Justice et faits divers

Une femme de 25 ans meurt dans un accident à Sainte-Brigitte-de-Laval

SAINTE-BRIGITTE-DE-LAVAL - Une femme de 25 ans est morte dans une collision routière entre deux véhicules survenue en milieu de soirée, mardi, à Sainte-Brigitte-de-Laval, au nord de Québec.

L’accident a aussi causé des blessures graves à un conducteur, tandis qu’un autre a été éprouvé par un choc nerveux.

Selon la Sûreté du Québec (SQ), vers 20h30, le conducteur d’une automobile en a perdu la maîtrise près d’une courbe sur l’avenue Sainte-Brigitte, qui traverse le centre de la municipalité. Le véhicule a alors été percuté par une camionnette qui roulait en sens inverse.

Malgré la gravité de ses blessures, le conducteur de l’automobile, âgé dans la mi-vingtaine, aura la vie sauve.

La jeune femme qui a succombé à ses blessures était une résidente de Sainte-Brigitte-de-Laval.

L’enquête de la Sûreté du Québec n’a pu établir jusqu’ici si les conditions météorologiques avaient contribué au dérapage.

La Capitale

La Guignolée des médias: pour sauver les paniers de Noël

Les traditionnels paniers de Noël de Moisson Québec, distribués depuis 30 ans aux familles défavorisées, sont menacés par la pénurie de denrées qui frappe les comptoirs alimentaires.

La Guignolée des médias se tiendra cette année le jeudi 6 décembre à l’heure de pointe du matin, dans plusieurs dizaines d’intersections routières de Québec et Lévis.

À l’occasion du lancement mardi de la collecte de fonds, la directrice générale de Moisson Québec, Élaine Côté, a souligné l’urgence d’agir pour regarnir les différentes banques alimentaires de la région.

À l’heure actuelle, Moisson Québec n’a pu recueillir qu’une faible quantité de denrées non périssables. Pas assez pour espérer donner des denrées supplémentaires aux 123 organismes locaux accrédités afin qu’ils confectionnent des paniers de Noël. La participation de la population à la Guignolée des médias est plus que jamais importante, a fait valoir Mme Côté. 

En plus de donner des sous ou des denrées aux 700 bénévoles qui seront présents dans les rues, la population pourra soutenir Moisson Québec en se procurant des pâtés à la viande signés La boucherie Le Boucan, mis en vente dans les Maxi au coût de 12 $. Tous les profits de cette vente seront remis à Moisson Québec.

La Capitale

Le Phare: Jean Rousseau prédit un cauchemar pour les automobilistes

Le conseiller municipal Jean Rousseau demande au gouvernement de suspendre le projet du Phare pendant au moins un an le temps de réfléchir à la reconfiguration de la tête des ponts, sinon les automobilistes vivront un enfer pendant 10 ans.

«Si nous ne prenons pas le temps de réfléchir aux aménagements qui s’en viennent, nous allons nous diriger tout droit vers un échangeur Turcot, c’est-à-dire un cauchemar pour la circulation automobile pour les 10 prochaines années», a plaidé Jean Rousseau, qui avait convoqué les médias devant le futur site du Phare sur la rue des Châtelets, à la veille de la consultation de la Ville sur le projet de la tour de 65 étages.

Selon le conseiller municipal, il n’y a jamais eu de présentation sur les impacts de la circulation. «On va avoir 13 200 autos chaque jour, matin et soir. Ça va être extrêmement difficile, la circulation. Le projet va avoir un impact énorme sur la configuration des autoroutes et c’est franchement bizarre qu’on refasse la configuration routière en fonction du Phare», déplore-t-il, alors que cela devrait être l’inverse, selon lui. 

M. Rousseau était accompagné de plusieurs citoyens du secteur, dont l’ancien conseiller municipal Henry Jenkins, pour interpeller le premier ministre François Legault et la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault. 

«Prétendre qu’il n’y aura pas d’impact, c’est impossible. Si on veut reconfigurer tout ça, ça voudrait dire qu’il faudrait exproprier tous les immeubles de ce quartier-là, qui est déjà à haute densité, puis reconfigurer aux seules fins d’un promoteur, à même les fonds publics. À un moment donné, il faut prendre le temps de réfléchir avant d’agir.»

