Le détenu Bryan Lachance a été déclaré coupable d’avoir agi d’une manière et avec l’intention de provoquer la peur de la victime, une personne associée au système judiciaire.

Une peine pour protéger les agents correctionnels victimes d’intimidation

Les tribunaux ont le devoir de protéger les agents correctionnels victimes d’intimidation, pour assurer le bon fonctionnement en milieu carcéral, rappelle le juge Jean Asselin de la Cour du Québec, en imposant une peine de 18 mois à un détenu menaçant.

Le jeune homme, à la feuille de route judiciaire, bien garnie, purge à ce moment une peine de trois mois pour avoir menacé un agent correctionnel.

Le 12 juillet, Lachance voit justement cet agent correctionnel passer devant sa cellule. Selon la preuve faite au procès, le détenu se met alors à invectiver l’agent en le traitant de «cochon», «d’ostie de peureux» et en ajoutant : «je sais où tu vis».

Cette dernière phrase du détenu n’est pas du bluff. Au printemps précédent, les deux hommes se sont rencontrés de façon fortuite lorsque Lachance s’est présenté chez l’agent pour lui vendre un porte-monnaie. 

L’agent correctionnel affirme que Lachance a alors regardé le nom de la rue et pris des notes dans un calepin.

L’agent correctionnel avait communiqué avec la police de Québec pour l’informer de la situation. 

L’agent correctionnel dit avoir obtenu l’information que Lachance avait fourni son adresse à d’autres détenus.

Le 15 juillet, le détenu s’adresse à nouveau à l’agent correctionnel en lui annonçant qu’il va faire des plaintes et lui faire «perdre sa job». 

L’agent correctionnel a témoigné avoir subi plusieurs conséquences à la suite des événements. 

La direction de l’établissement de détention a dû le retirer d’un secteur de travail qu’il affectionnait. Sur le plan personnel, il a dû déménager à la demande du ministère de la Sécurité publique pour des raisons de sécurité.

Peine maximale de 14 ans

Bryan Lachance a été déclaré coupable d’avoir agi d’une manière et avec l’intention de provoquer la peur de la victime, une personne associée au système judiciaire, en vue de lui nuire dans l’exercice de ses fonctions. Ce crime est passible d’une peine maximale de 14 ans d’incarcération.

La Couronne réclamait une peine de 30 mois d’emprisonnement. La défense avait tenté d’obtenir la clémence de la cour en invoquant le jeune âge et l’insouciance du détenu, qui n’aurait pas mesuré la portée de ses mots et de ses actions.

Le juge Jean Asselin de la Cour du Québec souligne que, dans de telles circonstances, la dénonciation et la dissuasion doivent l’emporter sur les objectifs de réhabilitation.

«Dans une société démocratique qui repose sur l’état de droit, il faut sanctionner avec vigueur tout geste ou action destinés à nuire à l’administration de la justice», écrit le juge Asselin dans sa décision sur la peine. Les tribunaux ont le devoir de protéger les agents correctionnels, qui se trouvent parfois confrontés à des situations anxiogènes et à des risques de débordement, ajoute le juge.

Après sa peine, dont il reste un peu plus d’un an à purger, Bryan Lachance sera en probation durant trois ans.

Il lui sera formellement interdit de communiquer directement ou indirectement avec l’agent correctionnel ainsi que de se trouver dans un rayon de 250 mètres de son lieu de résidence.

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COMPARUTION DE L'ÉDITEUR BRÛLÉ

L’éditeur Michel Brûlé a officiellement comparu, par le biais de son avocate, pour être accusée d’agression sexuelle sur une femme de

37 ans. L’infraction alléguée se serait produite à Québec le 1er février 2014. L’avocate de l’éditeur, Me Myriam Tabet, a indiqué au tribunal que son client souhaite se positionner rapidement dans le dossier.

La cause a donc été remise au

15 février à l’étape de l’orientation. Michel Brûlé est en liberté durant les procédures.