L’État québécois vient d’ailleurs d’octroyer 1 million $ pour les tests qui seront déployés au cœur de la cité, nous apprend un document récemment rendu public. 
L’État québécois vient d’ailleurs d’octroyer 1 million $ pour les tests qui seront déployés au cœur de la cité, nous apprend un document récemment rendu public. 

1 M$ pour engraisser le couvert végétal des vieux quartiers de Québec

La Ville de Québec lancera une série de projets pilotes afin d’identifier les tactiques les moins coûteuses pour engraisser l’anémique couvert végétal des quartiers centraux, pour faire pousser des arbres en lieu et place du bitume.

L’État québécois vient d’ailleurs d’octroyer 1 million $ pour les tests qui seront déployés au cœur de la cité, nous apprend un document récemment rendu public. «Les cinq quartiers ciblés sont Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Vieux-Limoilou et Vanier. Ces quartiers ont le plus bas indice de canopée; ils sont donc plus vulnérables aux effets de la chaleur.»

«Cette nouvelle subvention permettra à la Ville d’aller de l’avant pour mettre en place 9 projets pilotes», précise au Soleil le porte-parole David O’Brien. «Ces projets concernent la déminéralisation et le verdissement sur rues existantes. La Ville y fera l’expérimentation de nouvelles techniques et de bacs de plantation».

Il faut dire  la cime des arbres ne couvre guère qu’entre 10% et 13% des vieux quartiers. Loin de la moyenne de 32% dans l’ensemble du périmètre urbain de la municipalité, constate-t-on dans la Vision de l’arbre 2015-2025 de la mairie. 

Pollution et surchauffe

Pourtant, le centre-ville est affaibli par les méfaits de la pollution et de la surchauffe. «En plus d’être les plus densément peuplés et les plus restreints en matière d’espace, les quartiers centraux de Québec sont les plus affectés par l’augmentation de la fréquence des épisodes de chaleur accablante et de canicule en été occasionnant la croissance du phénomène d’îlots de chaleur», observe-t-on dans un feuillet remis aux élus l’automne dernier. «Considérant que les citoyens de cette zone sont les plus vulnérables face aux changements climatiques et aux enjeux de santé publique qui en découlent, la Ville de Québec souhaite intervenir. La déminéralisation, à des fins de verdissement, s’avère être une solution à prioriser pour contrer la problématique, comme le prévoit la Vision de l’arbre.»

Sauf que la facture considérable rebute les autorités municipales qui cherchent des méthodes de verdissement au rabais. «La création d’espaces pour aménager des sites de plantation viables pour les arbres de moyen à grand déploiement occasionne des enjeux budgétaires importants», lit-on. «L’objectif du projet pilote est donc d’expérimenter de nouvelles solutions innovantes qui auront un coût moindre à moyen et long terme.»

Patience

Il faudra cependant que nous soyons patients avant de voir les résultats des démarches expérimentales qui seront mises en œuvre au cours des trois prochaines années. L’augmentation de l’indice de canopée est un travail de longue haleine, particulièrement dans les quartiers centraux, où on observe actuellement l’indice le plus faible», fait remarquer David O’Brien. 

Il ajoute que le projet «Déminéralisation des quartiers centraux à des fins de verdissement et de santé publique» fera l’objet de consultations publiques quand les détails seront peaufinés.

La subvention du ministère de l’Environnement est de 999 494 $ pour les 9 projets dont le coût total sera de 1 432 614 $.

Selon la Vision de l’arbre 2015-2025, l’indice de canopée grimpera à 35% d’ici 5 ans à Québec.

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INDICE DE CANOPÉE

Indice de canopée dans le périmètre urbain de la Ville de Québec calculé en 2015 par l’administration municipale. L’indice de canopée correspond à l’espace occupé par la cime des arbres sur la carte de la capitale.

  • Beauport : 26%
  • Charlesbourg : 34%
  • La Cité-Limoilou : 17%
  • La Haute-Saint-Charles : 43%
  • Les Rivières : 27%
  • Sainte-Foy-Sillery : 35%
  • Ville de Québec : 32%

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LES BIENFAITS DE LA VERDURE URBAINE SUR LA SANTÉ

Dans son rapport Verdir les villes pour la santé des populations, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) identifie de très nombreux bienfaits des végétaux urbains. En voici des exemples : 

  • Les espaces verts sont bénéfiques pour la santé physique : réduction de l’obésité, de l’embonpoint et réduction de la mortalité associée à certaines maladies.
  • Santé mentale : réduction des symptômes de dépression et du stress. Bien-être mental, bonne humeur et vitalité.
  • Bénéfices sociaux : briser l’isolement social en créant des milieux de rencontres, diminuer la criminalité des quartiers. Aussi, la biodiversité influence indirectement la santé. Les bénéfices des espaces verts s’avèrent plus importants dans les secteurs plus défavorisés.
  • Pour les personnes âgées, la verdure permet une meilleure disposition pour la marche et réduit les risques de problèmes de santé chroniques.
  • Chez les enfants, le couvert végétal agit positivement en réduisant l’indice de masse corporelle (IMC) et en augmentant la pratique d’activité physique. Les espaces verts ont un impact sur la santé mentale des enfants en favorisant le calme, l’attention et la concentration en milieu scolaire, notamment pour les enfants aux prises avec un trouble du déficit de l’attention, et favorisent la réduction du stress. Chez les nouveau-nés, la présence de verdure dans l’environnement maternel a été associée à une diminution des risques périnatals.

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BIENFAITS ÉCONOMIQUES DES ARBRES

«Les services écologiques rendus par les arbres se traduisent par des dividendes économiques pour la Ville et ses citoyens», rappelle la Vision de l’arbre 2015-2025 de la Ville de Québec :

  • Augmentation de la valeur foncière des propriétés situées dans une rue paysagée.
  • Diminution des coûts de climatisation, aussi bien des résidences privées que des immeubles publics.
  • Économies sur la construction et l’entretien des infrastructures, notamment celles de drainage. 
  • Attrait récréotouristique et apport économique des parcs municipaux.

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D’AUTRES AVANTAGES DES ARBRES EN VILLE

  • Absorption des gaz polluants et captation des poussières en suspension. 
  • Réduction des îlots de chaleur: ces zones dominées par le béton et l’asphalte sont particulièrement néfastes pour les personnes âgées, peu mobiles et défavorisées. 
  • Production d’ombre: en plus de rafraîchir l’air, une large canopée protège des rayons UV nocifs pour la peau.
  • Réduction de la vitesse des vents : un effet qui se fait particulièrement sentir près des grands immeubles. 
  • Incitation à l’activité physique: un piéton ou un cycliste circulera plus volontiers dans une rue bordée d’arbres. 
  • Diminution du risque d’accident: les automobilistes ont tendance à rouler plus lentement dans les rues avec des alignements d’arbres. Lors de tempêtes, ces rues offrent une meilleure visibilité aux usagers.

Source : Vision de l’arbre 2015-2025, Ville de Québec