M. Rousseau estime également qu’il faut penser à l’interconnexion avec la Rive-Sud. «Qu’est-ce qu’on fait pour relier la Rive-Sud à la Rive-Nord? Sur ce site, il va avoir le pôle d’échange où on va avoir 3200 places de stationnement, une station souterraine pour le tramway, des espaces avec les autobus, comment communique-t-on avec la Rive-Sud?» demande-t-il. 

Le Phare n’a pas fini de faire des remous. Une pétition contre le projet du phare a été mise en ligne le 20 novembre par une citoyenne, Anne Delpech. Au moment d’écrire ces lignes, déjà 63 personnes l’avaient signée.  http://chng.it/dLSSLL66fL

La Capitale

Sentier pédestre contesté dans le secteur de Neufchâtel Est

Plus d’une trentaine de propriétaires du secteur Neufchâtel Est demandent à la Ville d’annuler un projet de sentier pédestre prévu derrière leur résidence. Ils craignent une perte d’intimité, les risques de vol et une dévaluation de leur propriété.

Depuis 1981, les résidents des rues Courtois et Saint-Charles et de l’avenue André Malapart ont l’autorisation de la Ville d’utiliser à leur propre fin, en cour arrière, une partie d’un terrain municipal où passent des canalisations, entre l’avenue Chauveau et la rue Coursol. Pour la plupart, les lieux sont clôturés et gazonnés. Certains y ont même installé quelques équipements comme un foyer extérieur.

À la surprise de tous, la Ville a envoyé à l’été une mise en demeure, leur demandant de retirer toutes les installations, sous prétexte qu’elle veut aménager un sentier pédestre.

«Au départ, on devait tout avoir enlevé pour l’automne. Mais après avoir discuté avec des représentants, nous avons maintenant jusqu’au printemps», explique Annie Chabot, une résidente, encore choqué de cette annonce subite.

Dévaluation possible

Pour elle, le projet de l’administration Labeaume risque de dévaluer sa propriété et entraînera une perte d’intimité en plus de faire augmenter les risques de vol à cause de la facilité d’accès en cours arrière donnée à des personnes mal intentionnées. 

«Nous avons fait plusieurs suggestions à la Ville, mais c’est une fin de non-recevoir, déplore Étienne Labillois, un autre propriétaire affecté par la décision. Nous sommes prêts à faire des aménagements pour que la Ville puisse avoir accès plus facilement aux canalisations en cas de bris ou d’entretien, mais nous ne voulons pas de sentier pédestre», poursuit le résident, qui, comme ses voisins, a investi pour entretenir et aménager l’extension de son terrain.

Politique

Terres agricoles autour du troisième lien: le ministre Lamontagne inquiet

Si son parti veut construire un troisième lien routier entre Québec et Lévis, il devra s’assurer de le faire «selon les règles» qui protègent les terres agricoles, indique le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

Appelé à réagir à la position de l’Union des producteurs agricoles (UPA), qui s’oppose à la construction du troisième lien, le ministre Lamontagne s’est dit «certainement» préoccupé par la question.

Il est trop tôt selon lui pour savoir si ce grand projet routier aura une incidence sur les terres agricoles de Lévis et de Bellechasse. «Faudrait voir le résultat final […] Je ne connais pas l’étude, exactement les tracés.»

Le ministre Lamontagne indique toutefois qu’il s’intéressera à la question et qu’il fera part, «bien sûr», de ses préoccupations à ses collègues. «C’est la question de la protection des terres agricoles. Quand il y a des projets qui sont faits qui viennent mettre une pression sur les terres, il faut s’assurer que quand c’est fait, c’est selon les règles. Ce projet-là peut présenter ce potentiel-là. Mais c’est très embryonnaire encore.»

L’UPA opposée

Le président de l’UPA, Marcel Groleau, est quant à lui persuadé que la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis provoquera de l’étalement urbain et détournera des terres agricoles de leur mission. «Je ne connais aucun projet de transport au Québec qui n’a pas eu cet impact-là. À chaque fois, ce sont les terres agricoles qui écopent», déplore-t-il.

