Le couple d’Alma a séjourné une semaine à l’île de Saint-Martin, connu pour son aéroport situé tout juste en bordure de plage. Rappelons toutefois que 95 % de l’île a été détruite à la suite du passage de l’ouragan Irma, en septembre.

Un recours de 8000$ rejeté

Un couple d’Almatois qui poursuivait Sunwing et une agence de voyages pour 8000 $ a perdu sa cause. Le juge Pierre Simard a estimé que l’homme était en état d’ébriété avancé lorsqu’il a chuté lourdement après s’être enfargé dans un parasol à la première journée d’une semaine passée dans un hôtel de l’île de Saint-Martin dans les Caraïbes.

C’est ce qui ressort d’un jugement rendu en Cour du Québec à Chicoutimi le 30 novembre dernier, mais qui a été publié cette semaine.

Le jugement comprend les noms des deux Almatois, mais Le Quotidien a jugé bon de ne pas dévoiler leur identité.

« La journée même de l’arrivée, aux alentours de 18 h, l’homme chute dans les circonstances suivantes : depuis plusieurs heures, il s’amuse avec ses amis. Bien entendu, il consomme des boissons alcoolisées. L’hôtel prétend qu’il était très éméché lorsqu’il a chuté, ce qu’il nie. À tout événement, c’est en reculant qu’il heurte, en plein milieu de l’esplanade où il se tenait, le pied d’un parasol que les préposés de l’hôtel étaient en train de démonter. Il chute et se heurte assez violemment la tête au sol, du moins suffisamment pour qu’il perde connaissance et qu’on doive l’hospitaliser. Après avoir été examiné, il revient à l’hôtel le soir même », peut-on lire dans le document.

Un voyage gâché

L’homme prétend que tout son voyage a été gâché en raison de cet événement, tout comme celui de sa conjointe. C’est pourquoi le couple décide de poursuivre Vacances Sunwing et Voyage Stéphan Valois, une agence située sur le boulevard Talbot à Chicoutimi. « Le coût du voyage pour deux a été de 4995 $. Ils réclament également des troubles, ennuis et inconvénients pour 2000 $, le coût de remplacement de lunettes de 725 $ et des frais d’avocat de 367,81 $. La demande totale est de 8087,81 $ », est-il noté plus loin.


«  Cet accident aurait pu être évité si seulement il avait regardé où il allait.  »
Le juge Pierre Simard

De prime abord, l’agence de voyages a plaidé que le couple aurait dû recourir à des assurances personnelles et qu’un tel accident ne relève pas de leur responsabilité. Quant à Sunwing, l’entreprise a prétendu qu’elle n’a aucun contrôle sur les fournisseurs de service. Elle a également soutenu « que tous les services pour lesquels les demandeurs ont payé leur ont été prodigués, à savoir le transport aérien, les transferts, l’hébergement, les repas, les boissons, la piscine, l’accès à une plage, de l’animation et des services hôteliers ». Sunwing a aussi prétendu que le demandeur « était en état d’ébriété et qu’il a été l’artisan de son propre malheur ».

Le juge Pierre Simard a précisé qu’il devait statuer à savoir « si l’agent de voyages et le grossiste en voyages peuvent être responsables d’une faute d’un prestataire de services local faisant partie intégrante de ce qui est offert à l’intérieur d’un voyage dit ‘‘tout compris’’. En l’espèce la faute aurait été que les lieux du séjour n’étaient pas sécuritaires ».

Ivre ou pas ?

Lors de l’audience tenue le 9 août, Sunwing a tenté de prouver que l’homme était en état d’ébriété avancé, en présentant des rapports d’incident remplis par le service à la clientèle de l’hôtel, par un des gérants, par le bureau local du voyagiste et d’un client. Toutefois, le juge n’a pas retenu ces éléments, en raison de leur manque d’indépendance. Il a cependant accepté le rapport médical du médecin qui a traité l’homme. Son rapport indiquait « he is very drunk », soit « il est très ivre ».

Un lieu dangereux ?

Il restait ensuite à déterminer si le lieu de l’incident était dangereux pour le client et découlait d’une faute de l’hôtel. Selon la description faite en cour par l’homme, l’endroit était totalement plat et dégagé. « Selon sa description, il a tombé en reculant sur un obstacle qui, selon les photos déposées, est visible si seulement on regarde l’endroit où on met les pieds, a mentionné le juge Simard. Cet accident aurait pu être évité si seulement il avait regardé où il allait », a tranché le juge, en enlevant ainsi toute responsabilité à l’hôtel. Par conséquent, il a rejeté toute la poursuite.