La Ville de Gatineau a été condamnée à verser plus de 7000 $ à un cycliste ayant chuté sur l’accotement de la route 148 dans le secteur Masson-Angers, une piste cyclable faisant partie de la Route verte.

Une chute en vélo qui coûte cher à la Ville de Gatineau

La Ville de Gatineau a été condamnée à verser plus de 7000 $ à un cycliste ayant chuté sur l’accotement de la route 148 dans le secteur Masson-Angers, une piste cyclable faisant partie de la Route verte.

Le cycliste réclamait 10 000 $ aux petites créances en invoquant la responsabilité de la Ville dans un accident survenu en mai 2016. 

Le cycliste, alors âgé de 75 ans, a effectué un demi-tour afin de pouvoir tourner sur la rue Brabant, qu’il venait de dépasser. 

« En faisant son demi-tour il se dirige en direction ouest, relate le juge Serge Laurin dans une décision rendue le mois dernier. À la dernière seconde, il constate qu’il y a une crevasse sur la piste et il donne un coup de guidon vers la droite pour éviter ladite crevasse, mais trop tardivement. [...] Le vélo s’arrête brusquement et [il] tombe au sol. » L’homme portait un casque, qui s’est brisé lors de la chute.

À cet endroit, la piste cyclable rétrécit d’environ six pouces et a une largeur de cinq pieds, entre la ligne blanche qui borde la route et l’accotement de gravier. 

Rien ne signalait la présence de la crevasse, qui avait environ un pouce et demi de profondeur sur une longueur de trois mètres.

Le dossier médical, les photos et le témoignage du cycliste ont montré qu’il a subi plusieurs blessures.

En plus d’abrasions et de contusions, l’hypothèse d’une fracture à l’omoplate est soulevée.

« Il souffre durant une période d’environ deux semaines de ses blessures » et est incapable de reprendre ses activités sportives pendant deux mois.

Un contremaître de la Ville de Gatineau a reconnu qu’il y a parfois « des dégradations de l’asphalte » causées par le déneigement et a souligné que du nivellement est normalement fait au printemps. 

Des photos datant de juin 2018 — deux ans après l’incident — montrent que l’accotement a été nivelé avec du gravier, mais que « la crevasse et les échancrures [...] n’étaient toujours pas réparées ».

Le tribunal note que la fonte des neiges était terminée depuis plusieurs semaines lors de la chute du cycliste et qu’« il n’y a pas de preuve d’inspection ni de carnet d’entretien de la piste cyclable ».

Le magistrat conclut ainsi que la Ville « a commis une faute » en ne procédant pas à la réparation et au nivellement.

« L’état de la piste cyclable, à l’endroit de la chute, constitue un piège, notamment parce qu’il constitue une situation dangereuse, que le danger est caché et qu’il y a une connotation d’anormalité et de surprise », écrit-il.

La Ville a été condamnée à verser 7000 $ au cycliste « pour douleurs et souffrances, perte de jouissance de la vie, troubles et inconvénients », en plus de 225 $ pour le remplacement du casque et du pneu. 

Puisqu’il s’agit d’une décision des petites créances, la Ville ne peut la porter en appel.