Québec a accordé un montant de 10 millions $ au CIUSSS pour accoucher d’un projet déterminant la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu de Québec. Sur la photo : la pdg du CHU de Québec Gertrude Bourdon, le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Santé Gaétan Barrette

500 M$ pour la nouvelle vocation de l'Hôtel-Dieu

Le gouvernement Couillard prévoit un budget de 500 millions $ pour la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu de Québec, bien que cette mission reste encore à préciser.

C’est le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale qui aura le mandat de déterminer quelle sera la nouvelle offre de services de santé à l’Hôtel-Dieu, dont les activités actuelles seront transférées vers le nouveau complexe hospitalier en 2025, a-t-on annoncé mercredi au cours d’une conférence de presse à saveur préélectorale, à laquelle participaient notamment le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 

Québec a accordé un montant de 10 millions $ au CIUSSS pour accoucher d’un projet déterminant la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu de Québec. Un rapport est attendu d’ici la fin de l’année. Déjà, un projet de superclinique ou de service d’urgence mineure est dans les cartons, un vœu notamment du maire Régis Labeaume. 

Selon le ministre Gaétan Barrette, il y a «beaucoup beaucoup, beaucoup de possibilités». L’Hôtel-Dieu, a-t-il dit, pourrait devenir une «soupape» au réseau. «On aura certainement besoin, par exemple, de soins palliatifs, de [lits de] convalescence, d’hospitalisation d’un jour… Je vois très bien l’Hôtel-Dieu être un plateau technique additionnel offert à l’équipe du CHU de Québec pour donner des services ponctuels et baisser des listes d’attente», a avancé le ministre de la Santé.

En marge de la conférence de presse, le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, a indiqué que l’idée proposée par la congrégation des Augustines de développer un CHSLD destiné à une clientèle spécifique, plus jeune, était toujours envisagée. 

Les espaces abritant l’actuel Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie (CRCEO) conserveront pour leur part une vocation de recherche, mais auront aussi une mission de «transfert des connaissances, de santé des populations et de santé publique», a précisé Michel Delamarre.

Même si les détails entourant la réutilisation des bâtiments de l’Hôtel-Dieu de Québec ne sont pas encore connus, le gouvernement Couillard évalue le coût préliminaire total du projet à 500 millions $. 

Et comment on en arrive à ce montant si le projet n’est pas connu? «C’est une bonne question. Cependant, on veut montrer un signal clair qu’on est prêt à mettre un montant important pour cette nouvelle mission-là», a répondu le premier ministre en mêlée de presse, tout en convenant qu’il n’excluait pas que la nouvelle vocation de l’Hôtel-Dieu coûte moins cher que 500 millions $. 

La première phase du projet de construction du nouveau complexe hospitalier coûtera 575 millions $, soit quelque 77 millions $ de moins que le montant annoncé en avril 2017. Une situation que le premier ministre attribue à la «qualité de la planification».

Moins coûteux que prévu

On a par ailleurs appris mercredi que la première phase du projet de construction du nouveau complexe hospitalier coûtera 575 millions $, soit quelque 77 millions $ de moins que le montant de 652,4 millions $ annoncé en avril 2017. Une situation que Philippe Couillard attribue à la «qualité de la planification». 

«Les économies ou les dépassements de coûts ont toujours leur origine dans une planification mal faite, bâclée, trop rapide. […] C’est juste la preuve que la planification a été de très, très bon niveau, et je suis persuadé que ce sera la même chose pour la phase 2», a-t-il analysé. 

Le premier ministre a réitéré que les délais et les coûts du nouveau complexe hospitalier seraient respectés grâce notamment au «mode de gestion de projet retenu, la méthode Lean». 

La phase 2 du nouveau complexe hospitalier, qui vient d’être approuvée par le Conseil des ministres, coûtera près de 1,4 milliard $. Les travaux, qui débuteront dans les prochains mois, consisteront en la construction d’un pavillon en soins critiques incluant l’urgence, le bloc opératoire, les unités de soins intensifs et intermédiaires de même que tous les plateaux techniques associés. Cette deuxième phase comprendra également la recherche fondamentale en oncologie, l’hôtellerie et le réaménagement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. 

La phase 1 du projet, qui sera terminée en décembre 2020, consiste quant à elle en la construction d’un centre intégré de cancérologie, d’un bâtiment pour la radio-oncologie et du cyclotron, qui servira à répondre aux besoins de recherche du CHU de Québec et éventuellement à contribuer à l’approvisionnement en radio-isotopes médicaux.

Maquette du nouveau complexe du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval (CHU)

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Le nouveau complexe hospitalier

  • Coût total du projet : 1,97 milliard $, dont 1,78 milliard $ assumé par le gouvernement du Québec
  • Superficie brute totale du projet : 263 915 mètres carrés (excluant la superficie des bâtiments à démolir)
  • Travaux qui s’échelonneront jusqu’en 2025 (centre intégré en cancérologie, radio-oncologie, hôtellerie, cyclotron et plateforme clinico-logistique en 2020, soins critiques en 2023 et réaménagement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus en 2025)
  • Capacité supplémentaire, annuellement : 5000 chirurgies, 40 000 visites en cliniques externes, 39 000 consultations en oncologie, 6000 traitements d’hémato-oncologie et 20 000 examens en imagerie médicale