Une soirée olé olé entre ados finit au tribunal

Une soirée olé olé entre ados peut finir au tribunal, et ce, même si tout le monde est parfaitement d'accord.
Fin août 2016. Léa-Rose*, 12 ans, passe la dernière semaine de vacances chez son amie Sophie*, 15 ans. 
Dans la nuit du mardi au mercredi, les deux adolescentes de Québec décident d'aller au dépanneur. Le père de Sophie dort à poings fermés.
Sur le chemin du retour, elles croisent quatre gars à bord d'une voiture. Ces derniers abordent Léa-Rose et Sophie et les invitent à finir la soirée avec eux. 
Les filles embarquent et tout le monde se rend chez Sophie. Lorsque les fêtards, âgés entre 17 ans et 19 ans, demandent leur âge aux jeunes filles, Léa-Rose et Sophie vont se vieillir chacune d'une année.
Léa-Rose n'avait jamais couché avec un garçon avant cette nuit-là. Elle aura une première relation sexuelle avec Nick*, 17 ans, dans la maison puis avec Sam*, 17 ans, dans un cabanon, dans le fond de la cour, sous le regard des autres.
Léa-Rose aura aussi des échanges sexuels avec Marco*, 19 ans. 
Sophie, elle, aura des relations sexuelles avec les quatre jeunes hommes, successivement. 
À un moment, Sam sort son téléphone cellulaire et filme Sophie, nue, en train de faire une fellation à un des garçons.
Un peu plus tard, il montre les images à ses copains, qui vont lui recommander d'effacer la vidéo. Ce qu'il a fait environ deux semaines plus tard.
C'est le père de Léa-Rose qui a porté plainte à la police, quelques semaines après l'événement.
Pas de consentement
Les deux jeunes filles désiraient les relations sexuelles, a précisé lundi le procureur de la Couronne Me Hugo Breton, lors du retour à la cour de Sam. Et jamais les jeunes hommes n'ont utilisé de violence, de drogue ou d'extorsion pour soutirer des faveurs.
L'âge seul de Léa-Rose suffisait pour rendre cette fin de soirée criminelle aux yeux de la loi.
Au Canada, l'âge de consentement aux activités sexuelles est de 16 ans. Le ministère de la Justice fédéral précise qu'une jeune personne de 12 ou 13 ans peut consentir à des activités sexuelles avec un partenaire dans la mesure où le partenaire est de moins de deux ans son aîné et qu'il n'y a aucune relation de confiance, d'autorité ou de dépendance ni aucune forme d'exploitation de la jeune personne. 
En raison de la différence d'âge avec ses amants d'un soir, Léa-Rose n'était pas en mesure, contrairement à son amie Sophie, de consentir à une relation sexuelle.
L'air sombre, les sourcils froncés, Sam a plaidé coupable aux accusations de contacts sexuels et de production de pornographie juvénile.
La juge Sylvie Côte lui imposera sa peine à la fin novembre. D'ici là, son coaccusé Nick devrait aussi avoir reconnu sa culpabilité devant la chambre de la Jeunesse. 
* Prénoms fictifs