L’entreprise de finition architecturale Anacolor est présentement installée dans Cap-Rouge.

Anacolor déménage à Saint-Lambert-de-Lauzon

L’entreprise de finition architecturale Anacolor, devenue indésirable dans Cap-Rouge en raison des odeurs qui s’en dégagent, s’installera dans le parc industriel de Saint-Lambert-de-Lauzon, sur la rive sud.

Le terrain choisi est situé sur la rue Damase-Breton, en plein cœur d’une zone industrielle. Appartenant à un propriétaire privé, le lieu était vacant depuis quelques années. Le quartier résidentiel le plus près est de l’autre côté de l’autoroute 73, à l’ouest, sur la rue des Explorateurs.

Selon le maire de la municipalité, Olivier Dumais, il y a peu de chances que l’entreprise se retrouve à nouveau en conflit avec des résidents, comme c’est le cas dans Cap-Rouge depuis 2012.

«C’est un vrai parc industriel. Ce sont vraiment des usines dans un parc isolé», a souligné M. Dumais lors d’un entretien avec Le Soleil. «On n’a aucune crainte pour la population. Les vents dominants [soufflent] vers les champs, vers Saint-Henri et Saint-Isidore [et non pas vers Saint-Lambert-de-Lauzon].» Le pdg d’Anacolor, Éric Nadeau, habite lui-même Saint-Henri, selon l’adresse disponible au Registre des entreprises. 

Les pourparlers entre la municipalité et Anacolor, spécialisée en peinture de pièces métalliques, avaient cours depuis décembre, selon M. Dumais. Depuis, la rumeur circulait à Saint-Lambert-de-Lauzon à l’effet que la nouvelle usine pourrait s’y installer. 

Sans avoir mené de consultations à proprement parler, M. Dumais estime que «le pouls» a toujours été bon. Le fait que l’usine soit «flambant neuve» et à «la fine pointe de la technologie» aide également à avoir confiance, a poursuivi l’élu. La municipalité a eu l’assurance que le nouveau bâtiment serait construit «en conformité avec les lois environnementales». 

À terme, le déménagement amènera 45 emplois à Saint-Lambert-de-Lauzon. «Ce sont des taxes de plus pour nous aider dans notre développement et pour nos services aux citoyens», s’est réjoui M. Dumais, qui espère maintenant que certains travailleurs s’installeront dans sa ville avec leurs familles. 

À l’automne 2019

Le déménagement d’Anacolor s’est scellé en juin dernier. Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il prêterait 9 millions $ via Investissements Québec pour aider l’entreprise à quitter Cap-Rouge. La Ville de Québec a quant à elle acheté le terrain d’Anacolor pour 2,1 millions $ et projette de revendre pour du développement résidentiel. 

Le déménagement de l’usine aura lieu au plus tard en septembre 2019. Les opérations à Cap-Rouge prendront quant à elles fin le 30 septembre de la même année. Les activités seront d’ici là réalisées en tout respect «des normes applicables», a promis la direction de l’entreprise. Le pdg Éric Nadeau estime que «la croissance et l’essor de l’entreprise seront mieux servis par l’implantation de nouvelles installations dans une zone industrielle», indiquait-il en juin.

La saga Anacolor a débuté en 2012, lorsque l’entreprise a augmenté sa capacité de production. Des citoyens vivant à proximité ont alors commencé à se plaindre d’odeurs provenant de l’usine. Des émanations de certains solvants utilisés et de peinture étaient en cause. Les désagréments ont été tels que le ministère de l’Environnement et la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale sont intervenus dans le dossier. 

Malgré des investissements d’Anacolor pour réduire le dérangement, les citoyens n’ont pas cessé de se plaindre et un recours collectif, autorisé cet hiver, a été lancé. Le déménagement était la principale demande des plaignants.