Le dernier cliché saisi de Carolyne Delage, à 13h50 le jour de son décès à la suite d’une collision à vélo avec un arbre dans l’État du Vermont.

Une jeune médecin de Québec meurt en vélo au Vermont

«Carolyne était un modèle pour tellement de personnes par son optimisme, son dynamisme et son implication. C’était une bombe d’énergie, elle était tellement attachante et elle se faisait remarquer partout où elle passait.»

Comme ses collègues de la communauté médicale, Gabrielle Lafrenière est sous le choc après le décès de la jeune docteure Carolyne Delage. La Québécoise de 30 ans est décédée samedi après-midi à Warren, dans l’État du Vermont, à la suite d’une grave collision avec un arbre alors qu’elle était en vélo. 

Gabrielle Lafrenière, qui la connaissait depuis la troisième année, a tenu à témoigner du modèle qu’était sa camarade pour plusieurs personnes, autant dans le milieu médical que communautaire. En plus de sa famille et de ses nombreux amis, la défunte laisse toute une communauté de collègues et de médecins en devenir dans le deuil.

La victime avait fait ses études et sa résidence en médecine interne à l’Université Laval, avant de suivre une formation spécialisée en hématologie à Québec. Elle a ensuite poursuivi en oncologie à Montréal. Elle a terminé ses études en 2017. 

Malgré sa jeune trentaine, Carolyne Delage était déjà très respectée dans le secteur hospitalier de la capitale, tout comme son père, le DRobert Delage, qui travaille en hématologie à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Ses sœurs, Anne-Sophie et Véronique, sont toutes deux également impliquées de front dans le milieu de la santé. Le Soleil avait d’ailleurs publié un article, en décembre 2016, qui relatait l’histoire exceptionnelle de cette famille «qui a l’hôpital dans le sang».

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La gorge nouée, Gabrielle Lafrenière, qui a fréquenté les bancs du Collège Jésus-Marie à Sillery avec la jeune docteure, souligne que celle-ci était très attendue à Québec, après avoir suivi une autre formation à Rochester en lymphome. «Pour tout ce qu’elle allait apporter au développement et à la recherche sur le cancer, on l’attendait avec impatience dès l’été 2019. On avait besoin d'un expert dans ce type de cancer du sang à Québec, donc on avait beaucoup d’espoir en elle.»

La route du décès. Carolyne Delage est décédée à 3 km de l’arrivée.

Des sacrifices 

Si ce n’était du tragique accident dont elle a été victime, Carolyne Delage aurait enfin pu s’installer à Québec avec son conjoint Nicolas Marcoux d’ici un an, après que ses projets de recherche aient été achevés à Rochester. Oncologue à l'Hôtel-Dieu, M. Marcoux est en formation complémentaire à Boston actuellement.

«Cette femme-là faisait énormément de sacrifices, tranche Gabrielle Lafrenière. Ils allaient enfin se retrouver dans la même ville. La fin de tout ça approchait, on allait enfin tous se retrouver. Et ça arrive. C’est tellement triste, c’est tellement malheureux.»

En plus de son emploi très prenant, la jeune trentenaire avait un quotidien de fou, tellement elle voulait donner de son temps. À l’hôpital, elle terminait régulièrement ses quarts de travail tard en soirée, mais prenait tout de même le temps d’appeler ses amis, de prendre du temps pour sa famille.

«C’était une personne dédiée aux autres, malgré un quotidien qui ne s’arrêtait jamais, poursuit son amie. En rentrant le soir, après tout ça, elle prenait quand même le temps d’étudier jusqu’aux petites heures du matin. Et puis, elle retournait au travail dès 7h le matin. Elle avait tellement d’énergie.»

Comme si ce n’était pas assez, Carolyne Delage était aussi une athlète exceptionnelle. Vélo de route, natation, triathlon, course à pied : les disciplines sportives n’avaient plus de secrets pour elle. Au secondaire, elle avait même pratiqué la nage à un niveau hautement compétitif en plus d’être impliquée dans un programme d'éducation internationale (PEI). 

Honorer la grandeur

«Je veux qu’on se rappelle de la grandeur de cette personne-là, lance Gabrielle Lafrenière, en fin d’entretien avec Le Soleil. Carolyne, c’était une personne exceptionnelle, et ça vaut la peine de souligner son départ. Son sourire était contagieux, elle était remarquée partout où elle allait.»

Modèle pour tous les futurs médecins de demain, la victime manquera à plusieurs collègues, toujours en état de choc actuellement. Sur la toile, les hommages s’accumulent pour honorer la mémoire d’une grande dame, qui aura profondément marqué son milieu, partout où elle passait.

Déjà à son âge, la jeune docteure avait beaucoup fait. En plus de ses études et de ses nombreuses implications, elle avait participé à plusieurs projets de recherche et livres de référence médicale, en plus d’être très impliquée auprès des patients et de l’amélioration des soins. «Elle était promise à une très grande carrière, ça, c’est certain, conclut son amie. Je suis persuadée qu’elle aurait été reconnue partout dans le monde. Elle avait la personnalité pour ça, et elle avait déjà tellement accompli.»

Profondément bouleversée par la tragédie, la famille Delage ne réagira pas pour l’instant.