Bruno Marchand, président-directeur général de Centraide Québec-Chaudière-Appalaches

17 affiliations perdues en cinq ans chez Centraide

Au cours des cinq dernières années, 17 organismes sans but lucratif des régions de Québec et Chaudière-Appalaches ont vu Centraide cesser de les subventionner car ils ne répondaient plus aux critères de la fondation.

Bruno Marchand, président-directeur général de Centraide Québec-Chaudière-Appalaches, a indiqué hier qu’Action-Chômage Québec, que Centraide a cessé de financer après 43 ans de partenariat, était loin d’être le seul organisme à avoir récemment perdu son affiliation.

«Au cours des cinq dernières années, ce sont 17 organismes que nous avons cessé de financer. Notre politique est de ne pas nommer ces organismes afin d’éviter de leur nuire car la très grande majorité d’entre eux sont encore en fonction. Dans le cas d’Action-Chômage Québec, ce sont eux qui ont publicisé leur situation», a expliqué M. Marchand.

Il a précisé qu’aucun de ces 17 organismes n’avait perdu son affiliation pour des raisons de fraude ou de malversation. «Dans des cas de fraude ou de malversation, le retrait serait unilatéral, rapide et sans appel», a-t-il assuré.

Autres raisons

Dans certains cas, le retrait se fait plutôt en raison d’une vie associative déficiente, soit le conseil d’administration, le membership ou la vie démocratique. «Par exemple, il faut des réunions sur une base régulière, il faut que les membres participent à la vie démocratique et il ne faut pas que le président soit l’époux de la directrice générale», illustre M. Marchand.

Dans d’autres cas, c’est la reddition de comptes financière qui fait défaut. «On s’attend à ce qu’elle soit faite chaque année, histoire d’honorer la confiance de nos donateurs», poursuit le pdg. L’organisme doit aussi être capable de démontrer l’impact de ses actions. «Nous les rencontrons et leur posons des questions afin de pouvoir faire cette démonstration.»

Finalement, il arrive aussi qu’un organisme ne satisfasse pas les critères en matière de surplus accumulés. «Les organismes que nous finançons ne peuvent pas avoir 100%, 200% ou 300% de leur budget annuel dans des placements. Il faut que l’argent que nous leur donnons serve à accomplir leur mission. On permet d’accumuler un trois mois pour faire face aux imprévus, mais pas davantage», reprend M. Marchand.

Rigueur

«Nos donateurs s’attendent à ce qu’on soit rigoureux», poursuit Bruno Marchand, soulignant que les organismes visés ont l’occasion de se défendre via un mécanisme d’appel et qu’ils peuvent également travailler avec Centraide pour améliorer leur situation. Seuls les organismes qui refusent les constats de Centraide et sont incapables de démontrer que la fondation a tort se voient couper les vivres.

Un organisme qui perd ainsi son affiliation peut toujours tenter de revenir dans le giron de Centraide, mais la démarche devient alors beaucoup plus compliquée. «Il faut faire une demande au même titre que les nouveaux organismes. Nous en acceptons de nouveaux aux deux ou trois ans et la dernière fois, nous en avons accepté seulement dix sur 60 demandes», conclut M. Marchand, précisant que la fondation a aussi augmenté son aide à 170 autres organismes qu’elle soutenait déjà au cours des cinq dernières années.