Le président et chef de la direction d’Aéroport de Québec inc., Gaëtan Gagné, croit qu’il était nécessaire d’envoyer des mises en demeure pour empêcher la sortie d’un rapport qui écorche la gestion de l’aéroport.

Aéroport de Québec: «clivage» avec les acteurs locaux impossible à expliquer [VIDÉO]

Le président et chef de la direction d’Aéroport de Québec inc. (AQI), Gaëtan Gagné, s’explique mal le «clivage» entre son administration et certains acteurs locaux. Et même s’il était, selon lui, nécessaire d’envoyer des mises en demeure pour empêcher la sortie d’un rapport qui écorche la gestion de l’aéroport, il tend la main pour reprendre les discussions.

La haute direction de l’aéroport Jean-Lesage est sortie de son mutisme lundi après une semaine de fortes turbulences. Dans une série d’entrevues individuelles, M. Gagné a donné sa version des faits à la suite des 26 mises en demeure envoyées par son administration pour empêcher le dévoilement du rapport d’un comité de travail sur l’accessibilité aérienne. 

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Ce dernier persiste et signe. En s’attaquant à la gestion de l’infrastructure aéroportuaire, le comité a outrepassé son mandat initial. Ses 17 membres, provenant des milieux municipaux, touristiques et des affaires, devaient élaborer un plan d’action et de développement économique impliquant AQI et identifier les enjeux régionaux et les besoins en matière de transport aérien. 

«Ça a créé un peu de vagues, mais c’était nécessaire dans les circonstances, lance le président. Pour des raisons qu’on ignore, on s’attaque à la gestion. On sortait du cadre que s’était fixé le comité», ajoute-t-il.

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L’envoi de mises en demeure visait simplement à protéger les employés de l’aéroport, soutient M. Gagné. «Quand ils entendent toutes ses faussetés sur l’aéroport de Québec, on va les laisser gober ça? On a besoin de les protéger.»

De son côté, André Fortin, président du conseil d’administration de l’aéroport, a pourtant l’impression d’avoir joué franc jeu avec les autres membres du comité. De toute évidence, il digère mal l’exclusion du représentant de l’aéroport, Bernard Thiboutot, pour bris de confidentialité. Les autres membres du comité lui reprochent d’avoir avisé son employeur que le comité voulait «élargir» le mandat à la gestion de l’aéroport.

«On a donné nos plans de match, nos informations confidentielles et on a fait venir des conférenciers pour leur expliquer où on voulait s’en aller l’aéroport de Québec. Jusqu’à un certain moment, on a eu besoin de lui, après ça…» Aux yeux des deux hommes, il était pourtant naturel que M. Thiboutot se rapporte à son mandant.

Plusieurs fois en cours d’entrevue, M. Gagné affirme ne pas comprendre pourquoi le comité a décidé d’élargir le mandat alors que l’aéroport est en croissance constante. De plus, il saisit mal la nature «du changement de culture» réclamé dans le rapport. 

«Pour des raisons que je ne connais pas, il y a un groupe qui se dit que le rapport est peut-être trop beau et qu’il faut ajouter quelque chose […] Il y a un clivage. Je ne connais pas la raison profonde», confie-t-il.

Gagné contre Labeaume

Le Soleil a aussi questionné M. Gagné sur le fait qu’il semble y avoir des divergences profondes de points de vue avec le maire de Québec. «Peut-être, laisse-t-il tomber. Mais je ne dois pas être le premier avec qui il a des frictions. Je ne me sens pas coupable. Quand je regarde ce qui se passe dans notre ville et que je me sens effectivement attaqué, je regarde autour et je me dis que je ne suis pas le premier. Et quand je me demande s’il y a des choses que je dois me reprocher, personnellement : “Non”», tranche-t-il.

Le chef de la direction rejette aussi les récriminations voulant que l’aéroport travaille en vase clos. «On fait un comité, l’aéroport est présent, et vu qu’on n’est pas d’accord de changer le mandat en cours de route, on exclut le représentant de l’aéroport. Après ça, on sort et on dit qu’on ne collabore pas. Hey, buddy, c’est peut-être de l’autre bord qu’il faut regarder. La longue-vue n’est peut-être pas du bon bout», expose-t-il.

Malgré tout, M. Gagné tend la main. «Il y a une occasion de travailler ensemble pour le développement des liaisons aériennes. Prenons cette occasion et démontrons que nous pouvons le faire. On a offert de la collaboration», conclut-il.