Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

30 ans pour le Pignon Bleu: une existence toujours nécessaire [VIDÉO]

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Voilà 30 ans que l’organisme communautaire le Pignon Bleu fait une différence pour les familles moins nanties de Québec. Plusieurs années et une pandémie plus tard, l’insécurité alimentaire demeure une réalité à laquelle on doit s’attaquer.

L’organisme contribue à la sécurité alimentaire des familles plus défavorisées de la Capitale-Nationale. Même si des centaines de vies ont été améliorées, beaucoup reste à faire et l’équipe demeure motivée à poursuivre le travail.  

Plus de 30 000 enfants ont mangé sainement grâce à l’organisme depuis le 23 février 1991. Pas moins de 15 millions de collations santé ont été distribuées. Quelque 17 écoles et 21 camps de jours bénéficient de l’aide du Pignon Bleu, afin d’offrir une alimentation suffisante aux enfants.  

Pour célébrer le travail des dernières années, l’organisme compte lancer une programmation complète de festivités dès le mois de septembre. Mardi, l’équipe a servi 10 000 biscuits en forme de cœur auprès de sa clientèle et de ses partenaires afin de rappeler son attachement profond à sa communauté.  

«Notre objectif est de faire en sorte que les enfants ont tout ce qu’il faut pour grandir, que manger sainement ne soit plus un souci au sein des familles de la Capitale-Nationale, qu’elles soient équipées en sécurité alimentaire», soulève Roseline Roussel, directrice générale de l’organisme. 

«Dans la dernière année, on se rend compte que notre place est encore plus que nécessaire», confie-t-elle. 

La crise aura accentué le problème, assurément, mais l’augmentation des demandes se fait sentir depuis près de trois ans.  

«On a déjà ouvert une liste d’attente de familles qui souhaitent recevoir nos services, on n’a pas la capacité de les accompagner pour l’instant. On accompagne 17 écoles, on souhaite augmenter à 21», note Roseline Roussel. 

Le Pignon Bleu contribue à la sécurité alimentaire des familles plus défavorisées de la Capitale-Nationale.

L’organisme rêve assurément de voir le chiffre d’enfants dans le besoin diminuer, il s’agit de la raison de son existence. Cependant, il devra gonfler avant de fléchir. 

«On donne aussi des ateliers d’éducation en sécurité alimentaire et en nutrition, comment faire un budget et comment se débrouiller en cuisine avec peu. On croit qu’il y a un besoin d’aide alimentaire pour 11 000 enfants. On va mettre tous nos efforts pour que ce chiffre-là diminue, c’est l’objectif à long terme», exprime la directrice générale. 

Le Pignon Bleu accueille et accompagne actuellement 8000 jeunes.  

Réalité méconnue 

Plusieurs activités marqueront le 30e anniversaire, dont le lancement d’une campagne majeure de financement au moins de mars.  

Mme Roussel avoue que l’insécurité alimentaire demeure une réalité inconnue d’une grande partie de la population dans la région. 

«La pauvreté n’est pas quelque chose qui paraît dans le visage des gens, plusieurs personnes sont encore étonnées de cette réalité-là. Les gens sont surpris! Pourtant, les besoins sont là depuis longtemps», indique Mme Roussel.  

«On essaie de le mentionner le plus possible, de faire connaître cette insécurité-là.» 

Cette méconnaissance n’a pas empêché l’organisme de s’éloigner un peu de sa mission pendant la pandémie.  

Pour la première fois depuis son existence, le Pignon Bleu a offert de l’aide aux personnes âgées ou d’autres clientèles plus isolées. Les enfants de 0 à 12 ans et leur famille n’étaient pas les seuls à perdre leurs repères en 2020. En voyant la détresse causée par la première vague, l’organisme ne pouvait rester les bras croisés.  

«Nous avons tous notre mission près du cœur. C’était très naturel pour nous de mettre l’épaule à la roue. Les cuisines fermaient les unes après les autres… Nous on est restés debout. On a accompagné 22 organisations qui avaient pour but d’aider les aînés en situation difficile», raconte Mme Roussel.  

Le Pignon Bleu accueille et accompagne actuellement 8000 jeunes.  

Reconnaissance méritée 

La dernière année n’aura pas été facile pour le Pignon Bleu, comme pour tous les organismes communautaires. On a d’ailleurs réitéré l’importance de leurs services à maintes reprises pendant la crise sanitaire, ils ont tout autant été oubliés plusieurs fois. 

«On a vécu un essoufflement, mais on a eu un bel appui financier du gouvernement provincial et fédéral, j’espère aussi que la reconnaissance sera au rendez-vous», avoue la directrice générale.  

Amasser des sous demeure un combat à refaire chaque année. Le financement représente beaucoup de travail, mais Mme Roussel se dit positive.  

«Les paliers de gouvernement se rendent compte des efforts qu’on fait au niveau social et de la retombée directe qu’on a dans la communauté. La reconnaissance s’améliore. Je souhaite qu’on cesse de travailler en silo et qu’on se mette tous ensemble pour la population. On se croise les doigts pour que tous les efforts démontrés dans les derniers mois demeurent par la suite», termine-t-elle.