Le 30 octobre dernier, un sinistré gatinois a fait parvenir un courriel de menaces à un fonctionnaire du MSP.

Un sinistré accusé de menace de mort

Au bout du rouleau, épuisé mentalement et craignant la faillite après la perte de sa maison de Gatineau ravagée par les inondations printanières, un jeune homme se retrouve devant la justice, aujourd’hui, pour des menaces de mort envers un fonctionnaire responsable des dédommagements auprès des victimes.

Décrit comme un homme sans histoire dans le rapport de police de Gatineau, Patrick Dawson, 28 ans, se retrouve aujourd’hui accusé de deux chefs criminels.

Son jeune couple a perdu sa maison du secteur Gatineau, le 5 mai, lorsqu’elle a été déclarée perte totale.

Comme bien d’autres sinistrés, M. Dawson multiplie, depuis ce jour, les recours auprès du ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP), responsable du programme d’aide financière aux sinistrés.

Le 30 octobre dernier, le bouchon a sauté et le Gatinois exaspéré a fait parvenir un courriel de menaces à un fonctionnaire du MSP.

« Ça prend-tu un meurtre-suicide pour débloquer les choses ? Je suis sur le bord en crisse de passer à travers un de vos fucking building avec mon pick-up », a écrit le sinistré au fonctionnaire, dont le bureau est à Québec.

Sur la page Facebook « Pour les sinistrés des inondations du printemps 2017. Faut que ça bouge », M. Dawson a ajouté, le 31 octobre, « si j’étais aux États-Unis, je serais allé avec un automatique dans le bureau. Vraiment ‘pu’ capable, là, et ça l’air qu’ils vont avoir besoin d’un bon murder suicide pour que les choses bougent. »

Patrick Dawson a comparu en pleurs, vendredi, sous un chef de menace de mort envers un individu, et un chef de menace de mort envers un employé de la fonction publique. Une jeune femme assise dans la salle d’audience était aussi en sanglots.

Le juge Valmont Beaulieu, de la Cour du Québec, s’est montré sensible à cette détresse, et l’a libéré sous conditions.

Le jeune homme ne pourra pas contacter le MSP, sauf par le biais du Protecteur du citoyen ou de son avocat.

Lors de son arrestation, M. Dawson a expliqué aux policiers de Gatineau qu’il vivait dans un enfer, et que sa conjointe, en pleurs, était aussi désespérée que lui.

À son domicile sinistré, les forces de l’ordre ont découvert une pancarte électorale de maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin tapissée de marques rouges et de trous. M. Dawson a avoué plus tard qu’il tirait des balles de peinture sur la pancarte, avec un fusil à air comprimé.

Le Gatinois, selon les documents obtenus par Le Droit, attribue une partie de la responsabilité du désastre au maire, « qu’il accuse de ne pas en avoir assez fait pour leur venir en aide ».

M. Dawson a manifesté devant les bureaux du MSP du boulevard St-René Ouest, à Gatineau. Dans sa remorque couverte, tirée par sa camionnette, il voulait y dormir pour démontrer comment il était devenu sans ressources. Il a été arrêté à cause de son comportement agressif et suicidaire.

Le MSP lui avait déjà offert un dédommagement pour sa maison, mais le montant ne représentait que la moitié de la valeur de sa propriété. Le couple sinistré craint la faillite.

L’avocat de l’accusé a maintenu le plaidoyer de non-culpabilité.