C’est pourquoi l’UPA s’oppose au projet. Une position qui reflète l’opinion traditionnelle de l’UPA, qui s’était aussi opposée au prolongement de l’autoroute 73 en Beauce. 

M. Groleau croit que le ministre Lamontagne a eu mardi «une position prudente et intéressante» sur le troisième lien, un projet qui fait pourtant partie des engagements de la Coalition avenir Québec pour la grande région de Québec. Le parti s’est engagé à commencer la construction de ce pont ou de ce tunnel, qui passerait à la pointe de l’île d’Orléans, d’ici 2022.

Le président de l’UPA croit que la protection du territoire agricole est un enjeu qui était jusqu’à maintenant absent de ce dossier, mais dont il faut discuter.

Entente Québec-Lévis

«À Montréal, la conscientisation pour les terres agricoles est plus grande. La communauté métropolitaine a pris comme engagement de ne pas toucher aux terres agricoles. Mais on n’a pas ça à Québec», commente M. Groleau. Le président de l’UPA croit que les villes de Québec et de Lévis doivent d’abord s’entendre sur la solution qui réduira la congestion routière et ensuite collaborer pour avoir une vision commune du développement durable de la région. L’UPA, tout comme des groupes écologistes, des urbanistes et des architectes, fait partie de l’alliance ARIANE, qui milite pour que le Québec se dote d’une Politique nationale d’aménagement du territoire.

La Capitale

Neufchâtel-Lebourgneuf: taxation et transport au coeur du débat entre les candidats

La taxation et la fluidité de la circulation, notamment la possible construction d’un tunnel à l’intersection des boulevards Robert-Bourrassa et Lebourgneuf, ont été les principaux thèmes au coeur du débat entre les candidats de l’élection partielle du district Neufchâtel-Lebourgneuf. Normal, alors que le débat de mardi se tenait devant quelques dizaines de membres du regroupement d’affaires Axe Lebourgneuf. Le secteur compte 900 bureaux et commerces qui emploient 20 000 travailleurs.

«Le taux de taxation est très préoccupant pour les commerçants, soutient Patrick Paquet, candidat de Québec 21, qui évoque le fait que les taxes ont parfois grimpé pour certains entre 60% et 125% depuis 2008. Les gens nous disent qu’ils sont pris à la gorge. Il faut les laisser souffler», poursuit celui qui préconise au minimum un gel de taxes, peut-être une baisse.

Le candidat pour l’Alliance citoyenne de Québec, Daniel Brisson, est plus tranchant, promettant une baisse des taxes commerciales de 4% sur deux ans. «C’est sûr que c’est un manque à gagner pour la ville, mais je suis certain qu’il est possible de couper dans les dépenses pour compenser la perte», explique-t-il, tout en soulevant le fait que des commerçants, surtout les plus petits, s’empêchent parfois de faire une embauche pour payer leurs taxes.

Tout au long du débat, Dominique Turgeon, d’Équipe Labeaume, la seule qui en est à sa première élection, avait la lourde tâche de défendre le bilan de l’administration actuelle. 

«Des taxes, c’est un mal nécessaire. Tout le monde trouve qu’il paie trop de taxes. Il faut rappeler que l’économie roule à plein et qu’on paie des taxes en proportion du commerce qu’on fait», estime-t-elle.

Au chapitre des transports, l’engagement de lundi d’Équipe Labeaume a refait surface. La candidate Turgeon soutient que l’amélioration de la fluidité du trafic à l’angle Robert Bourassa et Lebourgneuf passe par la construction d’un tunnel pour éliminer les feux de circulation à cet endroit. Robert-Bourassa passerait donc en sous-sol comme à la hauteur du chemin des Quatre-Bourgeois.

«La solution n’est pas là, avance M. Paquet. Il faut ajouter une voie dans chaque direction sur Robert-Bourassa entre Lebourgneuf et Chauveau.»

