deux à l'usage exclusif du tramway, estime la chef de Démocratie Québec, Anne Guérette.
L'option de restreindre la circulation automobile pour avantager le transport en commun est revenue sur le tapis lors des récentes consultations publiques sur la mobilité durable tenues par la Ville de Québec. Si l'idée a plusieurs partisans parmi les utilisateurs du transport collectif, elle ne fait pas consensus. Le maire Régis Labeaume s'y est opposé comme il le fait depuis toujours. Son nouvel adversaire Jean-François Gosselin, du parti Québec 21, aussi.
La chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec, elle, s'était déjà mouillée. En entrevue au Soleil à la veille de la campagne électorale où elle briguera la mairie, Anne Guérette a d'abord répété son appui au principe. 
Invitée à préciser sa pensée, elle a désigné spontanément la haute ville, où elle veut implanter un tramway qui relierait le secteur de Sainte-Foy à la colline parlementaire. «Si on prend le chemin Sainte-Foy, René-Lévesque et Grande Allée, on a quoi, 11 voies [NDLR: 12 voies] sur le plateau, on en a énormément. En éliminer deux pour faire passer un transport structurant, pour répondre à un besoin qui est là, je suis convaincue que c'est tout à fait possible», a-t-elle détaillé. 
La conseillère municipale, seule élue de Démocratie Québec au conseil municipal, a déploré que le maire Labeaume n'ait «même pas exploré» ce scénario. «C'est surprenant qu'il ne se soit pas fait critiquer davantage avec sa façon de dire aux gens: si vous voulez qu'on instaure un transport structurant en haute ville, il va falloir abattre des centaines d'arbres, voire exproprier les plaines d'Abraham, démolir des bâtiments. [...] Ce n'est quasiment pas croyable de dire ça sans rire ou sans pleurer», a-t-elle affirmé. 
Mme Guérette croit que les citoyens de Québec ne sont pas plus réfractaires au changement qu'ailleurs dans le monde et que plusieurs sauteraient dans le tramway s'il y en avait un. «On l'a vu dans toutes les villes. L'achalandage va partout au-delà des prévisions. Ça veut dire qu'il y a des gens qui laissent tomber leur voiture pour embarquer dans le transport structurant, donc on a moins besoin de voies automobiles», a-t-elle fait remarquer. 
Grands événements
La chef de l'opposition n'a pas hésité à surfer sur le rapport du Vérificateur général de la Ville de Québec, qui a constaté que le Bureau des grands événements accorde des subventions sans se baser sur des critères précis et omet d'évaluer les retombées par la suite. 
Cela fait plusieurs années qu'Anne Guérette critique le financement public des grands événements, trop nombreux et surtout trop coûteux à son avis. Au pouvoir, Démocratie Québec réduirait le nombre d'événements subventionnés et éliminerait ceux dont la Ville est seule promotrice. En entrevue, sa chef refuse toutefois de chiffrer sa cible et de nommer ceux qui sont de trop. Deux seuls ont le statut d'incontournable selon elle, soit le Carnaval de Québec et le Festival d'été de Québec. 
Mme Guérette en a aussi contre la concentration géographique des grands événements, qui se tiennent presque tous dans le Vieux-Québec et dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. «Ils ne sont pas assez bien répartis sur l'ensemble du territoire», dit la rivale de Régis Labeaume, qui suggère par exemple un déploiement historique dans le Trait-Carré ou un grand prix cycliste sur le mont Bélair.
L'original ou la copie?
«J'ai confiance que les citoyens vont faire la distinction entre l'original et la copie.»
L'original et celle qui parle, c'est Anne Guérette. La copie, c'est Régis Labeaume.
La chef de Démocratie Québec a l'impression qu'Équipe Labeaume lui vole en partie son programme en prévision des élections de novembre. «C'est pas d'hier que je dis autour de moi: vous allez voir à l'aube de la campagne électorale, le maire Labeaume va devenir démocratique, il va devenir vélos, il va devenir petits espaces publics de proximité, il va devenir patrimoine...» énumère celle qui se bat pour le poste de maire. «Et c'est exactement ce qui est en train de se passer.»
Mme Guérette affirme que ce n'est pas une première. «Il tente de devenir nous pour nous neutraliser. Ce qu'il a fait en 2009 et en 2013 et ça n'a pas fonctionné. J'ai confiance que les citoyens vont faire la distinction entre l'original et la copie», a-t-elle confié au Soleil, martelant que «l'original, c'est nous».