Après l’avoir annoncé pour le printemps 2018, puis pour l’automne, c’est finalement en 2019 qu’on devrait connaître la nouvelle mouture du règlement de contrôle intérimaire sur la protection des sources d’eau potable.

À surveiller sur la scène municipale en 2019

Toujours en eaux troubles

Après l’avoir annoncé pour le printemps 2018, puis pour l’automne, c’est finalement en 2019 qu’on devrait connaître la nouvelle mouture du règlement de contrôle intérimaire sur la protection des sources d’eau potable. Cela en dit long sur la difficulté pour Stoneham, Lac-Beauport, Lac-Delage et Sainte-Brigitte-de-Laval d’en venir à une entente avec Québec. «Le diable est dans les détails», disait le maire Régis Labeaume en fin d’année pour expliquer les délais. L’actuel règlement, initié par la Ville de Québec et adopté en mars 2016 par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), imposait des restrictions au chapitre des degrés de pente à respecter, des pourcentages de couvert végétal à maintenir et de sévères conditions liées à l’installation de systèmes d’évacuation des eaux usées. Au printemps, la Cour supérieure a rendu le règlement inopérant. Québec a interjeté appel. Le règlement empêche des centaines de propriétaires d’un terrain de se construire dans la couronne nord. 

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Le Phare, un étage à la fois

Maintenant qu’il a obtenu le feu vert de la Ville, Groupe Dallaire débutera au printemps la construction du Phare à Sainte-Foy. Le complexe immobilier de 755 millions $, comprenant quatre tours, dont une de 65 étages, a trouvé son lot de critiques dans le voisinage à cause de sa hauteur. Les citoyens redoutent notamment l’impact visuel des tours et la hausse de la circulation automobile sur leur qualité de vie. La Ville a évité la tenue d’un référendum en appliquant un article de sa charte qui lui permet d’aller de l’avant avec ce projet sans modifier le programme particulier d’urbanisme. Les opposants y ont vu un détournement de démocratie. Les tours comprendront 3 millions de pieds carrés en bureaux, logements, condos et commerces. Il y aura aussi une place publique et une salle de spectacle de 1200 places. Les travaux se feront sur une période de 10 ans. Groupe Dallaire a aussi l’obligation de compléter d’ici 2022 le pôle d’échange du futur réseau structurant de transport en commun. 

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Grandes attentes pour un Grand marché

S’il y a une ouverture attendue au printemps, c’est bien celle du Grand Marché près du Centre Vidéotron. Le bâtiment tout neuf, construit pour 24 millions $, soit 3 millions $ de plus que le coût initial, nourrit de grandes attentes. Le maire a défendu la nécessité de déménager le Marché du Vieux-Port dans l’ancien Pavillon du commerce d’ExpoCité en raison de l’état de dégradation du bâtiment du bassin Louise. Le nouveau bâtiment abritera plus d’une vingtaine de commerces permanents, une douzaine de kiosques permanents et quelque 78 étals saisonniers. Il comprendra aussi un incubateur pour le démarrage d’entreprises alimentaires. La Ville promet une «expérience client» sans pareil. Les résidents du Vieux-Québec et les restaurateurs ont contesté, en vain, le déménagement par crainte que leur secteur devienne un désert alimentaire de produits frais et du terroir. La question que tous se posent est de savoir si le Grand Marché attirera l’achalandage promis. L’actuel marché, qui deviendra un marché satellite saisonnier, accueille annuellement 1,2 million de visiteurs.

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Combien pour le tramway?

C’est au projet budget fédéral qu’on saura combien Ottawa versera pour le projet de tramway de la Ville de Québec. En fin d’année, le député fédéral de Québec et ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, ne laissait déjà plus planer beaucoup de doutes sur la participation financière de son gouvernement. Il a rappelé que Québec était la seule ville de plus de 500 000 habitants au pays à ne pas avoir un réseau structurant de transport en commun. Il ajoutait que le premier ministre, Justin Trudeau, avait donné un appui verbal. Le gouvernement du Québec a déjà accordé une première somme de 250 millions $ au projet de 3 milliards $ qu’il financera à 60 %. Ottawa financerait l’autre 40 %. Par ailleurs, le maire de Québec et le président du RTC, Rémy Normand, entendent informer la population à chaque état du projet qui prend son véritable envol cette année avec l’octroi de plusieurs appels d’offres. La Ville a pour environ 110 millions $ de travaux préparatoires à démarrer.