Le candidat Brisson convient avec lui que la solution n’est pas un tunnel. «Il faudrait aussi prévenir le gouvernement Legault qu’il devra payer 40 à 50 millions $ pour cette infrastructure. Je ne sais pas s’il est courant», a-t-il ironisé, devant l’incertitude d’une réponse favorable du ministère des Transports.

Pas de gagnant

Le débat a aussi donné lieu à quelques échanges plus corsés. 

M. Paquet s’est même offert une question à la façon Jean-François Lisée. Lors du dernier débat aux élections provinciales, l’ex-chef péquiste avait, hors sujet, demandé à la co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé, qui dirigeait véritablement son parti. 

Mardi, le candidat de Québec 21 a demandé à Mme Turgeon ce qu’elle pensait du départ de son prédécesseur Jonatan Julien. Ce à quoi elle a répondu n’avoir eu que de bons commentaires sur le travail de celui qui est maintenant ministre caquiste.

À l’inverse, M. Paquet n’a pas apprécié la déclaration de son adversaire qui dit vouloir offrir «le pouvoir, le poids politique d’Équipe Labeaume» aux électeurs du district. «On se croirait à l’époque de Duplessis», a-t-il commenté après le débat.

Les trois candidats ont offert une performance assez solide et honnête. Difficile de dire qui sort gagnant de ce débat pendant lequel, disons-le, MM. Paquet et Brisson semblaient un peu plus au fait des dossiers. 

Ce qui a même fait dire candidement à Mme Turgeon, à propos d’une interrogation sur la localisation de la centrale de police, «qu’elle ne connaissait pas les réponses aux questions il y a un mois.»

La Capitale

Intégrité et éthique: Québec 21 demande la création d’un bureau

À l’aube de la mise en place du plus grand projet de transport en commun avec le tramway, Québec 21 souhaite la création d’un bureau de l’intégrité des contrats et de l’éthique publique (BICEP) pour surveiller les contrats publics. Une demande rejetée par le maire de Québec.

Les deux élus de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Jean-François Gosselin et Stevens Mélançon ne soupçonnent pas de la corruption à la Ville de Québec, mais un inspecteur général pourrait enclencher des enquêtes et surveiller de plus près les contrats publics octroyés et les chantiers.

«L’idée, ce n’est pas de dire qu’il y a de la collusion à Québec. C’est d’être en mode proactif. On s’embarque dans de gros projets à Québec et d’autres villes l’ont fait, c’est un incontournable», a expliqué Jean-François Gosselin. 

Lundi, lors du point de presse d’avant conseil, Québec 21 a présenté les avantages d’un tel bureau en rappelant quelques évènements survenus dans le passé comme les cartels dans l’industrie du béton en 1995, la collusion entre 2006 et 2011 par huit firmes de génie-conseil révélée par la commission Charbonneau en 2013 et la transmission à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) d’un projet de métro aérien. 

«On pourra avoir un effet dissuasif pour que tous ceux et celles qui voudraient enfreindre les règles ne puissent pas le faire. C’est un outil de plus pour assurer la confiance des citoyens dans la gestion des deniers publics», a-t-il justifié.

Au Québec, seulement cinq villes possèdent ce genre de bureau, Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Longueuil et Terrebonne. Aux États-Unis, il en existe plus de 200. Le budget de fonctionnement du BICEP est évalué à 1,5 million $ par l’opposition.

Complémentaire

Québec 21 ne remet pas en cause le travail du vérificateur général avec la ligne de signalement, mais selon M. Gosselin, «on doit aller encore beaucoup plus loin». «La ligne de signalement, ce sont des citoyens qui appellent, et le VG peut enquêter, mais l’inspecteur pourra aller visiter des chantiers, comparer des prix. Le vérificateur c’est un comptable, il arrive avec un certain angle et l’inspecteur général, c’est un enquêteur. C’est vraiment un outil de plus. À Mont­réal, les deux collaborent», a-t-il mentionné.

Selon M. Gosselin, la création du bureau engendrera des économies. Il donne l’exemple du cartel de l’industrie du trottoir à Montréal. Avant 2014, la Ville payait 150 $ à 200 $ le mètre carré. Depuis 2016, Montréal paye 100 $ à 120 $ du mètre carré.  

