Dans des documents remis au tribunal, Peter Dalglish énumère une liste des problèmes qu’il a relevés dans l’enquête et le processus judiciaires ayant conduit à une condamnation injustifiée et à une peine d’emprisonnement de neuf ans.
Dans des documents remis au tribunal, Peter Dalglish énumère une liste des problèmes qu’il a relevés dans l’enquête et le processus judiciaires ayant conduit à une condamnation injustifiée et à une peine d’emprisonnement de neuf ans.

Un travailleur humanitaire canadien fait appel d’une condamnation au Népal

Colin Perkel
La Presse Canadienne
TORONTO — Un éminent travailleur humanitaire canadien reconnu coupable d’agression sexuelle sur deux enfants au Népal veut faire valoir à l’occasion de son appel qu’il a été victime d’un complot policier et que son procès a été inéquitable.

Dans des documents remis au tribunal, Peter Dalglish énumère une liste des problèmes qu’il a relevés dans l’enquête et le processus judiciaires ayant conduit à une condamnation injustifiée et à une peine d’emprisonnement de neuf ans.

L’appel doit être débattu le 7 janvier.

«Un complot a été monté sur le dos des jeunes qui ont été incités à mentir et à nuire d’un homme innocent qui a passé sa vie à aider ceux qui en avaient besoin, en particulier les enfants et les jeunes, plaident les avocats de Dalglish dans leur mémoire. Ce faisant, ils ont discrédité la primauté du droit et le système judiciaire népalais.»

Originaire de London, en Ontario, Dalglish, âgé de 62 ans, a été reconnu coupable en juin et condamné plus tard à une peine d’emprisonnement de neuf ans. Le récipiendaire de l’Ordre du Canada a nié avoir commis tout acte répréhensible et a engagé une nouvelle équipe d’avocats pour contester le verdict et sa condamnation.

La police népalaise l’avait arrêté le 8 avril 2018 au petit matin à Kartike, à l’est de la capitale Katmandou. Selon elle, le Canadien aurait violé deux garçons népalais âgés respectivement de 11 et de 14 ans, qui se trouvaient chez lui.

Pressions sur les témoins

En appel, Dalglish soutient que l’enquête a été menée conjointement par la police népalaise et l’organisation Sathi dont l’objectif est de dénoncer les prédateurs d’enfants. Il maintient que des pressions ont été exercées sur les deux témoins pour fournir des renseignements préjudiciables.

«La police a offert des pots-de-vin et d’autres incitatifs aux témoins potentiels et à leurs familles en échange d’informations préjudiciables sur l’accusé. Ils ont menacé ceux qui ne pouvaient pas être achetés, indique le mémoire d’appel. Bien que la police et Sathi aient peut-être commencé cette enquête de bonne foi (...) elles ont eu recours à des tactiques qui ont conduit à des preuves non fiables.»

Selon les avocats de Dalglish, les deux garçons ont fourni divers comptes rendus de ce qui se serait produit avant de revenir sur leurs accusations. Ils ajoutent que les examens médicaux n’ont révélé aucune trace d’ADN ou autre preuve indiquant que leur client a agressé sexuellement les deux jeunes. Ils affirment aussi que les perquisitions par la police étaient illégales et, malgré les conclusions du tribunal, n’ont permis de rien trouver d’incriminant.

Par exemple, parmi les prétendues preuves de pornographie juvéniles saisies par la police figurent des photographies de la fille et amis de la famille de Dalglish en maillot de bain. Les photos ont été prises près d’un chalet en Ontario.

Les avocats décrivent le procès comme ayant été injuste, faisant valoir l’absence d’un traducteur pour leur client. Ils ajoutent qu’il a été contraint des documents dont il ne comprenait pas la teneur et qu’il n’a pas été autorisé à rencontrer en privé son avocat.

Andy MacCulloch croit que son ami était victime d’une erreur judiciaire.

«Il y a une quantité incroyable de preuves qu’il s’agit d’un coup monté. Les autorités l’ont présumé coupable.»