Roy, qui vit au Québec, a soutenu au procès qu’il n’avait aucun souvenir de ce qui s’était passé après avoir grimpé par inadvertance dans le mauvais lit, chez un ami.

Un Québécois reconnu coupable d’agression sexuelle en Ontario

Un Québécois de 39 ans a été reconnu coupable, mercredi en Ontario, d’avoir agressé sexuellement une femme de 20 ans pendant son sommeil. Un verdict que la jeune femme n’entendra jamais: elle s’est suicidée avant que la cause ne soit entendue par le tribunal.

Le juge Robert Gattrell, de la Cour supérieure à Barrie, en Ontario, a conclu sans l’ombre d’un doute à la culpabilité de Shawn Roy. La victime, Kassidi Coyle, s’était enlevé la vie quatre mois après le crime en 2016, mais le juge a admis en preuve les déclarations qu’elle avait faites après l’agression sexuelle.

Roy, qui vit actuellement au Québec, était en visite chez des amis de Barrie qui célébraient la fête du Canada, le 1er juillet 2016. Dans sa déclaration aux policiers, faite tout de suite après l’agression, Kassidi Coyle, qui n’avait pas bu ce soir-là, a soutenu qu’elle s’était réveillée alors que Roy tentait de la sodomiser. Son pyjama et sa petite culotte étaient par terre, alors qu’elle ne les avait pas retirés elle-même, a-t-elle déclaré à l’enquêteur. Des analyses ont plus tard révélé la présence de l’ADN de Roy sur ses organes génitaux.

Roy, qui avait beaucoup bu ce soir-là, a soutenu au procès qu’il n’avait aucun souvenir de ce qui s’était passé après avoir grimpé par inadvertance dans le mauvais lit, après cette soirée bien arrosée. Lorsqu’il a réalisé que quelqu’un partageait son lit, il a paniqué et est sorti de la chambre, a-t-il plaidé au procès.

Le juge avait déjà admis en preuve l’appel logé par la victime aux services d’urgence 9-1-1 et sa déclaration faite à la police. De plus, les résultats de prélèvements après le viol corroboraient la «nature des contacts» relatés par la victime, a estimé le juge. Il a par ailleurs noté plusieurs incohérences «accablantes» dans le témoignage de l’accusé, et avec la preuve présentée au procès.

Par contre, la victime n’avait aucun motif raisonnable d’inventer cette histoire puisqu’elle ne connaissait même pas l’accusé avant ce jour-là, a conclu le juge.

Au début du procès, l’avocat de Roy, David Wilcox, a vainement tenté de faire exclure les déclarations de la victime, parce que la défense ne pouvait pas la contre-interroger sur plusieurs aspects de son récit.

Une mère soulagée

La mère de la victime attendait ce verdict depuis longtemps. «Je rends grâce à Dieu: elle peut maintenant reposer en paix», a laissé tomber Judi Coyle à sa sortie de la salle d’audience, mercredi. «Tout ce que nous souhaitions, c’était d’obtenir justice.»

Mme Coyle est fière que sa fille ait obtenu gain de cause alors qu’elle n’était plus là pour témoigner dans une affaire d’agression sexuelle. Selon elle, ce viol a changé radicalement l’humeur et la vie de la jeune femme, qui n’était plus jamais redevenue la même par la suite.

Kassidi Coyle a tenté de s’enlever la vie à trois reprises; elle est morte le 27 octobre 2016, dans les bras de sa mère. «Elle me disait qu’elle ne pouvait plus chasser ce visage de sa mémoire.»

Roy, qui avait quitté Barrie pour le Québec après son mariage, il y a 14 ans, n’avait aucun antécédent judiciaire. Il est présentement libéré sous caution en attendant les observations sur la peine, prévues le 24 avril.