Marc Jémus, qui faisait partie d’un trio ayant fait perdre près de six millions à de petits investisseurs, entre 2001 et 2006, a entamé son récit des événements, au palais de justice de Gatineau.

Un témoignage d’une autre décennie

Un deuxième procès et soixante apparitions plus tard, un ex-homme d’affaires mêlé à une des plus grandes affaires de fraude de l’Outaouais a finalement entamé son témoignage, mercredi. Marc Jémus, qui faisait partie d’un trio ayant fait perdre près de six millions à de petits investisseurs, entre 2001 et 2006, a entamé son récit des événements, au palais de justice de Gatineau.

L’avocat de Marc Jémus, Me Jean-Michel Labrosse, avait à peine entamé le témoignage de son client que la Couronne a soulevé ses premières objections. Le témoignage a ensuite été suspendu, en attendant que le tribunal règle les différends.

Le premier procès criminel a été annulé parce que le juge qui entendait l’affaire a dû s’absenter sur une longue période, pour des raisons de santé. Ce deuxième procès criminel a été ordonné, et a pris son envol en avril 2017, sous la présidence du juge Serge Laurin, de la Cour du Québec.

Marc Jémus a été reconnu coupable de 28 chefs d’infractions aux lois sur le courtage des valeurs mobilières, en octobre 2014. Il a été condamné à payer des amendes totalisant 240 000$ à l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Marc Jémus était membre d’un « power team » avec les hommes d’affaires Robert Primeau et François Roy. Les trois géraient des compagnies telles que Primeforce et Pension Positive. Les deux autres complices ont déjà purgé leurs peines au fédéral.

Dans son témoignage, mercredi, M. Jémus a insinué que Robert Primeau « aimait bien flasher » et nourrissait un train de vie de millionnaire. Il possédait un penthouse à Ottawa « avec pour voisine (la chanteuse) Alanis Morrissette, aimait les grosses voitures, les bateaux », et affirmait à son entourage qu’il « était en avant qu’il traînait les autres » dans cette entreprise lucrative, qui s’est avérée frauduleuse.

Les trois hommes ont commencé à faire des affaires ensemble à la fin des années 1990. M. Jémus, spécialiste des rapports d’impôts et des assurances de personnes, s’est lié d’affaires et d’amitié avec M. Primeau, qui travaillait alors dans le domaine de l’immobilier.

M. Jémus a dit lors de son témoignage qu’il n’avait jamais utilisé l’expression « power team », contrairement à son ancien partenaire d’affaires, qui n’aurait jamais hésité à prendre les devants.

Sous Primeforce et Pension Positive, 69 victimes ont perdu leurs économies. Les placements à 8 % ou 12 % n’étaient que de la poudre aux yeux, tandis que les investissements en immobilier (quelque 20 000 transactions) n’avaient pratiquement aucune valeur réelle. La Couronne a déjà décrit un système de pyramide à la Ponzi.