Dans un dernier témoignage, l’ex-abbé Paul-André Harvey a affirmé que l’Église était au courant de ses agissements.

Une façon de se justifier, selon l’Évêché

Avant de mourir en prison, le 3 mai dernier, Paul-André Harvey a transmis un dernier écrit, dont La Presse a obtenu copie, aux avocats de ses victimes. L’ex-abbé blâme les autorités cléricales. Il affirme qu’elles savaient qu’il abusait d’enfants, mais qu’elles n’ont rien fait pour l’en empêcher.

La Presse a révélé le dernier témoignage de l’ancien prêtre pédophile. Paul-André Harvey accuse les autorités cléricales du Saguenay de l’avoir transféré d’une paroisse à l’autre chaque fois qu’une plainte d’agression sexuelle était rapportée pendant des années. 

Il affirme avoir été rencontré par les corps policiers de Kénogami, Jonquière, Alma et la Sûreté du Québec à quatre reprises entre 1965 et le début des années 80. Chaque fois, il n’aurait reçu qu’un avertissement. Il aurait également prévenu l’évêque Mgr Marius Paré qui lui aurait conseillé de prier davantage. 

Dans son document, Paul-André Harvey blâme ses supérieurs qui ne l’ont pas empêché de récidiver. Il reproche aux autorités religieuses de ne pas avoir agi.

Rappelons que Paul-André Harvey, 81 ans, purgeait une peine de six ans après avoir plaidé coupable à des accusations d’agressions sur 39 enfants de la région. 

Réaction de l’Évêché

L’Évêché de Chicoutimi a réagi lundi matin à la publication dans La Presse + de textes issus de documents transmis par l’ex-prêtre Paul-André Harvey aux avocats de ses victimes quelques semaines avant son décès.

« L’Évêché déplore que M. Harvey y minimise ses gestes, ainsi que leur portée, dont il attribue les causes à son enfance, son éducation et son environnement. Celui-ci adresse aussi des reproches au système de justice, aux policiers et à l’Église, et il dénonce le traitement journalistique dont il a fait l’objet », est-il écrit dans un communiqué transmis aux médias. 

« C’est le récit solitaire d’un pédophile décédé qui a cherché à se justifier et qui rejette la faute sur tout le monde, sans autocritique », affirme l’avocate de l’Évêché, Me Estelle Tremblay, qui rappelle que « M. Harvey a commis des gestes ignobles qui ont causé des souffrances indescriptibles aux victimes et à leurs familles ».

L’Évêché maintient que Mgr Jean-Guy Couture ignorait tout des agissements de l’ex-abbé. 

« Ce récit, livré après que l’Évêché ait refusé de financer le procès que M. Harvey souhaitait imposer à ses victimes, ne porte aucunement atteinte au témoignage de Mgr Jean-Guy Couture, rendu sous serment devant le tribunal, à l’effet qu’il ignorait tout de son comportement déviant. Malheureusement, M. Harvey ne pourra jamais être contre-interrogé devant un tribunal, comme nous l’avions demandé en mars 2017, pour établir la vérité », conclut Me Tremblay.

L’Évêché rappelle que le nouvel évêque du diocèse, Mgr René Guay, s’est engagé à trouver une solution au recours collectif des victimes de l’ex-prêtre. 

Pour lire les textes de La Presse: http://plus.lapresse.ca/screens/f20a08d3-2f0a-45a7-b091-f483ecb37a57__7C___0.html?utm_medium=Email&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen