Aide sociale: Manif pour une amélioration des besoins de base [VIDÉO]

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
Une quinzaine de personnes du milieu communautaire de Québec ont manifesté jeudi matin devant le bureau du ministre du Travail, Jean Boulet, afin de réclamer pour les plus démunis une meilleure couverture des besoins de base tels que définis par la Mesure du panier de consommation (MPC).

 «Le gouvernement doit tenir ses engagements minimaux dans son plan de lutte à la pauvreté déposé en décembre 2017, soit de plafonner les prestations d’aide sociale à 55% de la MPC, mais il refuse d’utiliser la dernière mise à jour de Statistique Canada, dénonce Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Évidemment, le coût de la vie a augmenté entre 2008 et 2018, ce qui fait que (les prestataires) vont se retrouver avec 49% de la MPC.»

Pour Virginie Larivière et les représentants du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) et du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), également présents à la manifestation, la MPC représente «le minimum requis pour espérer vivre en santé».

«Le refus du gouvernement d’utiliser la MPC révisée est proprement indécent, car il représente un important manque à gagner pour des personnes à qui il manque déjà l’essentiel.»

Les organismes de défense des plus démunis sont à même de constater les dommages collatéraux provoqués par la pandémie. «C’est dramatique ce qui se passe. Les personnes assistées sociales vivent des pertes financières, mentionne Mme Larivière. Plusieurs ont perdu leurs emplois à temps partiel qui leur permettaient de gagner un peu plus. Ils doivent faire face à de nouvelles dépenses, dont le coût de la vie qui a augmenté.»

Pour pallier ces pertes, précise-t-on, le gouvernement a seulement maintenu les «maigres engagements» de son plan de lutte contre la pauvreté, soit d’amener les personnes sur l’Aide sociale à 55,1% et les personnes à la Solidarité sociale à 77,6% de la MPC. Un montant qui équivaut à environ 10$ d’augmentation par mois à compter du 1er janvier.

Pour Stéphane Handfield, porte-parole du FCPASQ, la MPC permet d’«arrêter de stresser constamment pour survivre. C’est le minimum, c’est pas la grosse vie. C’est être le 26 du mois et savoir qu’on va manger jusqu’au prochain chèque dans 5 jours.»