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Des plaintes et des hommes

Que réserve l’enquête que mènera la Commission des affaires municipales (CMQ) sur les agissements du maire de L’Ancienne-Lorette, Émile

Loranger? La Coalition avenir Québec a décidé d’intervenir après avoir été mis au fait que M. Loranger avait tranché en votant contre une proposition de son conseil municipal pour enquêter sur la plainte de harcèlement psychologique déposée contre lui. L’enquête de la CMQ, un tribunal administratif, portera sur un possible manquement aux règles d’éthique municipales. La plainte pour harcèlement s’est terminée par une entente hors cour de 200 000 $ versée à la plaignante, qui a quitté son emploi. À Lévis, le maire Gilles Lehouillier fait aussi l’objet de trois plaintes d’ex-membres de son Cabinet pour harcèlement psychologique. Le dossier est toujours en attente de traitement devant la Commission des normes, de l’équité et de la santé et de la sécurité du travail.

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Le souhait du maire Labeaume

En haut de la liste des souhaits de Régis Labeaume en 2019 : trouver une solution à la pénurie de main-d’œuvre. «Il faut qu’on règle le problème des ressources humaines. J’ai l’air du chialeux et du chiqueux de guenille. C’est une crise et je me sens un petit peu tout seul.» Le maire reprendra donc son bâton de pèlerin pour convaincre notamment le gouvernement fédéral d’assouplir les règles pour faciliter la délivrance de permis de travail aux immigrants économiques. «C’est un dossier majeur et aucune donnée ne montre que ça peut s’améliorer. C’est un peu angoissant de savoir que mathématiquement, ça ne marche pas», lance-t-il, du fait qu’il n’y a pas assez de finissants et d’immigrants pour remplacer tous les départs à la retraite. «Au fédéral, il faut que quelqu’un se réveille», ajoute le maire, décriant l’obligation pour les entrepreneurs, même petits, de faire la démonstration qu’une personne immigrante venue travailler ne vole l’emploi à personne avant de l’accepter au pays. 

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Une étude attendue

L’année s’amorcera en force avec la publication du bilan provisoire d’une étude sur la qualité de l’air de la Direction de la santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale commandée par la Ville de Québec. Au fil des ans, les inquiétudes grandissent sur la qualité de l’air dans la capitale, particulièrement dans Limoilou à la suite de l’épisode des poussières rouges de 2012 et du dépassement des normes de l’incinérateur pour le monoxyde de carbone. La conseillère de Limoilou, responsable de l’environnement, Suzanne Verreault, garde pour l’instant les données confidentielles et refuser d’être alarmiste. La Direction de la santé publique a déjà confirmé au Soleil qu’elle recommandera la réglementation des appareils à combustion solide, une des causes de la mauvaise qualité de l’air en hiver. Un dossier que le maire de Québec juge plus compliqué qu’il n’y paraît. L’étude complète sera connue dans un an.

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Le premier lien en jeu

Au fil du temps, le pont de Québec est devenu un dossier municipal, tellement les maires des deux rives ont milité pour convaincre Ottawa et le CN de «donner de l’amour» à la structure couverte de rouille. En décembre, le maire de Québec estimait que le dossier de la dégradation du pont de Québec ne se réglerait jamais s’il n’y a aucune entente en 2019 entre Ottawa, Québec et le CN. Selon lui, la présence d’un Québécois à la tête du ministère de l’infrastructure, François-Philippe Champagne, représente un atout de taille pour possiblement parvenir au rachat du pont par Ottawa qui l’a cédé au CN en 1993. Ou du moins, en venir à une entente avec le CN sur le partage des coûts pour redonner du lustre à la structure. Régis Labeaume rappelle que le règlement du dossier était un des engagements du parti de Justin Trudeau aux élections de 2015. N’y a-t-il pas des élections à l’automne 2019?