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Pierre Taillon s’est donné la mission de les répertorier au fil de ses longues marches et de les partager grâce aux réseaux sociaux et à une future carte interactive.
Pierre Taillon s’est donné la mission de les répertorier au fil de ses longues marches et de les partager grâce aux réseaux sociaux et à une future carte interactive.

À la découverte des murales cachées de Limoilou

Marie-Soleil Brault
Marie-Soleil Brault
Le Soleil
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Limoilou est bien connue pour sa vie communautaire et ses ruelles vertes, mais qu’en est-il des murales qui décorent le quartier? Pierre Taillon s’est donné la mission de les répertorier au fil de ses longues marches et de les partager grâce aux réseaux sociaux et à une future carte interactive.

Il n’est pas seul cependant. M. Taillon met un point d’honneur à dire que ce projet est collaboratif avec tous les résidents volontaires du secteur. En plus des murales qu’il découvre lui-même, il accumule celles partagées sur le groupe Facebook Limoilou: notre quartier, le meilleur de tous!, ainsi que le nouveau groupe, créé pour la cause, Les murales de Limoilou.

L’idée lui est arrivée il y a un mois. Il a remarqué un fort enthousiasme lorsque les gens partagent des photos de murales sur les réseaux sociaux. Tout juste arrivé à sa deuxième année de retraite avec un objectif de marche à atteindre, M. Taillon s’est dit «personne ne sait où elles sont toutes. Let’s go, on part le projet.» En plus de faire découvrir les muralistes derrière ces œuvres urbaines, «ça fait plaisir aux gens, donc tout était réuni.»

Lorsque <em>Le Soleil</em> a rencontré Pierre Taillon face à la murale de l’artiste Shout Gtns, l’homme a expliqué à quel point il était surpris de l’esprit de communauté de Limoilou et de l’intérêt des gens pour son ambition.

Dans les quatre dernières semaines, Pierre Taillon a identifié 18 murales, de la 1re rue jusqu’à la 17e rue. «Pour moi, c’est un projet qui va s’agrémenter au fur et à mesure. Je suis étonné d’en avoir déjà 18. J’étais sûr qu’après sept ou huit j’avais fini.» Loin de là, a-t-il conclu.

Caroline Michaud, une résidente du quartier, avait elle aussi commencé, lors des confinements, à chasser les murales avec ses enfants. Lorsqu’elle est tombée sur la page de M. Taillon, elle a eu le même constat que ce dernier : «Je réalise que je pouvais ratisser plus large et que les ruelles parallèles aux rues contiennent des trésors cachés aussi. Limoilou, c’est un vrai petit labyrinthe!» Elle collaborera avec l’instigateur du projet pour ajouter ses murales au répertoire.

Démocratiser l’art urbain

MC Grou, une muraliste bien connue de Limoilou, fait partie de cette liste. Quatre de ces murales sont répertoriées, mais plus d’une trentaine peinturent les murs de la Ville de Québec. Cette idée, souligne-t-elle, «est une belle façon d’inciter les gens à explorer les ruelles et ça fait une activité cool pour découvrir le quartier, parce qu’il y a des petits commerces qui sont parfois un peu plus cachés dans les avenues moins achalandées.

«C’est à ciel ouvert et ça rend l’art accessible. Ça permet de côtoyer des artistes locaux, de faire connaître les muralistes émergents et de voir de l’art sans aller nécessairement au musée, seulement en se promenant dans le quartier», ajoute la muraliste, qui colore la Ville de Québec depuis sept ans, en soulignant que de plus en plus d’artistes se penchent vers l’art mural.

Mme Michaud est du même avis. «Je pense que c’est une nouvelle façon de découvrir le quartier, tout en profitant des commerces des alentours. Une petite crème glacée ou une bière à La Souche après la promenade, pourquoi pas?»

Lorsque Le Soleil a rencontré Pierre Taillon face à la murale de l’artiste Shout Gtns, l’homme a expliqué à quel point il était surpris de l’esprit de communauté de Limoilou et de l’intérêt des gens pour son ambition. «On ne peut pas faire ce projet sans collaboration, je ne peux pas deviner où elles sont.»

Il ajoute aussi que sa recherche se fait toujours dans le respect du propriétaire où repose l’œuvre. «Ma définition d’une murale, c’est l’autorisation du propriétaire de l’endroit. Je ne veux pas que quelqu’un se lève le matin pour découvrir une grosse murale sur leur mur, simplement pour la personne qui l’a peint d’avoir son 15 minutes de gloire.» C’est à cette étape qu’il dresse la ligne entre un graffiti et une murale.

Pour le moment, Pierre Taillon se concentre sur l’évolution de son groupe Facebook, Les murales de Limoilou, pour continuer à recenser les murales et leurs auteurs. Il espère pouvoir offrir au début du mois de juillet une carte Google interactive que tous pourront utiliser pour colorer leur promenade.