1,5 million$ pour deux fenêtres sur le fleuve à Saint-Nicolas

Deux communautés religieuses qui souhaitaient que leurs chalets sur le bord du fleuve du Saint-Laurent conservent une vocation sociale ont décidé de les vendre à la Ville de Lévis.
Les Frères des Écoles chrétiennes et les religieuses de Jésus-Marie se départiront respectivement en 2018 et en 2020 de leurs terrains totalisant 28 000 mètres carrés à Saint-Nicolas.
La Ville de Lévis déboursera environ 1,5 million $ pour les deux propriétés, ce qui est bien en deçà des offres de promoteurs privés que les religieux et religieuses avaient déjà reçues, indique le maire Gilles Lehouillier, mais tout de même au-dessus de l'évaluation municipale.
C'est avec un pincement au coeur qu'Odile Fortin, supérieure provinciale des religieuses de Jésus-Marie quittera ce lieu où la joie «a imprégné les murs», a-t-elle soutenu en conférence de presse, mercredi. Elle a raconté que les soeurs l'utilisaient parfois en hiver, et descendaient leur bagage en glissant sur un traîneau. 
La Ville de Lévis souhaite perpétuer la mission de ces centres de villégiature situés sur le chemin du Quai et sur la rue du Moulin-Ross. Le chalet appartenant aux Frères des Écoles chrétiennes depuis 1947 reçoit plusieurs personnes âgées ou handicapées qui viennent se ressourcer pour une journée dans la nature. Encore cet été, 48 groupes sont attendus. 
Les religieuses ont quant à elle acquis leur chalet en 1963 afin que les membres de leur communauté oeuvrant dans l'enseignement puissent se reposer l'été. La communauté vieillissante le fréquentait moins ces dernières années, si bien qu'il s'est ouvert à des camps musicaux pour les jeunes et à des séjours de ressourcement et de réflexion pour des personnes démunies, notamment du quartier Saint-Roch, à Québec. Il a même servi de lieu de tournage récemment pour le film Paul à Québec.
Camps de jour
La Ville de Lévis veut que les enfants qu'elle accueille dans ses camps de jour puissent profiter de ces espaces qui comprennent des plages naturelles, des piscines et des sentiers en forêt. Elle aimerait également que la population puisse s'y rendre à pied ou en vélo en passant par les sentiers de Saint-Nicolas, qui sont en train de prendre forme un peu plus loin. 
La Ville prépare un Programme particulier d'urbanisme (PPU) pour le village de Saint-Nicolas et invitera bientôt les résidents du secteur à se prononcer sur la meilleure utilisation à faire de ces sites.
Chose certaine, le maire Lehouillier souhaite «conserver le côté bucolique» de l'endroit, si possible «à perpétuité». 
Le maire raconte que depuis une décennie, plus de 1000 nouveaux citoyens s'installent à l'ouest des ponts chaque année. «Il fallait qu'on fasse quelque chose pour équilibrer ce développement-là avec un volet qualité de vie», explique-t-il.
Comme à Saint-Nicolas, les berges du fleuve Saint-Laurent n'ont pas été protégées par le passé, la Ville jette un oeil attentif à toutes les transactions immobilières dans le secteur, question de redonner le plus possible l'accès au fleuve aux citoyens.