Au cours du dernier conseil municipal de 2015, l'administration Labeaume a décidé d'abolir un règlement qui oblige toute personne voulant guider des visites touristiques à obtenir un permis et à suivre une formation de 150 heures sur l'histoire de la ville.

30 guides touristiques sans permis épinglés à Québec

En attendant de voir quel sort la Ville de Québec réserve aux permis pour les guides touristiques, une trentaine de guides ont été épinglés pour avoir guidé sans permis dans les rues de la capitale. Mais aucune amende n'a été distribuée depuis le début de l'été 2016.
Au total, 275 interventions ont été officiellement répertoriées pour les mois de juin et de juillet auprès des guides touristiques, selon les chiffres du Bureau des grands événements de la Ville de Québec.
Dans la très large majorité des cas, la personne était titulaire d'un permis attestant une formation, de 150 heures, ce qui est obligatoire pour être guide touristique à Québec. En fait, seulement 35 vérifications ont nécessité des interventions plus poussées. 
Du lot, 30 guides exerçaient sans permis, 3 avec un permis échu ou non visible. Deux des interventions ne comptent pas, car elles touchaient des accompagnateurs dont le rôle n'est pas d'informer sur l'histoire et les attraits touristiques de Québec.
«Il y a donc eu 33 avertissements, mais aucun constat d'infraction», a dit la porte-parole de la Ville de Québec, Rose-Marie Ayotte. La plupart de ces avertissements ont ciblé des guides qui accompagnaient des groupes organisés, majoritairement pour une clientèle asiatique.
Il s'agit précisément de cette catégorie de voyagistes et de guides que l'administration Labeaume voulait accommoder en votant en janvier pour l'abolition du permis obligatoire pour être guides touristiques à Québec. 
Mais la décision avait soulevé un tollé au point où le changement au règlement n'a finalement jamais été soumis au vote des conseillers municipaux.
Les guides avec permis mais aussi des citoyens ont dit craindre pour la qualité de l'information fournie aux visiteurs pour la réputation de Québec, ville du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Devant l'impasse, la Ville de Québec a maintenu le statu quo du permis obligatoire cet été, lancé une consultation et confié à la Chaire de recherche en tourisme de l'Université Laval l'analyse des mémoires et des consultations qui ont eu lieu en juin. 
On saura dans le courant de l'automne quel scénario sera retenu. Pour l'instant, il semble que la perspective de maintenir le permis avec formation soit dans la mire, mais avec l'ajout d'un ou de plusieurs types de permis pour accommoder les grossistes étrangers qui fournissent leur propre guide. 
Selon Rose-Marie Ayotte, les 33 guides qui ont reçu un avertissement n'avaient pas l'intention d'enfreindre les règles.
«Ils étaient de bonne foi. Souvent, ils ne le savaient même pas que le permis était obligatoire», a-t-elle dit.
Dans son mémoire, l'Association des guides touristiques de Québec (AGTQ) plaide pour le maintient du permis obligatoire, mais avec la mise sur pied d'une formation courte qui permettrait «aux guides de l'extérieur qui font des visites dans des langues autres que le français et l'anglais d'obtenir une autorisation annuelle».
Peu d'inspecteurs
La porte-parole de la Ville de Québec reconnaît que le nombre de 35 avertissements n'est pas très élevé, mais il demeure sensiblement le même que l'an dernier, avec une légère hausse de 3 %, note-t-elle.
Et encore faut-il des inspecteurs pour surveiller. Or, ces régisseurs du Bureau des grands événements ne sont que deux, qui travaillent officiellement cinq heures par semaine pour vérifier si un guide a une carte et un permis au cou. 
Vice-présidente de l'AGTQ, Marie Legroulx, passe ses journées à guider des touristes alors que la saison bat son plein. Questionnée par Le Soleil sur ses observations depuis le début de la saison, elle affirme n'avoir jamais aperçu un guide contrôlé par un régisseur. «Je n'en ai pas vu», a-t-elle confié au Soleil, disant qu'il en est de même pour ses collègues.
Malgré tout, la guide d'expérience se dit sûre que la situation sera clarifiée l'été prochain et souhaite que soit retenue la proposition de son association, de conserver un permis obligatoire et d'instaurer une formation courte.
«Je sais que la Ville travaille fort et je crois vraiment qu'il y a un effort véritable, a dit Mme Legroulx. Il y a de la bonne volonté.»