1,1 million$ pour le parc de la Pointe-De la Martinière

Trente ans après les premiers efforts de conservation, le parc de la Pointe-De la Martinière, à Lévis, aura droit à partir du mois d'août à des travaux d'aménagement. Environ 1,1 million $ sera investi d'ici l'an prochain pour construire une piste cyclable et un pavillon d'accueil.
La maire de Lévis, Gilles Lehouillier, et la conseillère Fleur Paradis en ont fait l'annonce mardi, à l'entrée de cet immense parc de 125 hectares du secteur Lauzon, qui borde le fleuve Saint-Laurent. 
La création de cette aire de détente, qui fait une fois et demi la superficie des plaines d'Abraham de Québec, trotte dans la tête de l'administration de la Ville de Lévis depuis plusieurs années. L'ex-maire Jean Garon avait transformé ces anciens terrains à vocation industrialo-portuaires en zone verte, et le plan d'aménagement dévoilé mardi ressemble au projet concocté par sa successeure Danielle Roy-Marinelli. 
Mais pourquoi rien n'a été fait depuis 10 ans, si les visées étaient claires? «À un moment, donné, il faut toujours tenir compte de la capacité de payer d'une Ville [...] Dans ce temps-là, il y avait d'autres formes de priorités», répond le maire Lehouillier.
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier est entouré de Jean-Guy Laroche, un des citoyens ayant à coeur la conservation du parc de la Pointe-De la Martinière, et de la conseillère municipale Fleur Paradis.
En 2016, 300 000 $ seront investis pour construire une piste cyclable de 1 km qui plongera les visiteurs dans le parc à l'ouest et qui sera reliée au parcours des Anses. En 2017, 822 000 $ permettront la construction d'un bâtiment d'accueil intégré à la nature, avec plafond gazonné, et l'amélioration des sentiers pédestres du secteur ouest. Le tout financé par la Ville de Lévis, le ministère des Affaires municipales et la Communauté métropolitaine de Québec. 
Les sentiers actuels sont déjà utilisés par la population locale, mais ils sont situés tout près d'une falaise, qui n'est pas sécurisée, et des jeunes s'y regroupent parfois le soir pour faire des feux et camper, une pratique qui est pourtant interdite. 
Voisins du parc, Jean-Guy Laroche et son épouse s'occupent bénévolement de le nettoyer et de le maintenir en bon état. «Moi, ça fait 30 ans que je marche ici tous les jours, à part quand il fait mauvais. C'est très beau et il y a un potentiel énorme», a indiqué M. Laroche en conférence de presse. 
Il ne compte toutefois plus le nombre de bouteilles cassées ou de déchets qu'il a ramassés au fil des années. «Là, ça s'en va dans la bonne direction!» s'enthousiasme-t-il. 
Long terme
Le maire Lehouillier est conscient que ce premier effort financier ne sera pas le dernier. «Il faudra peut-être encore 20 ans avant de pouvoir aménager complètement le lieu pour les générations à venir», a-t-il exprimé. Mais le jeu en vaudrait la chandelle. «C'est unique, c'est l'évasion totale assurée», ajoute-t-il. 
Composé de sections agricoles et d'autres boisés, le parc restera en bonne partie à l'état sauvage, le ministère de l'Environnement ayant une servitude de conservation à perpétuité sur une partie des lots. Par exemple, la Ville a dû retarder ses travaux d'un mois cet été pour ne pas déranger la période de nidification des 200 espèces d'oiseaux qui habitent le secteur. 
Îles-de-Boucherville
Au cours des prochaines années, le maire Lehouillier rêve que la Ville restaure une vieille grange du parc qui est toujours debout et loue une parcelle de terre à un agriculteur, qui pourrait élever des moutons par exemple. Cette idée s'inspire du Parc national des Îles-de-Boucherville. «J'ai trouvé ça tellement magnifique de voir des gens en train de faucher, alors que tu te promènes à vélo. C'est hallucinant, car t'es à 1 km de Montréal!» a-t-il commenté. La section agricole pourrait aussi être transformée en immense jardin communautaire. 
Pour la Ville de Lévis, il est important de redonner la Pointe-De la Martinière à la population, car elle constitue la plus ancienne zone d'occupation de la Rive-Sud du fleuve Saint-Laurent. Les sentiers qui s'y trouvent sont les reliquats des premiers chemins des premiers colons de Lévis, explique la conseillère Fleur Paradis.
Le parc de la Pointe-De la Martinière en cinq dates
1991 Lévis achète un premier lot à la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil
2004 Lévis achète un deuxième lot à la Société immobilière Irving
2006 Lévis achète un troisième lot au coût de 1 $ au gouvernement du Québec
2010 Un projet d'aménagement est présenté à la population
2016 Début des travaux
Déjà l'affluence à la Grande plée Bleue
<p>La Grande plée bleue fait partie d'un vaste ensemble de milieux humides de 3700 hectares, le plus grand de la région métropolitaine de Québec. </p>
Ouvert au public à la mi-juin, le sentier éducatif de la Grande plée Bleue, à Lévis, a déjà eu la visite de 1200 personnes. Cette tourbière géante située dans le secteur Pintendre est ouverte du mercredi au dimanche et ne peut être visitée qu'en petits groupes en compagnie d'un guide naturaliste, soit en avant-midi ou en après-midi. L'entrée est gratuite. 
«Dans ce contexte-là, on est vraiment contents de la réponse, les gens sont au rendez-vous!» s'est exclamé le maire Gilles Lehouillier en marge de l'annonce au parc de la Pointe-De la Martinière mardi. 
La Ville de Lévis fera le bilan de la première saison d'activités avec les membres de la Société de la Grande plée Bleue à la fin de l'été. «Une des contraintes qu'on a, c'est qu'il faut appeler pour réserver», évoque le maire. Il aimerait que l'an prochain, les visiteurs qui sont seulement de passage puissent eux aussi avoir accès à la tourbière. 
La Ville de Lévis projette également de construire un tout nouveau chalet d'accueil à la Grande plée Bleue, chalet qui pourrait être utilisé par les motoneigistes en hiver.