Une vue de la construction du nouvel amphithéâtre de Québec prise par le drone d'Éric Tremblay.

2013, dure année pour ExpoCité

ExpoCité a connu une année 2013 difficile. Une baisse du nombre d'événements présentés au Colisée Pepsi et au Pavillon de la jeunesse et des travaux qui nuisent à l'achalandage lors d'Expo Québec ont plombé les performances de l'organisation qui a empoché 3,3 millions $ de moins que prévu en revenus. «Ça augure mal pour l'amphithéâtre», s'inquiète l'opposition à l'hôtel de ville.
C'est la pire performance d'ExpoCité sur le plan des revenus depuis que ses activités ont été intégrées à la structure administrative de la Ville de Québec en début d'année 2011. Ceux-ci sont d'ailleurs en perte de vitesse constante depuis trois ans avec 17,2 millions $ en 2011 et 16,5 millions $ en 2012. Alors que la Ville avait prévu boucler l'année 2013 avec des revenus de 18,7 millions $, ce ne sont finalement que 15,4 millions $ qui ont abouti dans les coffres. 
La mauvaise performance de l'an dernier est expliquée par plusieurs facteurs, plaide la Ville. D'abord, ExpoCité s'est retrouvée au coeur du plus important chantier de construction de la capitale, celui de l'amphithéâtre. Cela a ralenti les ardeurs de plusieurs habitués d'Expo Québec qui ont dû composer avec un accès plus difficile au site et des espaces de stationnement en moins. Aussi, des travaux sur Soumande n'ont pas facilité la tâche. Tout cela a occasionné des pertes de 1,7 million $.
Même situation pour le Colisée et le Pavillon de la jeunesse
Le Colisée Pepsi et le Pavillon de la jeunesse n'ont pas connu les rendements escomptés non plus, avec des revenus moins généreux que prévu de respectivement 873000$ et 415000 $. Dans le cas du Colisée, on a noté une baisse importante du nombre de spectacles de grande envergure, particulièrement ceux pour lesquels plusieurs représentations sont à l'horaire. Le Colisée n'a accueilli que 58 événements en 2013, contre 75 en 2012 et 112 en 2011. Cela inclut les matchs des Remparts, y compris les séries éliminatoires. Au Pavillon de la jeunesse, le nombre d'événements a fondu de moitié en un an, passant de 16 en 2012 à 8 en 2013.
Une situation qui est loin de réjouir le maire Régis Labeaume, qui a exprimé sa déception la semaine dernière lors d'un plénier sur les résultats financiers de 2013. L'ancienne directrice générale par intérim Josée Garceau avait montré du doigt la baisse d'achalandage qui sévit partout au Canada dans l'événementiel.
Mais cette explication ne rassure par l'opposition à l'hôtel de ville. Le conseiller de Démocratie Québec Yvon Bussières s'inquiète pour l'avenir, dans un contexte où on est à bâtir un amphithéâtre de
400 millions $ qui justement doit se rentabiliser avec des spectacles.
«L'année 2013 vient sonner l'alarme sur ExpoCité. C'est inquiétant compte tenu de la vocation qu'on va donner à l'amphithéâtre. J'ai toujours dit que l'amphithéâtre va être un éléphant blanc s'il n'y a pas de club de hockey [de la Ligue nationale de hockey]. Tous ces événements qui sont à la baisse, ça n'augure pas bien pour une ouverture dans un an et quelques mois», tranche-t-il.
D'autant, rappelle-t-il, qu'en cas de déficit, la Ville doit en assumer la moitié, jusqu'à concurrence du montant du loyer. Celui-ci s'élève à 33 millions $ en l'absence d'une équipe de hockey, selon l'entente avec le gestionnaire Québecor.
Envisager la privatisation
«Est-ce qu'on a un marché pour autant de spectacles? L'année 2013 nous dit que non. C'est à se demander s'il n'y a pas saturation du spectacle? Même à la Saint-Jean, il n'y avait pas autant de monde que par le passé. Quand tu choisis un événement, tu ne vas pas à d'autres.»
L'opposition estime qu'il faudra se pencher tôt ou tard sur la privatisation d'ExpoCité. «Ce n'est pas un service qui est rentable. Je ne dis pas non à la privatisation. La Ville devrait peut-être se retirer du côté événementiel ou spectacle.»
C'est peut-être ce que conclura le comité de réflexion mis en place par l'administration Labeaume, avec Daniel Gélinas à sa tête, croit Yvon Bussières. «On va attendre que son comité nous donne ses réponses. Le maire a dit que 2014 devrait être meilleure. Il cherche à justifier son amphithéâtre. Ça doit l'énerver un petit peu. Moi, je trouve ça énervant pour les contribuables de la Ville.»
Il n'a pas été possible lundi de s'entretenir avec le conseiller responsable d'ExpoCité, Vincent Dufresne, qui n'était pas disponible. Josée Garceau non plus. Quant au nouveau dg, Raynald Bernard, en poste depuis avril seulement, il a décliné notre demande d'entrevue par l'entremise du service des communications de la Ville.