Régis Labeaume affirme aussi être prêt à payer le coût de démolition de la bâtisse d'Anacolor, évalué sous la barre des 100 000 $. 

Anacolor a refusé 1,6 million$ pour son terrain

L'administration Labeaume a offert 1,6 million $ à l'automne 2016 pour acheter le terrain de l'usine Anacolor de Cap-Rouge. C'est 300 000 $ de plus que l'offre de Démocratie Québec, qui croyait pourtant avoir mis le paquet.
«Mme [Anne] Guérette a dit que nous avions offert l'évaluation municipale à Anacolor [865 000 $], c'est faux, a voulu rectifier Régis Labeaume mercredi matin en marge d'une annonce dans Vanier. Elle offre 1,3 million $. On a offert le 26 octobre dernier 1,6 million $. Qu'elle oublie son 1,3 million $, ça ne marchera jamais», a-t-il tranché.
Pour lui, la sortie de l'opposition a un «effet zéro parce qu'il n'y a pas de vendeur et qu'on a offert 1,6 million $». Anacolor a refusé cette dernière offre le 21 février. «Ils voulaient être dédommagés pour l'ensemble du déménagement, ce qu'on a refusé. On leur a dit qu'on possédait un terrain dans le parc industriel de Beauport et qu'on était très collaborateur. Ils ont tout refusé», a expliqué le chef d'Équipe Labeaume.
M. Labeaume affirme aussi être prêt à payer le coût de démolition évalué sous la barre des 100 000 $. «Ce n'est pas significatif. Ce n'est pas une bâtisse complexe à déconstruire», soutient-il, précisant que l'offre est toujours sur la table.
Avec ce prix, auquel il faudrait possiblement ajouter des coûts de décontamination, le candidat à la mairie croit viser dans le mille. «On est capable d'entrer dans notre argent. En terme d'affaires, on le valorise et on fait du résidentiel.» Il n'exclut pas la possibilité d'en faire un parc, tel que proposé par Démocratie Québec, même s'il y en a déjà deux autres à proximité.
Régis Labeaume demeure cependant prudent quant à une possible expropriation. «On embarque dans un gros dossier. La question qu'on doit se poser, c'est si on a de bonnes poignées légales. Saint-Vincent-de-Paul, on n'est pas gêné ben ben [en haute ville], ça fait dix ans qu'on patiente. S'il y a une question de santé publique, peut-être qu'on peut avoir un bon dossier, ça sera à évaluer. Avant toute chose, il faut tenter de négocier et s'entendre. Il faut donner une chance à ça. On ne peut pas exproprier chaque fois que quelque chose fait pas notre affaire en ville.»
Transparence
Revenant sur le sujet en après-midi, Stéphanie Houde, candidate de Démocratie Québec dans le district de Cap-Rouge-Laurentien, s'est montrée très intéressée aux chiffres du maire. «On est contents que notre annonce d'hier, ça le fasse réagir fortement. Au moins, il donne la transparence qu'il aurait dû donner aux citoyens depuis déjà plusieurs mois», a-t-elle laissé tomber. 
Mme Houde et sa chef Anne Guérette ont tout de même exprimé des doutes sur les dates et les montants soumis par Régis Labeaume, réclamant des preuves de ce qu'il avance. Les deux femmes ont continué de défendre leur proposition, qualifiée de «très bonne offre» de départ, et n'ont pas souhaité renchérir publiquement. 
Visiblement irritée par les annonces d'Équipe Labeaume en ces premiers jours de campagne, Mme Guérette est par ailleurs convaincue que le maire veut lui «couper l'herbe sous le pied» dans plusieurs dossiers. «On le voit venir, c'est l'éléphant dans la pièce. C'est pas très subtil. On pense que les citoyens sont très intelligents et ils vont voir le jeu que le maire est en train de jouer», a-t-elle lancé.
Avec Annie Morin