Une clinique vétérinaire paie pour une grossesse non détectée

La Clinique vétérinaire de Beaumont devra verser 4059,87 $ pour compenser les dépenses engagées par une ex-cliente dont la chienne enceinte avait été mal diagnostiquée comme faisant une «pseudo-grossesse».
La cliente de Lévis possède une chienne Grand Danois âgée de cinq ans, Constance, qu'elle fait parfois reproduire en vertu d'une entente avec l'éleveur qui la lui a vendue. Celui-ci reprend l'animal une quinzaine de jours avant l'accouchement, se charge de toutes les procédures, garde les chiots et verse une somme d'argent à la propriétaire.
En 2015, la cliente est convaincue que Constance est enceinte et la fait examiner à la Clinique vétérinaire de Beaumont. Le Dr Frédéric Chatigny, un nouveau vétérinaire, ne réussit pas à trouver les chiots sur les radiographies qu'il réalise et ne recommande ni échographie ni test sanguin pour confirmer son diagnostic.
Il considère donc que Constance fait une «pseudo-grossesse» et suggère à la cliente de la mettre au régime et de la remettre à l'exercice. L'éleveur avec qui la cliente fait affaire décide donc de partir en vacances trois semaines au Costa Rica, croyant que ses services ne seront pas requis puisque la chienne n'est pas enceinte.
Deux semaines plus tard cependant, la femme voit sa chienne étendue sur le divan avec un chiot à ses côtés. Cinq bébés naîtront cette soirée-là et la femme doit aider à l'accouchement et amener l'animal chez un vétérinaire pour la remettre en forme. Elle et son conjoint doivent s'occuper eux-mêmes de la portée, des tâches qui étaient normalement réalisées par l'éleveur, qui est parti au Costa Rica.
La juge Geneviève Cotnam de la Cour du Québec, division des petites créances, a déterminé que la clinique et le Dr Chatigny étaient responsables du mauvais diagnostic et des conséquences de celui-ci sur les propriétaires de la chienne, qui ont vu leur quotidien bouleversé pendant deux mois.
La clinique et le vétérinaire, qui pratique dorénavant à l'Île-du-Prince-Édouard, devront donc verser la somme de 3000 $, soit l'équivalent de 50 $ par jour, pour compenser ces troubles et inconvénients,  et 1059,87 $ pour les pertes de salaires, frais de nourriture, de médicaments, de nettoyage de la maison, matériaux de construction de la boîte d'accouchement et frais de consultation à la clinique après l'accouchement.