En raison de la nature du crime, Antoinette Chiasson a dû se prêter à un prélèvement de son ADN et figurera donc dans les banques de données policières.

Une octogénaire coupable de violence conjugale

La violence conjugale n’a pas d’âge. Antoinette Chiasson, 82 ans, a été condamnée vendredi pour avoir battu à coups de parapluie et de canne celui qui a été son mari durant 61 ans.

La frêle vieille dame aux cheveux blancs a l’air de tout sauf d’une habituée du palais de justice. Elle chuchote dans la salle d’audience, ne sait pas trop quoi faire avec son manteau.

À l’invitation de son avocat, l’octogénaire s’avance devant le juge Rosaire Larouche de la Cour du Québec. La procureure de la Couronne explique comment, dans la nuit du 22 octobre 2017, Antoinette Chiasson a surgi dans la chambre où son mari dormait. La dame, hystérique, s’est mise à frapper le vieil homme à coups de canne sur la tête et sur l’épaule. Il aurait reçu une dizaine de coups avant de réussir à expulser sa femme de la chambre.

Le mari tente d’appeler le 9-1-1. Il se rend compte que sa femme a arraché les fils du téléphone et doit trouver son cellulaire.

L’homme sort de la chambre et se fait attaquer de nouveau par sa femme, mais cette fois-ci à coups de parapluie. Selon le mari, Antoinette Chiasson était ivre et complètement hors d’elle. Elle a d’ailleurs lancé des meubles dans l’escalier menant au sous-sol.

Les policiers sont venus arrêter la dame en furie. Antoinette Chiasson a été remise en liberté en échange d’un engagement de 500 $.

Le mari victime de l’attaque a clairement fait savoir qu’il ne voulait plus de contact avec son épouse. «Il avait peur de madame à l’époque et il en a peur encore», a insisté la procureure de la Couronne, Me Julie Roy.

D’une voix faible, l’octogénaire a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait armées. La défense et la Couronne ont suggéré au juge de surseoir à l’imposition de la peine. Durant deux ans, l’octogénaire devra s’abstenir de contacter le plaignant et devra suivre plusieurs conditions. Elle devra notamment voir un spécialiste pour traiter son problème d’agressivité et de consommation d’alcool. 

Prélèvement d’ADN

En raison de la nature du crime, Antoinette Chiasson a dû se prêter à un prélèvement de son ADN et figurera donc dans les banques de données policières. Il lui sera interdit de posséder une arme pour 10 ans.

«C’est triste un peu cette histoire-là... soupire le juge Larouche. C’est triste ce que vous vivez, mais c’est surtout triste ce que vit votre ex-conjoint.» 

Le juge Larouche demande à l’accusée si elle a des enfants. La dame, rendue muette par l’émotion, lève sa main gauche et écarte les cinq doigts. «Vos enfants sont victimes eux aussi», ajoute le juge, en jetant un œil à l’une des filles de l’accusée, assise dans la salle d’audience. 

Le juge a conclu l’audience en souhaitant à l’octogénaire d’évoluer dans un climat de sérénité, «pour que s’installe autour de vous un certain calme parce que vous semblez en avoir besoin.»