Une fraude d'un quart de million... pour mener un gros train de vie

Théo Zordan n'a aucun problème de drogue. Pas plus que de jeu compulsif. Il a fraudé son employeur pour près de 250 000 $ parce qu'il vivait très au-dessus de ses moyens.
L'homme de 39 ans, Français émigré au Québec il y a une quinzaine d'années, travaillait pour Linde Canada, un fournisseur de gaz industriels. 
Comme directeur des ventes, il avait un bon salaire et quinze employés sous ses ordres. C'était un employé apprécié de ses collègues et patrons, dit-on.
En 2010, Zordan peine à payer ses factures. Il a vécu une séparation et veut maintenir son rythme de vie malgré ses nombreuses dettes et obligations.
Selon ce qui a été rapporté à la cour lors de la réponse à l'accusation, Théo Zordan a alors fondé une petite entreprise de distribution.
Coquille vide
Il s'est servi de cette coquille vide pour créer 28 fausses factures qu'il a refilées à son employeur. Le manège a duré environ 15 mois et aura coûté 242 938 $ à l'entreprise.
Linde Canada a intenté une poursuite au civil et a conclu une entente de remboursement avec son ancien employé, congédié après la découverte de la fraude.
Théo Zordan a remboursé 60 000 $. Lorsqu'il a cessé de payer, une plainte criminelle a été déposée.
La poursuite réclamait une peine de détention ferme de 12 à 18 mois tandis que la défense plaidait pour une peine de 15 mois à purger dans la collectivité.
Après avoir analysé le dossier ainsi que plusieurs cas de jurisprudence - dont sa propre décision dans l'affaire de Lise Thibault -, le juge Carol St-Cyr de la Cour du Québec a estimé qu'une peine de deux ans moins un jour dans la collectivité était appropriée pour le résident permanent originaire de France. 
Théo Zordan sera assigné à son domicile, sauf aux fins de travail, durant les 12 premiers mois de sa peine. Par la suite, il respectera un couvre-feu. Il devra aussi effectuer 240 heures de travaux communautaires et rembourser 50 000 $ de plus à son ancien employeur.