Pierre Gravel directeur général de la Bouchée généreuse.
Pierre Gravel directeur général de la Bouchée généreuse.

La Bouchée généreuse cherche plus grand

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
Installée depuis six mois au Centre de foires d’Expo Cité, prêté gracieusement par la Ville de Québec, la banque alimentaire La Bouchée généreuse est à la recherche d’un nouvel endroit pour reloger ses activités. En raison de l’accroissement de la demande, le directeur général de l’organisme communautaire, Pierre Gravel, ne peut imaginer retourner dans son an local du boulevard Hamel.

Jeudi avant-midi, alors qu’une file de gens dans le besoin attendait sous une pluie battante pour rentrer à l’intérieur afin de quérir des denrées alimentaires, M. Gravel explique au Soleil que La Bouchée généreuse ne peut plus remplir adéquatement sa mission s’il ne trouve pas à se reloger dans plus grand. Les mesures sanitaires strictes en vigueur ne pourraient non plus être appliquées comme c’est le cas actuellement.

«Je ne peux retourner dans l’ancien local pour la distribution de denrées. Là-bas, on n’est pas à deux mètres de distance, on est à deux coudes...»

Des rencontres ont déjà eu lieu avec la Ville afin de trouver une solution. Tôt ou tard, car viendra un moment où la pandémie prendra fin, La Bouchée généreuse devra plier bagage. M. préfère ne pas être pris au dépourvu. «On a été reçus comme des rois, mais je ne veux pas attendre qu’on me renvoie, je veux partir de moi-même.»


« Je ne peux retourner dans l’ancien local pour la distribution de denrées. Là-bas, on n’est pas à deux mètres de distance, on est à deux coudes... »
Pierre Gravel directeur général de la Bouchée généreuse

Le futur centre de distribution devrait compter environ 6000 pieds carrés, explique le directeur général, alors qu’autour de lui un bataillon de bénévoles s’affairent à garnir les tables de denrées. Un critère primordial est l’emplacement. M. Gravel ne peut envisager de s’installer ailleurs que dans le secteur de Limoilou. 

«La Bouchée généreuse a été fondée ici et je ne veux pas partir. Si on s’en va ici, on ne pourra plus servir notre monde. On s’éloignerait de notre mission première.»

Chaque semaine, l’organisme nourrit gratuitement quelque 500 familles des environs. La pandémie n’a pas fait diminuer les besoins, bien au contraire. M. Gravel note que de plus en plus de jeunes font appel aux services de la Bouchée généreuse. À l’inverse, les gens plus âgés ne viennent presque plus. «Peut-être qu’ils ont peur de sortir (à cause du virus)», avance M. Gravel.

Tout a été déployé afin qu’aucune éclosion de COVID ne survienne lors de la distribution hebdomadaire. Port du masque, distanciation physique, gel désinfectant et lavage des mains à deux reprises une fois à l’intérieur du Centre de foires, on ne veut courir aucun risque.

Comme tout le monde, Pierre Gravel a hâte que le virus ne soit plus qu’un mauvais souvenir. «C’est dur, mais le boss d’en haut va nous régler ça, va falloir l’appeler, lance M. Gravel avec humour. J’ai le numéro de sa ligne privée : 1-800-CIEL.»