Fin de non-recevoir 

Avant la tenue du conseil municipal, M. Gosselin a confié aux médias que personne, ni même le maire, ne pouvait être contre ça, même si la majorité des propositions de Québec 21 ont été rejetées par l’administration Labeaume jusqu’à présent lors des conseils municipaux. «Si le maire n’a rien à cacher, il sera d’accord avec notre proposition et nous aurons un Bureau de l’inspecteur général à Québec», a-t-il fait valoir.

Comme il fallait s’y attendre, le maire de Québec a rejeté la proposition de l’opposition. Selon M. Labeaume, Laval et Saint-Jérôme ont connu beaucoup de fraudes, ce qui n’est pas le cas de Québec. «Il n’y a jamais eu d’interventions politiques au service des approvisionnements. Et la surveillance des chantiers, Québec est spécialisée dans le domaine», a-t-il insisté.

M. Labeaume pense que l’opposition cherche à semer le doute et à impressionner avec l’inspecteur, mais cela ne sert pas à grand-chose parce que la Ville de Québec a engagé, le meilleur vérificateur général disponible et que la Ville n’a rien à se reprocher. «Il fait un travail extraordinaire et il a tous les pouvoirs d’un inspecteur général. Il peut aller sur les chantiers, il peut tout faire, a-t-il martelé. Dès qu’on a un doute, on appelle l’UPAC et on lui envoie le dossier.»

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La Capitale

Équipe Labeaume veut un viaduc à l'intersection Lebourgneuf–Robert-Bourassa

Équipe Labeaume est convaincue que la meilleure solution pour améliorer la fluidité de la circulation dans le secteur Lebourgneuf est la construction d’un viaduc à l’intersection du boulevard Lebourgneuf et de l’autoroute Robert-Bourassa.

Le maire de Québec a demandé lundi au ministère des Transports du Québec (MTQ) de s’engager pour cette solution et de payer pour la réalisation des travaux évalués entre 40 et 50 millions $. Selon Équipe Labeaume, il s’agit de la meilleure solution, même si d’autres scénarios sont à l’étude par le MTQ, dont les résultats seront connus à la fin de 2019.

«Ça va améliorer le quotidien des gens pas mal toute la journée», est persuadée la candidate d’Équipe Labeaume, Dominique Turgeon.

La Capitale

Tramway: la Ville octroie un contrat de 12,5 millions$ à une firme d'ingénierie

La Ville de Québec poursuit sa marche vers l’eldorado du réseau structurant de transport en commun de 3 milliards $ rêvé pour 2026. Elle vient d’octroyer un contrat de 12,5 millions $ à la filiale canadienne d’une firme d’ingénierie-conseil internationale, Systra.

«À Québec, nous savons faire beaucoup de choses, mais il faut reconnaître nos limites», a plaidé le maire de la capitale, Régis Labeaume, en conférence de presse lundi matin. Les autorités municipales ont donc voulu s’adjoindre des experts du secteur privé afin de les guider jusqu’à la mise en service du réseau de transport comportant un tramway de 23 kilomètres.

Systra a collaboré à l’implantation du tramway dans de nombreuses villes outre-Atlantique ainsi qu’en Amérique du Nord, fait valoir le maire : Nice, Tours, Lyon, Washington, Philadelphie, Alger, Casablanca…

Deux employés de Systra seront dépêchés à temps plein au bureau de projet du réseau structurant de transport pour 5 ans, peut-être 7 ans. L'entreprise se serait également engagée à mettre à contribution les travailleurs de ses autres filiales qui ont développé des expertises spécifiques dans les quelque 350 villes où ils ont oeuvré. «Il y a peu de choses qu’ils n’ont pas vécues», avance Régis Labeaume.

Au fait, est-ce que la firme Systra pourrait proposer un changement dans le tracé du Tramway pour répondre aux doléances de certains citoyens qui craignent le bruit, la perte d’intimité et une dévaluation de leur propriété ? «Ça m’étonnerait», répond clairement Régis Labeaume. «On connaît trop notre ville.»

La compagnie travaillera plutôt à la conception du tramway qui comportera notamment deux tunnels. Elle épaulera en parallèle le Réseau de transport de la capitale (RTC) dans l’électrification de ses véhicules.

