Des propos islamophobes ont été inscrits sur plusieurs des œuvres du photographe Éric Côté, présentées dans le contexte d’une exposition sur la place éphémère du pont Dorchester, qui relie les quartiers Limoilou et Saint-Roch.

Vandalisme anti-islam sur une exposition de photos à Limoilou

L’unité des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) enquête sur des actes de vandalisme anti-islam contre une exposition de photos sur le pont Dorchester.

David Poitras, porte-parole du SPVQ, confirme qu’une plainte a été reçue mardi matin. «Dans toute plainte où il y a des soupçons de caractère haineux, c’est l’unité des crimes majeurs qui prend en charge l’enquête», précise-t-il. 

Des policiers se sont rendus sur place mardi matin pour photographier les graffitis.

Les propos islamophobes ont été inscrits sur plusieurs des œuvres du photographe Éric Côté, présentées dans le contexte d’une exposition sur la place éphémère du pont Dorchester, qui relie les quartiers Limoilou et Saint-Roch.

Sur la photo d’une famille musulmane, les passants peuvent par exemple lire : «Invasion barbare. Ce n’est pas au Québec de s’intégrer à l’islam.»

L’exposition photo de M. Côté, intitulée Visages de la diversité, documente l’accueil des réfugiés, leurs premiers pas à Québec et le quotidien de familles immigrantes déjà établies à Québec. L’exposition est produite par la Ville de Québec. 

Joint par Le Soleil, le photographe a dénoncé des «actes de violence» envers les familles qu’il a photographiées. «Je trouve ça déplorable, décevant, irrespectueux», a déclaré M. Côté.

C’est la deuxième fois que ses photos sont vandalisées depuis le lancement de l’expo, le 20 juillet. Mais c’est la première fois qu’elles sont la cible de propos islamophobes. «J’osais espérer que ça n’arriverait pas», dit Éric Côté. 

Le photographe et la Ville avaient songé à enduire les photos d’un vernis protecteur contre les graffitis. Mais ils avaient laissé tomber l’idée pour ne pas nuire à la qualité de l’image.

Piétons choqués

Mardi, plusieurs piétons qui traversaient le pont Dorchester étaient choqués par les actes de vandalisme sur ces photos, qui embellissaient leur traversée matinale depuis un mois et demi. 

«Je trouve ça vraiment dommage», dit Michelle Jacob, estimant que le vandale était très «étroit d’esprit». «C’est des propos racistes, je trouve que c’est épouvantable. En 2018, ça n’a pas lieu d’être», renchérit Hélène Couturier. 

Mme Jacob et M. Côté craignent que le ou les vandales se soient inspirés d’un certain discours d’intolérance envers les immigrants durant la campagne électorale. 

L’exposition Visages de la diversité est censée se poursuivre encore une ou deux semaines sur la place éphémère du pont Dorchester. 

Pour l’instant, des ratures ont été dessinées par-dessus les propos racistes, mais ceux-ci n’ont pas été nettoyés.

Lundi soir, Éric Côté a tenté d’effacer les graffitis avec de l’alcool à friction. En vain.

Plusieurs oeuvres du photographe Éric Côté ont été vandalisées. Sur la photo d’une famille musulmane, on peut par exemple lire : «Invasion barbare. Ce n’est pas au Québec de s’intégrer.»