L'atrium du palais de justice de Québec

Un «scandale» pédophile camouflé?

Un cuisinier intente une poursuite de près de 370 000 $ contre l'Institut séculier Pie X qui a, selon lui, protégé un laïc pédophile.
André Lachance, 48 ans, originaire de la Beauce, mais vivant à Québec, allègue que de l'âge de 3 à 16 ans, il a subi des sévices sexuels de la part de son oncle, et missionnaire, Jean-Paul Lachance.
Entre 1971 et 1986, André Lachance et ses parents assistaient régulièrement aux retraites spirituelles de l'Institut séculier Pie X, famille apostolique reconnue par l'Église catholique.
À au moins 80 reprises, André Lachance dit avoir subi des attouchements dans les locaux de l'Institut séculier, dans la Maison du renouveau, dans la Maison Sarto, dans une chapelle. 
Jean-Paul Lachance aurait montré au jeune garçon comment se masturber et lui aurait demandé de le masturber en retour. «Jean-Paul Lachance lui faisait promettre de ne rien dire et l'invitait à se confesser à lui s'il se sentait mal à l'aise», peut-on lire dans la requête. 
Ce n'est qu'en 2012, après avoir appris que Jean-Paul Lachance aurait agressé sexuellement quatre jeunes, qu'André Lachance songe à porter plainte. 
Le missionnaire laïc sera rapatrié d'Haïti et accusé d'attentat à la pudeur sur deux victimes en février 2014. Jean-Paul Lachance s'enlèvera la vie environ six jours après le dépôt des accusations.
André Lachance, qui dit avoir développé une déviance sexuelle en raison des abus, a lui-même été condamné pour des attouchements sexuels sur un garçon de 10 ans ainsi que pour des gestes commis sur une cousine alors qu'il était lui-même mineur.
Supérieurs au courant
Dans sa poursuite déposée cette semaine en Cour supérieure, André Lachance allègue que les supérieurs de l'Institut séculier Pie X étaient au courant des abus et qu'ils ont choisi de protéger le missionnaire pédophile plutôt que les enfants.
En 1982, le père Gérald Cyprien Lacroix, maintenant cardinal, faisait ses débuts comme secrétaire général à l'Institut séculier Pie X. Selon André Lachance, le père Lacroix «a lui-même demandé au demandeur de pardonner à Jean-Paul Lachance, car il avait fait de gros efforts pour s'en sortir». Selon le demandeur, le père Lacroix aurait fait une première demande de pardonner en 1976.
Selon le demandeur, la congrégation a «tenté de camoufler un scandale et d'éluder sa responsabilité face à des situations hautement répréhensibles».
André Lachance dit avoir fait plusieurs thérapies pour régler ses problèmes. Les spécialistes estiment qu'il traînera des séquelles psychologiques toute sa vie.