Amphithéâtre: Labeaume «impatient» que Québecor fasse des profits

«Je commence à être impatient. J'ai hâte que Québecor se mette à faire de l'argent avec l'amphithéâtre.»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a été on ne peut plus clair sur ses attentes, vendredi. Il réagissait alors à la sortie de l'opposition voulant que le déficit du Centre Vidéotron soit beaucoup plus élevé qu'anticipé, soit 5,2 millions $ au lieu des 600 000 $ annoncés.
L'administration municipale parle plutôt de 3,7 millions $, mais l'écart demeure tout de même important. Il s'explique en bonne partie par l'obligation de la Ville de Québec de rembourser la moitié du déficit du gestionnaire jusqu'à concurrence du loyer annuel de 2,5 millions $ sans équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH).
«Nous autres, on a construit à 370 millions $, c'est-à-dire en bas du prix. On est allé chercher du financement public comme c'est jamais arrivé. On a signé un deal avec un gestionnaire que vous verrez pas en Amérique du Nord. Mais là, on peut pas gérer à sa place. C'est pas nous autres qui le gère. On commence à être impatients», a fait valoir M. Labeaume. 
Celui-ci n'a pas voulu pointer spécifiquement des problèmes dans la gestion, disant avoir ses «théories». Il n'a pas voulu dire non plus s'il avait fait part de ses doléances à la direction de Québecor. 
Moyenne à long terme
«Dans tous ces chiffres-là, ce qui manque, c'est les 2,5 millions $ de loyer», a convenu M. Labeaume en référant au déficit annuel. L'augmentation de la valeur foncière - et conséquemment des revenus de taxes - viendra à plus long terme, est-il convaincu. «On avait très bien expliqué que c'est toute une longueur, c'est sur plusieurs années pis ensuite tu fais une moyenne», a souligné l'élu municipal, réexpliquant les chiffres qu'il avait mis de l'avant lors d'une tournée de présentation du projet d'amphithéâtre en 2011. 
L'impatience nouvellement affichée du maire tranche avec sa réaction, en juin, quand la Ville de Québec a fait un chèque de 730 000 $ à Québecor pour lui rembourser la moitié du déficit de ses premiers mois d'opération. M. Labeaume avait alors affirmé qu'il était normal que le gestionnaire ne fasse pas ses frais et qu'il s'attendait à d'autres déficits. Il avait mis de l'avant l'entente sur les droits d'identification du bâtiment, qui a permis à la Ville de mettre la main sur 33 millions $ dans un seul paiement, au début de l'aventure. 
«On peut pas penser que dans les quatre premiers mois, une entreprise qui démarre va faire des surplus. Moi, j'ai jamais vu ça», avait lancé celui qui aime encore se présenter comme un entrepreneur. 
En septembre, Pierre Dion, alors président et chef de la direction de Québecor, se donnait au moins trois à cinq ans pour déterminer si le Centre Vidéotron pouvait être profitable. 
Québecor n'a pas retourné l'appel du Soleil, vendredi.