Cynthia Gaulin, 23 ans, avait été impliquée dans un accident ayant coûté la vie à son amie Valérie Gagné. Elle avait conduit sans permis, avec une alcoolémie de plus de 0,08.

Une conductrice ivre devra subir un second procès

La jeune conductrice Cynthia Gaulin, dont l'inexpérience au volant lui avait permis d'éviter une condamnation pour conduite avec les capacités affaiblies ayant causé la mort, devra subir un second procès.
Deux ans après son acquittement, c'est le retour à la case départ pour Cynthia Gaulin, 26 ans, de Québec.
Au petit matin, le 8 octobre 2011, Cynthia Gaulin a pris le volant pour la première fois de sa vie, alors qu'elle participait à une fête avec son amie Valérie Gagné. Les deux copines étaient parties ensemble au dépanneur.
Après une fausse manoeuvre, la petite Fiat conduite par Cynthia Gaulin a heurté une bordure de trottoir sur l'avenue du Colisée, fait un tonneau avant de s'immobiliser sur le toit. Les coussins gonflables ne se sont pas déployés et les deux occupantes n'avaient pas bouclé leur ceinture de sécurité.
La passagère Valérie Gagné, 24 ans, est partiellement éjectée et va mourir dans les minutes suivantes de graves blessures.
Les tests révéleront un taux d'alcoolémie de 0,15  chez la conductrice Cynthia Gaulin.
Au terme d'un procès, le juge Christian Boulet de la Cour du Québec a acquitté la jeune femme des accusations les plus graves et l'a reconnue coupable d'avoir conduit avec plus de 0,80 mg d'alcool par 100 ml de sang. Il l'a condamnée à une amende de 2000 $, une peine qui avait scandalisé la famille de la victime.
Le juge Boulet n'avait pas été convaincu du lien causal entre les capacités affaiblies et la mort de la victime. Il avait estimé que l'inexpérience de la conductrice avait pu être le facteur déterminant dans le drame.
L'accusée avait expliqué avoir été distraite quelques secondes lorsque sa passagère Valérie Gagné a actionné le clignotant à sa place. Lorsqu'elle a relevé les yeux, elle a voulu freiner, mais s'est trompée de pédale, a-t-elle témoigné.
La Cour d'appel n'est pas d'accord avec l'analyse du juge de première instance et souligne que le ministère public n'a pas à prouver hors de tout doute raisonnable que la conduite avec les capacités affaiblies constitue la seule cause du décès, mais qu'elle y a contribué de manière significative.
En clair, la Couronne doit démontrer que le conducteur a, par son comportement ou sa conduite, posé ou omis de poser des gestes qui ont causé un accident et que cet accident a causé la mort.
Date de procès à venir
La procureure de la Couronne Me Geneviève Bédard inscrira le dossier au rôle au cours des prochaines semaines en vue de fixer la date du second procès.
L'avocat de Cynthia Gaulin, Me Sébastien Saint-Laurent, étudiera avec sa cliente la possibilité de demander à la Cour suprême d'être entendu.
Cynthia Gaulin lors de son procès au palais de justice de Québec.
Le juge n'avait pas été convaincu du lien causal entre les capacités affaiblies et la mort de la victime. Il avait estimé que l'inexpérience de la conductrice avait pu être le facteur déterminant dans le drame.
La Cour d'appel n'est pas d'accord avec lui et souligne que le ministère public n'a pas à prouver hors de tout doute raisonnable que la conduite avec les capacités affaiblies constitue la seule cause du décès.
La Cour d'appel estime que le juge de première instance n'a pas respecté son obligation d'examiner l'ensemble de la preuve et elle ordonne un nouveau procès.