Philippe Couillard, lors de son dernier congrès libéral en novembre dernier.

La campagne 5-10-15 presse l'État de réformer les normes du travail

La campagne 5-10-15, militant notamment pour l'établissement d'un taux général du salaire minimum à 15$/heure, presse le gouvernement Couillard de déposer un projet de loi réformant la Loi sur les normes du travail, à l'aube de la rentrée parlementaire, le 6 février prochain.

Concrètement, la réforme que demande l'organisme comporte deux mesures qu'il juge «fondamentales» à un système économique plus juste.

La première d'entre elles consiste à ce que les travailleurs et travailleuses du Québec aient possibilité d'obtenir leur horaire «au moins cinq jours à l'avance». La seconde touche plutôt les congés: le groupe demande à l'État d'autoriser les travailleurs à disposer de dix jours de congé payés par année, soit pour maladie, soit pour responsabilité familiale. 

Actions urgentes

«La Loi sur les normes du travail n’a pas été réformée substantiellement depuis 2002. C’est pourtant une loi fondamentale au Québec et, malheureusement, elle offre une protection insuffisante à bien des égards, particulièrement pour les 60 % de personnes qui ne sont pas syndiquées», dit la porte-parole du Front de défense des non-syndiqué(e)s et co-porte-parole de la campagne, Mélanie Gauvin.

Même son de cloche pour sa collègue, Viriginie Larivière, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, qui souhaite rappeler au gouvernement, de par cette sortie publique, qu'il est temps de permettre à plus de gens de «souffler un peu» en déposant ce projet de loi au plus tôt. 

«S’il veut accorder une soupape de temps pour les gens au travail, selon les termes du premier ministre Couillard lui-même», c'est l'unique solution, explique-t-elle. 

Les femmes au premier plan

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, ajoute que ces deux améliorations seraient «particulièrement bénéfiques» pour les femmes, elles qui sont actuellement surreprésentées au sein des emplois à faibles revenus à l'échelle de la province. 

«Ce sont elles qui s’absentent le plus pour répondre à des obligations familiales également», note Mme. Chabot. En 2016, selon l’Institut de la statistique du Québec, une femme a dû s'absenter 74 heures, soit pour des raisons personnelles ou familiales, contre moins de 20 pour un homme, en moyenne. 

«On voit que c’est particulièrement flagrant dans le cas des familles monoparentales, dirigées à plus de 80 % par des femmes, qui vont profiter de cette avancée en connaissant à l’avance leur horaire», analyse lui aussi le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau.

Ces difficultés de conciliation causent un stress énorme aux aux familles, soutient également l'organisme 5-10-15. 

«Les travailleuses et les travailleurs ne devraient pas avoir à assumer de si lourdes conséquences pour leur santé et leur vie personnelle afin de garantir une plus grande flexibilité à leur employeur», conclut Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).