«C’est une réelle révolution de la mobilité qui s’annonce à Québec», s’est enthousiasmé le président du RTC, Rémy Normand. «Nous sommes à l’aube de la plus grande révolution en transport en commun que la Ville a connue.»

Dans les mains de Bonnardel

La Ville a, par ailleurs, annoncé avoir déposé vendredi une version étoffée de son projet au ministre des Transports, François Bonnardel, afin que les différentes instances gouvernementales impliquées puissent dès maintenant l’analyser. La Mairie de la capitale espère ainsi que le gouvernement québécois aura le temps de s’approprier le dossier afin, ensuite, de faire une demande officielle de financement à Ottawa pour la construction. Dans ses plus beaux rêves, Régis Labeaume entend même le ministre fédéral des Finances nommer son réseau structurant de transport dans le budget printanier.

Parlant de budget, le maire assure que l’évaluation de 3 milliards $ tient toujours, qu’il n’y a pas de dépassement de coûts. KPMG, mandatée pour valider les chiffres présentés par la Ville, n’a toutefois pas encore livré son rapport.

Finalement, la Ville a conclu un autre contrat dans le cadre du projet de réseau structurant, pour des services juridiques cette fois. Le cabinet Norton Rose Fullbright recevra jusqu’à 375 000 $.

La Capitale

Pénurie de main-d’œuvre: à 6500 km de la perle rare [VIDÉO]

Entreprises québécoises recherchent travailleurs étrangers qualifiés, parlant français, motivés à quitter leur patrie pour s’installer dans une région où la pénurie de main-d’œuvre nuit à la croissance économique.

La pénurie de main-d’œuvre a fait la manchette en 2018. Le taux de chômage avoisine 3 % dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Plus de 17 000 postes sont à combler sur les deux rives. Pour certaines entreprises, la seule issue est de recruter à l’extérieur des frontières canadiennes.

Les représentants d’une soixantaine d’entreprises s’envoleront vers Tunis les 27 et 28 novembre et Paris les 1er et 2 décembre pour «dénicher les perles rares». Ils apportent dans leurs bagages 1019 offres d’emploi. Comme quoi le besoin est criant, ces entreprises sont prêtes à engager des frais entre 3000 $ et 10 000 $ pour chaque travailleur recruté. 

«Ça a pris 24 heures et on avait déjà atteint le nombre maximal d’entreprises qu’on pouvait accueillir pour des questions logistiques, explique Marie-Josée Chouinard, directrice attraction de talents chez Québec international (QI). L’enjeu est important. Certaines restent dans la région seulement parce qu’elles réussissent à recruter à l’international. D’autres m’ont dit qu’elles auraient dû participer avant parce qu’elles avaient perdu des contrats», ajoute-t-elle.

Depuis 11 ans, QI multiplie les missions, notamment dans certains pays francophones comme la France et la Tunisie. Depuis deux à trois ans, l’organisme accélère même sa courbe de recrutement. «Lors des premières missions en 2008, nous avions recruté 150 travailleurs. L’an passé, ce chiffre atteignait 400 et on souhaite terminer 2018 avec 600 travailleurs étrangers», précise Mme Chouinard. Parmi la quarantaine de missions accomplies depuis 11 ans, huit le sont cette année.

«J’étais très sceptique. C’était mon plan C. J’ai finalement été agréablement surpris par la qualité des candidats», lance Robert Dion, vice-président finances et administration chez Umano Medical à L’Islet, qui en sera à sa seconde mission. Celle du printemps a permis de recruter six travailleurs. Il souhaite retenir entre 4 et 10 candidatures parmi les 65 entrevues qu’il réalisera lors de la prochaine mission.

Les candidats sont présélectionnés avant l’arrivée des recruteurs. Et heureusement. À titre d’exemple, 17 000 candidats ont manifesté leur intérêt dans le cadre de la mission à Tunis. Québec international travaille en collaboration avec les organismes d’emploi des pays où se fait le recrutement. Par exemple, Pôle emploi en France, l’équivalent ici d’Emploi Québec. 

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