Dans une lettre d’intérêt publiée l’automne dernier, le Service correctionnel du Canada explique que «l’introduction d’objets interdits dans les établissements de SCC est un problème constant».

Un système de détection des drones au pénitencier de Donnacona d’ici deux ans

Le Service correctionnel du Canada (SCC) veut faire l’acquisition de systèmes de détection des intrusions aériennes et terrestres (AGIDS, pour Air and Ground integrated Intrusion Detection Systems) pour six de ses établissements, dont les pénitenciers de Donnacona et de Cowansville.

Le SCC a publié un appel d’offres à cet effet lundi. Outre Donnacona et Cowansville, l’organisme veut équiper les établissements de Dorchester (Nouveau-Brunswick), de Mission (Colombie-Britannique), de Collins Bay (Ontario) et de Stony Mountain (Manitoba) de systèmes de détection des drones. 

L’entrepreneur devra «fournir, installer et tester une formation à l’exploitation et à la maintenance du système AGIDS», précise-t-on dans l’appel d’offres. Les travaux doivent être complétés dans un délai de deux ans suivant l’adjudication du contrat, le 3 juillet.

Dans une lettre d’intérêt publiée l’automne dernier, le SCC explique que «l’introduction d’objets interdits dans les établissements de SCC est un problème constant». «Au cours des dernières années, plusieurs incidents ont révélé que les petits drones vendus sur le marché créent un vecteur potentiel émergent pour l’introduction d’objets interdits dans un établissement», expose-t-il. 

Menace

Le SCC souligne que «la menace réelle à la sécurité de l’établissement n’est pas causée par le drone en soi, mais par la charge qu’il transporte». «Selon la taille et le type de drone, le poids maximal de la charge utile pourrait dépasser 5 kg. Les drones peuvent aussi être utilisés dans les activités de surveillance illicites visant à obtenir des renseignements pouvant aider lors d’une évasion ou d’autres activités illégales», illustre l’organisme. 

Ce que veut le SCC, c’est «une méthode efficace et durable pour détecter les véhicules aériens sans pilote et les personnes qui tentent de livrer des objets interdits dans nos établissements, ainsi que fournir une alerte au personnel de SCC lorsqu’une telle tentative est détectée».

Selon le SCC, un système de détection à base de radar tridimensionnel (3D) serait «la technologie la plus mature pour détecter des véhicules aériens sans pilote et assurer une détection à long terme contre l’introduction d’objets interdits» dans les pénitenciers.

En décembre dernier, le pénitencier de Donnacona a été ciblé par au moins deux livraisons par drone, dont une qui aurait été faite directement à la fenêtre d’une cellule, rapportait Le Journal de Québec.

En entrevue au quotidien, le président du Syndicat des agents correctionnels du Québec, Frédéric Lebeau, déplorait qu’aucune technologie ne soit à la disposition des forces carcérales pour détecter les drones. 

«Les drones, c’est une technologie qui évolue vite. Ils peuvent livrer beaucoup de choses : des armes, des cellulaires, de la drogue, des munitions. C’est toujours inquiétant, surtout qu’on les détecte plus souvent qu’autrement par chance», dénonçait M. Lebeau.