La Maison Pollack a été construite en 1909 et dessinée par l’architecte René-Pamphile Lemay. Des hommes d’affaires prospères comme James M. McCarthy et Maurice Pollack l’ont habitée. Corniches en mauvais état, base des colonnes pourries, vitres cassées, galeries qui menacent de s’effondrer; les travaux sont nombreux et pressants.

Une injonction demandée pour forcer la rénovation de la Maison Pollack [PHOTOS]

L’avocat Me François Marchand intente un recours en justice pour forcer la rénovation de la Maison Pollack, laissée à l’abandon sur Grande-Allée.

La saga entourant cette demeure patrimoniale néo-baroque, sise au 1, Grande Allée Est, à l’angle de l’avenue Briand, s’étire depuis au moins sept ans.

La Maison Pollack a été construite en 1909 et dessinée par l’architecte René-Pamphile Lemay. Des hommes d’affaires prospères comme James M. McCarthy et Maurice Pollack l’ont habitée avant qu’elle ne serve d’espace à bureaux et d’appartements.

Achetée pour 1 M$

En 2011, elle est achetée par un promoteur immobilier montréalais, Stevens Coulombe, pour un peu plus d’un million de dollars.

Au fil du temps, le propriétaire a accumulé les litiges avec les inspecteurs municipaux et s’est vu imposer des amendes de plusieurs milliers de dollars pour ne pas avoir fait les travaux nécessaires au maintien de la maison patrimoniale, maintenant vacante. 

En février dernier, la Ville de Québec a envoyé un avis officiel d’expropriation au propriétaire. 

Enjeu de santé publique

Les procédures ne vont pas assez vite au goût de l’avocat Me François Marchand, qui vit à proximité et qui en a assez de voir la demeure centenaire se dégrader sous ses yeux.

Corniches en mauvais état, base des colonnes pourries, vitres cassées, galeries qui menacent de s’effondrer; les travaux sont nombreux et pressants, affirme l’avocat dans son recours en injonction déposé devant la Cour supérieure.

L’état d’insalubrité du bâtiment devient un enjeu de santé publique, plaide l’avocat. «La Ville de Québec a tous les pouvoirs pour agir, mais néglige ou omet de le faire», affirme Me Marchand.

En se basant sur la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, l’avocat demande donc à la Cour supérieure d’ordonner au propriétaire de la Maison Pollack de présenter une demande de permis de rénovation et d’effectuer les travaux en conformité avec les règlements municipaux. À défaut de quoi, la Ville de Québec serait autorisée à faire exécuter elle-même les travaux, aux frais du propriétaire.

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LA VILLE DE QUÉBEC VEUT ACHETER PROCHAINEMENT

La Ville de Québec souhaite toujours acquérir la Maison Pollack et plus tôt que tard. 

Dans un communiqué publié en après-midi, après la médiatisation du recours en injonction de MFrançois Marchand, la Ville de Québec a rappelé que depuis janvier 2009, elle a entrepris le processus d’acquisition de gré à gré ou par expropriation de la maison patrimoniale. 

«Considérant qu’aucun projet de développement du bâtiment n’a été concrétisé à ce jour, la Ville souhaite clore ce dossier et envisage l’acquisition des lieux dans un avenir proche, peut-on lire dans le communiqué. Il s’agit de la meilleure solution, considérant l’état du bâtiment, non entretenu au cours des dernières décennies.»