Françoys Bernier à la fin des années 70, devant le Domaine Forget, qu’il a fondé. La salle baptisée en son nom, tout comme le titre donné aux grands donateurs, ont changé d’appellation quelques heures après la publication de témoignages de femmes ayant dénoncé les gestes du chef d’orchestre.

La Bourse Françoys-Bernier rebaptisée

À l’issue d’un processus de réflexion, l’Université d’Ottawa a décidé de changer le nom de la Bourse Françoys-Bernier, remise chaque année à un étudiant franco-ontarien du Département de musique.

Fin octobre, Sophie Bernier, la nièce du fondateur du Domaine Forget, a témoigné avoir subi des attouchements fréquents pendant trois étés, alors qu’elle était mineure et qu’elle habitait à la résidence du réputé chef d’orchestre. D’autres femmes ont aussi raconté avoir eu maille à partir avec le maestro.

Une de ses propres sœurs, entre autres.

Françoys Bernier a dirigé l’Orchestre symphonique de Québec de 1966 à 1968, il a cofondé l’École de musique de l’Université d’Ottawa en 1969. Il a créé en 1977 le Domaine Forget, qu’il a dirigé jusqu’à sa mort en 1993. L’académie s’est dotée en 1996 d’une salle de concert, baptisée en son honneur.

Quelques heures après la publication des témoignages,le Domaine Forget a annoncé qu’il se dissociait du nom de son fondateur. La salle Françoys-Bernier est devenue la salle du Domaine Forget et les grands donateurs, qui recevaient le titre de «partenaires de Françoys Bernier», sont dorénavant des «compagnons du Domaine Forget».

La ville de Québec a recommandé aux membres de la Commission de toponymie de trouver un autre nom à la rue Françoys-Bernier. 

Jeudi dernier, l’Université d’Ottawa a emboîté le pas et pris la décision de modifier le nom de la bourse d’études qu’elle remet à un étudiant francophone méritoire de l’École de musique qui entame la troisième ou la quatrième année du baccalauréat en musique ou du baccalauréat en arts, spécialisation en musique.

La bourse étant financée par un organisme distinct de l’Université d’Ottawa, il a fallu plus de temps pour consulter les parties concernées.

À la lumière des gestes qui sont reprochés au cofondateur de l’École de musique, l’université a tranché en faveur d’un nouveau nom. «La proposition suggère que la bourse soit renommée Bourse en éducation musicale pour étudiants francophones. La formulation exacte n’est pas encore officielle, mais ce serait ça ou très similaire», explique Néomie Duval, gestionnaire des relations avec les médias de l’université.

Du côté de l’Ordre national du Québec, dont Françoys Bernier a été fait chevalier peu de temps avant son décès en 1993, aucune décision n’a été rendue publique. Selon les informations obtenues, les membres du comité décisionnel de l’Ordre pourraient être appelés à discuter du sujet lors d’une prochaine rencontre.