Jusqu’à maintenant, plus d’une vingtaine de personnes auraient contracté le virus au bar Kirouac.
Jusqu’à maintenant, plus d’une vingtaine de personnes auraient contracté le virus au bar Kirouac.

Karaoké et éclosion au bar Kirouac: inacceptable, selon le ministre de la Santé

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, juge «inacceptable» la soirée de karaoké qui se serait déroulée au bar Kirouac de Québec et qui serait à l’origine d’une éclosion de COVID-19. Celle-ci avait dépassé la vingtaine de cas positifs, lundi.

En conférence de presse, le ministre Dubé a affirmé que 10 des 140 cas de COVID-19 recensés au Québec au cours des 24 dernières heures étaient liés au bar Kirouac, dans le quartier Saint-Sauveur.

Jusqu’à maintenant, plus d’une vingtaine de personnes (clients et membres du personnel) auraient contracté le virus. Toutes les personnes ayant fréquenté le bar entre le 22 et le 28 août ont été invitées à se faire tester, et tous les cas positifs ainsi que leurs contacts proches ont été mis en isolement. 

La Direction de santé publique de la Capitale-Nationale a confirmé lundi que l’hypothèse de la soirée de karaoké était «plausible», mais elle n’était pas prête à imputer exclusivement l’éclosion à cette activité, «qui demeure quand même à haut risque puisqu’elle implique chants et cris». 

Samedi, le propriétaire du bar Kirouac, Lucien Simard, avait annoncé sur sa page Facebook que l’établissement serait fermé jusqu’à mardi afin de procéder à sa désinfection, des cas de COVID-19 ayant été recensés chez des clients. Lundi, il a indiqué avoir pris la décision de laisser le bar fermé jusqu’au 9 septembre inclusivement. 

«Nous ferons une deuxième désinfection complète du bar pour notre sécurité à tous! Personne ne nous demande de fermer ou quoi que ce soit d’autre mais nous ferons tout pour que vous vous sentiez en sécurité! Prenez soin de vous tous et soyez assurés que nous pensons à vous! Bonne convalescence à ceux et celles qui sont infectés!» peut-on lire sur la page Facebook du bar Kirouac.

C’est pour ses clients, sa «famille» comme il l’appelle, que Lucien Simard a pris l’initiative de fermer le bar rapidement, a-t-il dit au Soleil, dimanche soir. Sa clientèle est composée majoritairement de gens âgés entre 60 et 80 ans, expliquait-il. M. Simard se disait d’ailleurs peiné d’avoir appris que l’un de ses clients se trouvait hospitalisé en raison du virus. 

Lucien Simard disait ne pas savoir comment le virus avait pu atteindre son établissement, soutenant que les mesures dictées par la santé publique étaient appliquées entre ses murs. 

«Les employés ont le choix de porter visière et masque ou masque et lunettes. Les clients, eux, ils portent le masque en entrant et ont le droit de l’enlever une fois assis, comme ailleurs. Les musiciens qui viennent au bar la fin de semaine jouent derrière un plexiglas», illustrait le propriétaire du bar Kirouac, en affaires depuis 22 ans.

Le ministre Christian Dubé n’a pas hésité lundi à associer l’éclosion aux activités de karaoké qui se déroulent dans l’établissement. 

«C’est une soirée où les gens se connaissent, où des amis se partagent [un micro]. C’est pas correct, et c’est vraiment pénalisable. Ça a l’air de rien, mais c’est 10 cas dans nos 140 d’aujourd’hui, et ce sera peut-être 15 dans nos cas de demain», a déploré le ministre de la Santé, selon qui les gens doivent réaliser que ce qu’ils font ont un impact sur leur entourage, sur les équipes de santé publique, voire sur les écoles. 

«Il faut vraiment être prudent, et s’il le faut, on ira du côté des pénalités», a mentionné le ministre. 

Au bout du fil, lundi, le propriétaire du bar Kirouac a fait part de son intention de mettre fin aux soirées karaoké le dimanche. «Il y avait des mesures, comme la désinfection du micro […]. Et mon bar est à 30% de sa capacité. On a 32 places au lieu de 100», a-t-il indiqué.

S’il convient que les activités de karaoké ne sont idéales en période de pandémie, Lucien Simard affirme qu’il «ne pourra pas «empêcher les gens de chanter à leur table, par exemple». «Si je fais ça, il n’y a plus personne qui va venir ici, les gens vont rester chez eux», expose-t-il.

31 nouveaux cas dans la Capitale-Nationale, un décès

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale recensait lundi 31 nouveaux cas confirmés de COVID-19 et un nouveau décès depuis la publication de son dernier bilan, vendredi. Parmi ces cas, 17 sont liés à l’éclosion du Kirouac, et 14 ont été recensés dans la communauté, dont trois concernent des élèves du secondaire (les données datent de dimanche). 

Depuis le début de la pandémie, la Capitale-Nationale compte 2062 cas confirmés de COVID-19. Parmi ces 2062 personnes infectées, 1772 sont rétablies, 197 sont décédées et quatre sont hospitalisées, dont aucune aux soins intensifs. Le nombre de cas (confirmés) actifs dans la région s’élève donc actuellement à 93.

Le CIUSSS rappelle que toute personne présentant des symptômes pouvant s’apparenter à ceux de la COVID‐19 peut contacter le 418 644‐4545 pour obtenir un rendez‐vous de dépistage, ou se présenter sans rendez‐vous au Centre de dépistage de Place Fleur de Lys tous les jours de 7h à 20h ou au Centre d’ExpoCité de 8h à 16h.

Cinq nouveaux cas dans Chaudière-Appalaches

De son côté, le CISSS de Chaudière-Appalaches a signalé lundi cinq nouveaux cas confirmés de COVID-19 depuis la publication de son dernier bilan, vendredi, portant à 610 le nombre total de personnes infectées dans la région depuis le début de la crise sanitaire. De ce nombre, 584 sont rétablies, une est hospitalisée aux soins intensifs et huit sont décédées. On compte donc 18 cas (confirmés) actifs à l’heure actuelle dans la région.  Avec Émilie Pelletier