Le comité exécutif de la Ville de Québec a entériné ces dernières semaines 16 contrats de déneigement dans six arrondissements. Déjà une dizaine d'entre eux affichent des hausses de prix.

1 M$ plus cher pour déneiger les rues de Québec

La belle saison est vraiment terminée. Il en coûtera 1 million $ plus cher qu'espéré à la Ville de Québec pour déneiger ses rues l'hiver prochain.
Le comité exécutif a entériné ces dernières semaines 16 contrats de déneigement dans six arrondissements. Trois autres restent à venir. Déjà une dizaine d'entre eux affichent des hausses de prix. Les plus gros écarts sont constatés dans le sud de Val-Bélair et le secteur résidentiel de Vanier, où les plus basses soumissions sont 35 % plus élevées que les estimations des fonctionnaires de la Ville.
Pour l'ensemble des zones ayant fait l'objet d'un appel d'offres cette année, soit environ le tiers des rues de la ville, l'écart moyen entre les estimations (prix du dernier contrat + inflation) et les soumissions retenues est de 11,8 %, a révélé le vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien, jeudi. En dollars, c'est autour d'un million. 
Et encore, ça aurait pu être pire. Non satisfaite des prix obtenus dans quatre zones, la Ville a annulé un premier appel d'offres et est retournée sur le marché en limitant à un an la durée des contrats. Les prix soumis n'étaient pas vraiment plus avantageux, mais l'arrivée de nouveaux soumissionnaires et le jeu des attributions ont permis d'économiser 1 million $. 
M. Julien a énuméré quelques facteurs pouvant expliquer des écarts défavorables pour la Ville. Dans l'arrondissement de la Haute-Saint-Charles, par exemple, l'entrepreneur précédent avait joué du coude pour entrer dans le marché, si bien que les prix étaient sortis anormalement bas. À Beauport, il manquait du transport de neige dans les estimations. 
«Et à Limoilou, on avait omis une côte zéro, la côte de Marie-de--l'Incarnation», a mentionné le responsable des finances et des travaux publics. Les côtes «zéro» doivent être déneigées en priorité et avoir des équipements dédiés lors des tempêtes de neige pour éviter de les «échapper», pour utiliser une expression popularisée par le maire Régis Labeaume.
Une hausse inévitable
Cela n'explique tout de même qu'une partie de la hausse. La Ville a également constaté une augmentation des coûts d'entretien et de réparation des véhicules. «On surveille beaucoup plus nos entrepreneurs. L'année passée, ç'a été un hiver rigoureux. On a été très très près de nos fournisseurs. On les a beaucoup suivis. On s'est assurés qu'ils faisaient toujours un job de qualité. Ç'a eu un effet à la hausse sur les prix parce qu'ils faisaient plus de travail», a ajouté M. Julien. 
Cette explication, Le Soleil l'a entendue de la bouche de déneigeurs. Ils ont fait ressortir que les exigences de la Ville de Québec ont beaucoup augmenté ces dernières années tandis que les surveillants resserraient leur étau. Une hausse des prix était inévitable et devrait se poursuivre, selon eux. 
D'autant que la main-d'oeuvre est de plus en plus difficile à recruter. Les horaires imprévisibles et le travail de nuit ne plaisent pas aux jeunes camionneurs, qui préfèrent un emploi plus stable. Il faut payer plus cher pour garder nos employés, a témoigné un entrepreneur qui préfère garder l'anonymat.