Le Women in Travel Summit, qui s’est terminé dimanche, a réuni 415 influenceuses qui sont venues partager leurs expériences, discuter des nouvelles tendances et échanger des astuces pour percer le marché.

415 influenceuses à Québec pour parler voyage

Goûter, vivre, voyager. Expérimenter, s’amuser, profiter. Écrire, photographier, filmer. Ainsi va la vie de l’influenceuse, vers qui l’oeil de l’Office du tourisme de Québec était tourné depuis plusieurs années.

En 2014, l’avion de Paule Bergeron atterrissait à Boston. La déléguée commerciale pour l’Office du tourisme de Québec (OTQ) allait assister au Women in Travel Summit, qui regroupe des centaines d’influenceuses en provenance des quatre coins du globe. Son objectif à terme: attirer le sommet dans la Capitale-Nationale. 

Aujourd’hui, Paule Bergeron peut dire mission accomplie, alors que le 18e sommet s’est terminé dimanche. 415 influenceuses sont venues partager leur expériences, discuter des nouvelles tendances et échanger des astuces pour percer le marché, fort compétitif. 

«D’abord, on s’autoproclame influenceuse. Une influenceuse, c’est une blogueuse qui a un auditoire et qui a beaucoup de crédibilité auprès des personnes qui la suivent. Elle a un pouvoir d’influence énorme», explique Mme Bergeron. 

Ces centaines de femmes voyagent partout dans le monde, mais surtout, leurs aventures sont suivies par des milliers de personnes, poursuit-elle. 

«Elles sont comme une amie. Ceux qui les suivent ont souvent des atomes crochus avec elles. Ils aiment les aventures qu’elle vit. C’est là que leur pouvoir d’influence prend autant d’importance.» 

Il y a cinq ans, avance Mme Bergeron, l’usage des médias sociaux et des plateformes de partage comme Instagram ou YouTube étaient relativement faible. «On appelait ça les new medias», raconte-t-elle. «Maintenant, j’appelle ça les now medias parce que c’est en utilisant ces moyens de communication que des influenceuses ont autant d’impact. 

Celles-ci rejoignent surtout des amateurs de voyage plus jeunes, qui recherchent une expérience nouvelle. Une clientèle ciblée par l’Office du tourisme, convient Mme Bergeron. 

«On observe une nouvelle génération de voyageurs, qui ont un esprit libre. Ils veulent laisser une trace», explique celle qui parcourt le monde pour faire rayonner la ville de Québec.

La déléguée commerciale partage la stratégie de l’OTQ pour attirer ces touristes plus jeunes, plus branchés et en quête d’authenticité. «Notre mise en marché est basée sur les expériences»: gastronomie, histoire, patrimoine, culture… L’Office de tourisme déploie beaucoup d’énergie pour capitaliser sur ce qui fait de la région une destination attrayante pour une clientèle en croissance. 

Milieu féminin 

«Et pourquoi autant de femmes?» demande Le Soleil. «Les femmes ont un grand pouvoir décisionnel dans le choix des destinations vacances», souligne Paule Bergeron. Elle cite une étude sur laquelle se base l’OTQ où on apprend qu’aujourd’hui, près de deux voyageurs sur trois seraient de sexe féminin. «Beaucoup de gens que je côtoie dans l’industrie touristique sont aussi des femmes», confie-t-elle. 

Sur la présence d’un si grand nombre d’influenceuses dans la capitale, Mme Bergeron se réjouit. La présence à Québec du Women in Travel Summit aura des retombées certaines, surtout en termes de visibilité, assure-t-elle. «Tout le monde se délecte de cette clientèle-là», témoigne Mme Bergeron. 

La prochaine rencontre du Women in Travel Summit aura lieu à Portland, dans l’État du Maine, en mai 2019. 

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DANIELLE DESIR, DE NEW YORK AUX QUATRE COINS DU MONDE

Danielle Desir vit au Connecticut, travaille à New York et occupe un emploi à temps plein dans le domaine financier. Elle possède une maison, un chien ainsi qu’une voiture. Elle n’est pas millionnaire et a dû payer des dizaines de milliers de dollars en dettes d’étude. Malgré tout, pendant les longs weekends, elle s’achète un billet d’avion et part pour la Norvège, l’Islande ou le Canada. 

Danielle Desir est suivie par près de 5000 personnes sur Twitter et plus de 2000 sur Instagram.

Danielle est une influenceuse, parmi tant d’autres, comme elle le souligne. Samedi soir, elle a sauté dans sa voiture et a conduit du Connecticut jusqu’à Québec pour assister au Women in Travel Summit. Récemment, elle a visité Oslo, en Norvège, durant une fin de semaine. 

«J’ai visité au total 24 pays, dont les Bermudes, la France, la Croatie», raconte celle qui partage ses aventures sur son blogue personnel. 

Près de 5000 personnes la suivent sur Twitter, plus de 2000 sur Instagram et 40 000 personnes visitent mensuellement son site Web, explique-t-elle. 

Tout a débuté en 2015 lorsqu’elle a décidé de joindre ses deux passions: la finance et le voyage. «Je parle essentiellement des finances personnelles en voyage. Comment planifier un budget, montrer qu’il est possible de partir en voyage même si on a des dettes d’étude… voilà le genre de sujet que je traite», avance la jeune blogueuse. 

«Je veux montrer aux gens qu’il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent pour voyager», assure-t-elle. 

Sa vie n’est pas comme celle des autres. Elle va peut-être travailler comme tout le monde, dit-elle, mais le reste du temps, elle se renseigne sur sa prochaine destination. Ce n’est pas tout: elle doit constamment veiller à répondre à ses amateurs, qui lui écrivent et lui posent des questions. 

Puisque son créneau est celui des finances personnelles en voyage, plusieurs personnes lui écrivent pour obtenir ses trucs et conseils, raconte la globe-trotter. Aussitôt qu’elle le peut, elle saute à bord d’un avion et s’envole pour de nouvelles contrées. 

«J’adore Québec, c’est très charmant», confie-t-elle. Même si sa visite aura été de courte durée, elle prend le temps de partager des moments de son séjour sur les médias sociaux. C’est ainsi qu’elle montre des photos prises plus tôt, dans lesquelles elle identifie son hôtel, les lieux visités… Elle offre à ses abonnés une vitrine pour Québec, juge la principale intéressée. 

«Dans peu de temps, je m’en vais en Nouvelle-Zélande. J’ai très hâte», confie la voyageuse. Entre-temps, elle devait rentrer à New York, car le travail, là aussi, l’attend dès lundi.