Le branle-bas de combat a été causé par une lettre de menaces envoyée à des médias et à l'Université Concordia.

Une partie de l'Université Concordia évacuée après des menaces

L'opération policière qui avait cours dans trois pavillons de l'Université Concordia, à Montréal, après des menaces d'attentat à la bombe est terminée, ont annoncé les autorités en milieu d'après-midi, mercredi.
Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), «les lieux sont sécurisés» et l'enquête a été transférée au Département des crimes majeurs.
«Les recherches par les policiers sont terminées. Aucun objet n'a été trouvé sur les lieux», a précisé Benoit Boisselle, porte-parole du SPVM.
La police ne faisait mention d'aucun suspect pour le moment. «Pour ce qui est de l'enquête, elle sera transférée à la section des crimes majeurs du SPVM pour tenter de trouver le ou les auteurs du email», a ajouté M. Boisselle.
L'université a indiqué sur Twitter que tous les bâtiments évacués rouvriraient leurs portes à 18h et que tous les cours et examens prévus à partir de cette heure auraient lieu comme prévu.
Trois pavillons de l'Université Concordia avaient été évacués plus tôt mercredi après avoir reçu un message haineux de la part d'un groupe d'extrême droite visant spécifiquement des étudiants musulmans.
Les bâtiments EV, Henry F. Hall et GM ont été visés par la mesure.
Les auteurs de la lettre, qui a été expédiée à des représentants des médias et que La Presse canadienne a pu consulter, laissaient entendre que des engins explosifs avaient été laissés à certains étages des pavillons EV et Henry F. Hall de l'Université Concordia.
Dans son message, le groupe, qui se présente comme le Conseil des citoyens conservateurs du Canada (C4), menaçait de faire exploser des engins artisanaux à proximité d'endroits où des étudiants musulmans passent du temps.
Le SPVM avait donc lancé une fouille à l'aide des agents de sécurité travaillant sur place.
Une référence à Donald Trump
Le message, qui porte uniquement le nom du groupe C4 en guise de signature, dit lancer ainsi un avertissement et prétend que des changements sont souhaités à l'université maintenant que Donald Trump est devenu président des États-Unis.
L'évacuation avait d'abord touché deux bâtiments, pour ensuite s'étendre à un troisième immeuble.
De passage à Rivière-du-Loup, mercredi, le premier ministre du Québec a qualifié ce type de message de «répréhensible». «Il n'y a pas de mots assez durs pour qualifier les personnes qui posent des gestes semblables», a dit Philippe Couillard.
Entre-temps, la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, s'est rendue sur place, où elle a rencontré le recteur de l'Université Concordia, Alan Shepard.
«Nous dénonçons cette menace», a déclaré M. Shepard devant les médias. Il s'est dit «choqué» par l'événement, puisque «les relations sont harmonieuses entre les étudiants».
Hélène David a aussi condamné les menaces proférées envers une université «qui est aussi inclusive et bien intégrée» et «qui est un modèle de vivre ensemble».
Par ailleurs, la ministre David a confirmé que l'Université McGill, à Montréal, avait également reçu une lettre de menaces similaire, sans toutefois faire mention de lieux précis, contrairement au message envoyé à l'Université Concordia.
«L'Université McGill est très alerte, surveille de près, mais n'a pas eu de lieux précisés», a indiqué Mme David.
De son côté, le recteur de Concordia a dit avoir parlé au président de l'Association des étudiants musulmans plus tôt dans la journée, afin de le rassurer.