L'enseignante de première année a écrit aux parents en recommandant que Nathan fréquente durant deux semaines en août le camp de lecture et d'écriture de son école primaire.

Une juge ordonne du repos pour un garçon de sept ans

Il aura fallu une juge de la Cour supérieure pour décider qu'il était préférable pour un garçon de sept ans de se reposer, en août, plutôt que d'aller au camp de lecture et d'écriture de son école.
La décision rendue le 20 juillet par la juge Nicole Tremblay de la Cour supérieure illustre à merveille le quotidien des magistrats siégeant à la chambre familiale.
Monsieur et madame ne s'aiment plus. Ils sont en procédure de divorce depuis plusieurs mois. Parmi les nombreux petits litiges, la participation ou non de Nathan (prénom fictif), leur garçon de sept ans, deuxième de leurs trois enfants.
À la fin de l'année scolaire, l'enseignante de première année a écrit aux parents en recommandant que Nathan fréquente durant deux semaines en août le camp de lecture et d'écriture de son école primaire.
Le père insiste pour que son garçon participe au camp afin d'améliorer son français et a pris une requête en ordonnance de sauvegarde pour imposer la session de rattrapage.
La mère, elle, veut profiter de ses deux seules semaines de vacances avec ses enfants pour aller dans un chalet. 
Durant l'audience, la mère a expliqué à la juge avoir rencontré l'enseignante de Nathan à la fin juin. Elle a compris que son fils gagnerait à faire de la récupération, mais de façon plus détendue. Elle a ainsi acheté le livre de révision de la première année et dit faire les exercices avec lui. 
La mère a déposé le bulletin de son fils, qui «a de bons résultats académiques, plus que satisfaisants», note la juge Tremblay. Nathan est dans la moyenne ou légèrement sous la moyenne, à l'exception du français, où il a un résultat de 70 % alors que la moyenne du groupe est de 85 %. La juge Tremblay retient que Nathan a amélioré sa note de français au fil des trois étapes; elle a donc rejeté l'ordonnance de sauvegarde du père, estimant que «dans les circonstances, compte tenu de l'implication de la mère» il était «bénéfique pour l'enfant de continuer de se reposer tout en faisant de la révision académique et de profiter de temps de qualité» avec sa mère.