Le père de la victime, Jacques Gagnon, tente de consoler sa petite-fille Billie.

Véhicule tombé dans la rivière Sainte-Anne: des proches inconsolables

Billie De Nittis Gagnon et son grand-père, Jacques Gagnon, regardaient la rivière Sainte-Anne, mardi, comme s'ils cherchaient à comprendre. La jeune fille de 14 ans venait tout juste d'arriver de Montréal. Elle avait parcouru les 725 km qui la séparent de cette rivière qui a emporté son père, Mike Gagnon, dimanche. Son corps a été retrouvé près de 24 heures plus tard.
Mardi soir, la dépouille de Daphnée Lévesque, la fillette de deux ans qui était avec lui dans le véhicule qui a sombré, n'avait toujours pas été retrouvée.
Billie est inconsolable. Elle peine à trouver les mots pour décrire combien elle est dévastée. «Je suis triste, réussit-elle à dire entre deux sanglots. C'est vraiment choquant. Je le crois même pas. Tout le monde me dit qu'il est parti, mais ça me rentre pas dans la tête.»
C'était important, pour elle, de voir les lieux où le drame s'est joué, alors que son père Mike a voulu aller secourir un ami qui était incapable de revenir à cause de la route qui était inondée, dans le secteur de Saint-Joseph-des-Monts. «C'est important aussi, pour moi, de le voir», laisse tomber l'adolescente, la voix étranglée par l'émotion.
«Il passait du temps avec nous et voulait toujours le mieux pour ses enfants, dit-elle en parlant de son père. Il nous aimait beaucoup, de tout son coeur. C'était une bonne personne.» Outre Billie, Mike Gagnon était le père de Mathys, 4 ans, et de Jacob, 15 mois.
Le père de la victime, Jacques Gagnon, tente de consoler sa petite-fille. Il la serre dans ses bras, lui répétant combien elle est belle et forte. Mais M. Gagnon n'a pas moins de chagrin. «Ils ont trouvé le corps, mais ça n'enlève pas la peine, avoue-t-il. Il n'est plus là. Il était tout le temps avec moi. Il allait à la chasse avec moi. Une chance qu'on l'a trouvé. J'avais peur qu'on retrouve pas le corps. Là, j'espère qu'ils vont trouver la petite.»
Selon le paternel, cette tragédie aurait pu être évitée. «Mike avait trop bon coeur, dit-il. Il a mal calculé ses affaires. Je sais pas à quoi il a pensé. Il aurait dû appeler la Sûreté du Québec, qui serait venue les chercher.»
Pour M. Gagnon, cette rivière est maudite. Son oncle, Édouard Gagnon, s'est également noyé dans le même secteur, il y a une vingtaine d'années. 
Une trentaine de policiers de la Sûreté du Québec ont ratissé le bord de la rivière toute la journée de mardi à la recherche d'indices leur permettant de localiser le corps de la bambine, mais en vain. Encouragés par le débit de la rivière qui a baissé et la pluie qui a cessé, les agents reprendront leurs recherches tôt mercredi matin, pour une troisième journée.
Nouvelles inondations?
Les prévisions météo laissent craindre de nouvelles inondations. «C'est principalement au courant des 24 prochaines heures que ça va tomber ou jusqu'à jeudi matin dans certains secteurs, explique le météorologue d'Environnement Canada Jean-Philippe Bégin. Une dépression est en train de monter à partir de la Nouvelle-Écosse. Elle a envahi le Nouveau-Brunswick cet après-midi.» La péninsule gaspésienne devait être touchée à compter de mardi soir. «De façon générale, c'est de 15 à 20 mm qui sont attendus pour Sainte-Anne-des-Monts, indique-t-il. Ça en rajoute. C'est sûr que c'est rien pour aider!» Le ministre responsable de la Gaspésie, qui est venu constater l'ampleur des inondations et apporter son soutien à la population touchée par la tragédie, s'est dit préoccupé par les précipitations à venir. «Il y a les Chic-Chocs, derrière, précise Sébastien Proulx. Il y a eu énormément de neige dans le Parc de la Gaspésie, cet hiver. Cette neige-là, elle fond. Ça alimente les rivières.»