L’Autorité des marchés financiers a obtenu diverses ordonnances de la cour pour bloquer les biens de Lacroix, de sa conjointe Sabrina Paradis-Royer et de leurs diverses sociétés afin de protéger les investisseurs. Au début juillet, dans un moment de cour passablement spectaculaire, Dominic Lacroix avait été forcé de transférer, par un «clic» de clavier, l’équivalent de 3,7 millions $ en bitcoins.

Une provision «illégale» de bitcoins

Le créateur d’une prétendue cryptomonnaie Dominic Lacroix contrôle toujours des milliers de dollars en bitcoins et les retire en douce, estime l’Autorité des marchés financiers (AMF).

L’administrateur provisoire chargé de surveiller les avoirs de Lacroix réclame le transfert immédiat de cette provision virtuelle.

Au début juillet, dans un moment de cour passablement spectaculaire, Dominic Lacroix avait été forcé de transférer, par un «clic» de clavier, l’équivalent de 3,7 millions $ en bitcoin.

La cour avait rendu cette ordonnance pour récupérer la monnaie virtuelle détenue par Lacroix, cet administrateur de Québec, jamais inscrit comme courtier en valeurs, qui a créé une monnaie virtuelle, le Plexcoin, et en a vendu pour environ 15 millions $ à des investisseurs par le biais de sites Internet et de réseaux sociaux.

Après avoir mené une enquête, l’Autorité des marchés financiers a obtenu diverses ordonnances de la cour pour bloquer les biens de Lacroix, de sa conjointe Sabrina Paradis-Royer et de leurs diverses sociétés afin de protéger les investisseurs. Les ordonnances de blocage, contestées par Lacroix, ont été ponctuellement renouvelées et sont en vigueur jusqu’à l’été prochain.

Bien à l’abri

Selon l’AMF, Dominic Lacroix s’était gardé une petite provision de bitcoins, à l’abri dans une adresse de portefeuille virtuel, la 1CLu4, pour faire court. En date du 9 novembre, Lacroix aurait eu le contrôle de 16,98 bitcoins (valeur de 76 700 $ au 1er février 2019). 

Le 5 décembre, l’administrateur provisoire nommé par la cour (la firme Raymond Chabot) a envoyé une mise en demeure à Lacroix pour qu’il transfère tous les bitcoins, litecoins, Ethereum et autre cryptomonnaie qui pourrait être encore en sa possession.

L’administrateur provisoire s’est fait répondre que Dominic Lacroix ne contrôlait plus l’adresse ciblée par l’AMF.

Pourtant, trois jours après l’envoi de la mise en demeure, 5 bitcoins ont été retirés. Le 12 décembre, 12 bitcoins additionnels ont été soustraits du portefeuille virtuel et 0,5 bitcoin, cinq jours plus tard.

L’administrateur provisoire se dit convaincu que l’adresse 1CLu4 est bien gérée par Dominic Lacroix. Cette adresse avait servi à recueillir les investissements en Ethereum (une autre monnaie virtuelle) lors du projet Plexcoin.

«Sans l’intervention de cette Cour, ces bitcoins pourraient ne jamais servir à dédommager les investisseurs du “projet Plexcoin”. Les investisseurs subiront alors un préjudice sérieux et irréparable», écrit l’administrateur dans sa requête.

L’administrateur provisoire évalue que le créateur du Plexcoin fait défaut de se conformer aux ordres de la cour. «Chaque jour qui passe est une occasion de plus pour lui de dilapider, convertir, transférer, ou autrement rendre hors de portée les bitcoins qui sont ou qui étaient inscrits à l’adresse 1CLu4 et potentiellement toute autre cryptomonnaie n’ayant pas encore été transférée à l’Administrateur provisoire», peut-on lire dans la requête.

Dans une audience prévue jeudi, l’administrateur provisoire demandera l’aide de la Cour supérieure pour obtenir de Dominic Lacroix le transfert de toute cryptomonnaie encore en sa possession. L’administrateur provisoire et l’avocate de Lacroix se sont déjà entendus sur une forme de reddition de comptes pour clarifier la situation.

Aucune accusation pénale ni criminelle n’a été portée contre Dominic Lacroix pour l’instant.